Le Septième fils de Sergeï Bodrov : critique

Publié par Julie Braun le 16 décembre 2014

Synopsis : Une époque enchantée, où les légendes et la magie ne font qu’un… L’unique guerrier survivant d’un ordre mystique  part en quête d’un héros prophétique doté d’incroyables pouvoirs, désigné par la légende comme étant le dernier des Sept Fils. Le jeune héros malgré lui, arraché à la vie tranquille de fermier qu’il menait jusqu’à présent, va tout quitter pour suivre ce nouveau mentor rompu au combat. Ensemble ils tenteront de terrasser une reine d’autant plus maléfique qu’elle a levé contre le royaume une armée d’assassins redoutables aux pouvoirs surnaturels.

 

♥♥♥♥

 

Le Septieme fils - affiche

Le Septieme fils – affiche

Le cinéaste russe Sergeï Bodrov, principalement connu pour Le Prisonnier du Caucase et Mongol, nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, nous présente son nouveau et premier long métrage hollywoodien. Le septième fils est adapté du premier tome d’une série de romans heroic-fantasy du Britannique Joseph Delaney, The Wardstone Chronicles (L’Épouvanteur). Il réunit Julianne Moore et Jeff Bridges qui se retrouvent quinze ans après The Big Lebowski des frères Coen. Désormais rivaux, ils vont se livrer une guerre sans merci puisque l’actrice américano-britannique incarne une sorcière maléfique, implacable et incisive, en rage contre ce chasseur d’impies et de démons, Maître Gregory. Accompagné du jeune septième fils, Tom Ward (Ben Barnes), ce mentor rompu au combat va tenter d’arrêter le projet funeste de Mère Malkin. Le monde du Septième fils, peuplé de créatures qui se sont mélangées, nous plonge dans l’univers de la magie noire, des spectres, des dragons et des monstres redoutables. Les sorcières et les humains, loin de s’être toujours détestés, se sont quelquefois aimés et ont donné naissance à des métamorphes qui rendent compliquée une guerre fratricide. Sergeï Bodrov manie avec brio le genre fantastique et tous les bons ingrédients sont là. Dans ce récit coécrit par Steven Knight (LOCKE – notre critique), Max Borenstein (Godzilla), Charles Leavitt (Blood Diamond) et Matthew Greenberg (Le règne du Feu), l’action permanente est renforcée par une mise en scène aérienne et fluide, entre vues panoramiques et effets de perspectives.

 

Julianne Moore dans Le Septieme Fils de Sergei Bodrov

Julianne Moore dans Le Septieme Fils de Sergei Bodrov

 

L’ensemble est optimisé par une 3D qui apporte une véritable profondeur aux images augmentant notre impression d’immersion. Les costumes et transformations sont éblouissants. Même constat pour les effets visuels conçus par John Dykstra. Mais le sommet reste sans doute la partition de Marc Beltrami, qui a su instiller toute la force de la narration, nous invitant au centre des ténèbres par l’utilisation fréquente des basses. Le réalisateur russe manipule ainsi tous ces dispositifs artistiques pour toujours servir son récit, qui dépasse cette volonté d’épate visuelle. Par le choix subtil des couleurs soulignant tous ces sentiments contrastés, il démontre l’effet désastreux de l’intolérance et de la stigmatisation, sans jamais porter le masque d’un quelconque moralisateur. Il parsème le tout d’un soupçon d’ironie qui lui confère une réelle dimension agréable. On suit dès lors Jeff Bridges en traqueur de créatures surnaturelles, alcoolique et blasé, prognathe, à la fois agaçant et attachant, alors que Julianne Moore nous expose une effrayante sorcière avec ces fêlures. Quant à Ben Barnes, habitué du genre fantastique (Stardust, le Monde de Narnia), l’acteur britannique incarne avec naturel un jeune apprenti héros prophétique, tout en beauté et en force tranquille. Le Septième fils se révèle donc être un petit bijou du genre, qui se dégage totalement de la comparaison de ses prédécesseurs comme Harry Potter, avec en prime quelques références mythologiques à l’univers de Ray Harryhausen, lui conférant dès lors une belle force d’attraction émotionnelle.

 

 

Julie Braun

 

 

  • LE SEPTIÈME FILS (The Seventh son) de Sergeï Bodrov en salles le 17 Décembre 2014.
  • Avec : Jeff Bridges, Ben Barnes, Julianne Moore, Alicia Vikander, Antje Traue, Olivia Williams, John DeSantis, Kit Harington, Djimon Hounsou…
  • Scénario : Charles Leavitt, Steven Knight, Max Borenstein et Matthew Greenberg d’après le premier tome L’Apprenti Épouvanteur de Joseph Delaney
  • Production : Basil Iwanyk, Thomas Tull, Lionel Wigram
  • Photographie : Newton Thomas Sigel
  • Montage : Paul Rubell
  • Décors : Dante Ferretti
  • Costumes : Jacqueline West
  • Musique : Marco Beltrami
  • Distribution : Universal Pictures 
  • Durée : 1h42

.

Commentaires

A la Une

We Are Who We Are : premier teaser pour la minisérie de Luca Guadagnino

Deux adolescents qui échangent sur les rochers d’une plage italienne. Le teaser de la première série du réalisateur de Call… Lire la suite >>

Le bassin de la Villette va accueillir un cinéma flottant

Dans le cadre de l’ouverture de la saison de Paris Plages, le bassin de la Villette sera le théâtre d’un… Lire la suite >>

La suite de Ready Player One va sortir en roman dans les prochains mois

Intitulée Ready Player Two, la suite du roman Player One paraîtra le 24 novembre prochain aux États-Unis.      … Lire la suite >>

The Hand of God : Paolo Sorrentino retourne à Naples pour son prochain film pour Netflix

Probablement dédié à l’illustre footballeur Diego Maradona, The Hand of God marque le retour du réalisateur dans sa ville natale… Lire la suite >>

I’m Thinking of Ending Things : l’intriguant thriller écrit par Charlie Kaufman pour Netflix

Le scénariste adepte des histoires sinueuses a écrit et réalisé l’adaptation du roman horrifique I’m Thinking of Ending Things de… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 LA BONNE EPOUSE 126 691 17 507 224
2 LES PARFUMS 121 018 1 121 018
3 EN AVANT 86 495 18 769 385
4 DE GAULLE 75 074 18 791 823
5 L'OMBRE DE STALINE 55 652 3 140 532
6 INVISIBLE MAN 43 454 19 715 734
7 THE DEMON INSIDE 32 818 3 83 050
8 L'APPEL DE LA FORET 25 662 20 1 229 062
9 NOUS, LES CHIENS... 24 040 3 46 153
10 10 JOURS SANS MAMAN 22 575 20 1 151 800

Source: CBO Box office

Nos Podcasts