Sortie DVD/ The Giant Gila Monster de Ray Kellogg: critique

Publié par Franck Brissard le 8 septembre 2015

Synopsis : Une petite ville du Texas sans histoire est bouleversée par la disparition de deux adolescents. Un shérif et le meneur de la bande de jeunes à laquelle appartenaient les disparus se lancent à leur recherche. Ils découvrent rapidement l’existence d’un lézard mutant, mesurant plus d’une quinzaine de mètres, bien décidé à détruire la ville.

 

♥♥♥♥♥

 

The Giant Gila Monster - jaquette

The Giant Gila Monster – jaquette

Inédit en France, The Giant Gila Monster continue de faire le bonheur des cinéphiles nostalgiques des grosses bébêtes improbables qui terrorisent une petite bourgade. En 1959, Ray Kellogg emballe ce petit bijou naïf et bon enfant, qui reste aujourd’hui toujours aussi divertissant. Avant de se lancer dans la réalisation, il a d’abord fait ses classes en tant que spécialiste des effets visuels dans plus de cent films, comme Le jour où la Terre s’arrêta (1951), L’Affaire Cicéron (1952), Les Hommes préfèrent les Blondes (1953), Rivière sans retour (1954) ou Les Inconnus dans la ville (1955). Il se fait donc une solide réputation dans le domaine et se voit confier en 1959 les rênes de The Killer Shrews, un film d’horreur et de science-fiction. Il s’empare de ce script écrit par Jay Simms (Panique année zéro), qui raconte les aventures d’un groupe de personnes bloquées sur une île pour cause de tempête. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que cette île est peuplée de musaraignes agressives qui font la taille d’un chien, fruits des expériences d’un scientifique et savant-fou. Avant la sortie en salles, Ray Kellogg enchaîne avec son second long métrage, coécrit par ses soins en collaboration encore avec Jay Simms : The Giant Gila Monster. Dans la même veine que The Killer Shrews, Kellogg concocte cette fois l’histoire d’un lézard géant qui se promène tranquillement sur les bords des marécages inexplorés, sombres et sinistres du Texas. The Giant Gila Monster est finalement proposé en double-programme avec The Killer Shrews. Pour exposer la taille gigantesque de son lézard géant – rose dans la version colorisée –, Ray Kellogg utilise une voix-off dans les premières séquences qui indique que le monstre de Gila vit toujours dans ces recoins perdus que les hommes fuient et où la vie est inexistante.

 

The Giant Gila Monster de Ray Kellogg

The Giant Gila Monster de Ray Kellogg

 

Ce lézard existe et déambule dans les forêts impénétrables , tapi dans l’obscurité, jusqu’à son apparition. Le monstre est dès lors installé, sans explication, quant à son gigantisme – on évoque rapidement un dérèglement de la glande thyroïde. Le cinéaste déroule ensuite tranquillement son récit en se focalisant sur une poignée de personnages bien définis. Le jeune héros au cœur tendre est donc un beau gosse, transi d’amour pour sa petite-amie française, qui joue du ukulélé à une petite fille infirme. Lui seul peut sauver la ville en lançant sa voiture pleine de nitro sur le monstre. Ajoutons à cela un shérif local suspicieux, une bande de jeunes qui ne pensent qu’à danser et faire la fête, et un paysan alcoolique.

 

Certains passages rappellent toutefois qu’il s’agit d’une histoire de monstre géant : Kellogg filme son lézard en gros plan, au ralenti, circulant au milieu de petites voitures Majorette et détruisant un pont qui fait dérailler un train, avant de parvenir à se cacher dans une clairière pourtant très peu boisée. Les acteurs font bien semblant d’avoir peur en regardant au loin, comme dans les premiers Godzilla. Le réalisateur fait fi d’un budget réduit de 175 000 $ grâce à un sens du travail bien fait. La mise en scène est propre, carrée, séduisante. Essentiellement conçu pour attirer les jeunes dans les drive-in, The Giant Gila Monster remplit facilement son contrat. On suit avec plaisir cette petite production rétro, cette minuscule série B(is) au charme désuet mais certain, avec ses comédiens sympathiques et ses effets visuels bon marché et complètement dépassés mais tellement poétiques et attachants.

 

 

 

The Giant Gila Monster de Ray Kellogg

The Giant Gila Monster de Ray Kellogg

TEST DVD : Rimini Editions nous gâte totalement en nous permettant de redécouvrir toutes ces petites pépites jusqu’alors oubliées. Le visuel de la jaquette est très beau et sait attirer l’œil des cinéphiles. Si aucun supplément n’est au programme, c’est un grand plaisir de regarder The Giant Gila Monster dans sa version couleur inédite conçue par Legend Films, d’autant que la copie 4/3 est réellement plaisante. Si quelques points, rayures et griffures demeurent visibles, surtout sur les fonds noirs, la copie affiche une étonnante stabilité, la propreté est de mise, le grain bien géré, le piqué parfois étonnant, les contrastes tenus et la colorimétrie souvent scintillante. Mention spéciale au lézard rose ! Les puristes seront ravis d’apprendre que la version originale n&b est également incluse. Elle possède les mêmes points positifs et négatifs que la version colorisée. La qualité technique est donc au rendez-vous. Seule la version anglaise est disponible avec des sous-titres français inamovibles. Les craquements, chuintements et le souffle sont plutôt rares. Les dialogues s’avèrent aérés, propres et fluides.

 

 

  • THE GIANT GILA MONSTER d’Edgar Ray Kellogg, disponible en DVD depuis le 18 août 2015.
  • Avec : Don Sullivan, Fred Graham, Lisa Simone, Shug Fisher, Bob Thompson, Janice Stone, Ken Knox, Gay McLendon, Don Flournoy, Cecil Hunt…
  • Scénario : Ray Kellogg, Jay Simms
  • Production : Ken Curtis, B.R. McLendon, Gordon McLendon
  • Photographie : Wilfred M. Cline
  • Montage : Aaron Stell
  • Décors : Louise Caldwell
  • Musique : Jack Marshall
  • Editeur : Rimini Editions
  • Tarif : 14,99 €
  • Durée : 1h10
  • Date de sortie initiale : 25 juin 1959 (Etats-Unis)

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