Résumé : David Da Silva livre un épais dossier sur le populisme dans le cinéma américain. Il remonte aux origines de ce mouvement de pensée, aussi bien de droite que de gauche, qui préside souvent aux périodes de crise.
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Après son ouvrage Sylvester Stallone, héros de la classe ouvrière dans la Collection Les gens du cinéma chez The Book Editor, David Da Silva, journaliste et enseignant, diplômé de l’Institut français de presse de Paris, s’attaque au populisme américain au cinéma – de D.W Griffith à Clint Eastwood, paru aux Editions Lettmotif. Une analyse fouillée, exhaustive, chronologique, du reflet de l’Amérique dans ce miroir qu’est l’écran. Précédé d’un très intéressant texte qui souligne et rappelle la montée des populismes, l’essai donne d’emblée à réfléchir sur les contextes qui ont mené le peuple américain et d’autres à cette idéologie, parfois proche des extrêmes, qui mêle le populaire, le patriotisme et l’intolérance : de Lincoln à Bush en passant par le New Deal, le Maccarthysme et l’assassinat de Kennedy. Divisé en 6 grands thèmes, l’étude décline en chapitres et sous-chapitres, les évolutions de ce courant de pensée à travers ses héros hollywoodiens, eux-mêmes l’incarnation de l’homme du peuple et de la majorité silencieuse. On se met ainsi dans la tête de Ford, de Capra ou de Kazan. On retrouve James Stewart lorsqu’en Mister Smith candide, il se rend au Sénat. On lit sa propre hargne dans les yeux bleus de Tom Joad (Henry Fonda) dans Les Raisins de la Colère. On se traîne avec mélancolie auprès de Dustin Hoffman dans les rues du New York des années 70 avec Macadam Cowboy. On dégaine son Magnum avec la rapidité de Clint Eastwood dans L’Inspecteur Harry. On gravit avec Sylvester Stallone les degrés de la gloire dans Rocky. Chaque film répertorié est décortiqué, les symboles révélés, les résonances soulignées. Au final, un travail assez scolaire mais passionnant malgré tout pour un cinéphile dont la passion verra au-delà des maladresses de construction, de style ou de traduction (notes de bas de page). Quant à la question énoncée dès la couverture Un héros populiste pour unir ou diviser le peuple ?, on aura beau lire ce contenu analytique en tous sens, la réponse ne saute pas aux yeux. Car il n’y pas qu’un populisme ou il n’y a que des populismes, quel que soit le bord politique, quelle que soit l’époque. Ce type de héros est un caractère auquel l’Américain de bon sens s’identifie, le porte-étendard d’une sorte de propagande qui donne toujours raison au peuple. David Da Silva dresse la liste de ces tendances inscrites dans leur contexte historique, sans toutefois prendre parti en dépit d’une assez longue conclusion. En appui, de nombreux photogrammes et une importante bibliographie qui font du Populisme américain au cinéma, un très bon ouvrage de référence.
- LE POPULISME AMÉRICAIN AU CINÉMA : DE D.W GRIFFITH À CLINT EASTWOOD écrit par David Da Silva, disponible en librairie aux Editions Lettmotif depuis le 16 juin 2015.
- 466 pages
- 34 €