Livre/ Gilliamesque de Terry Gilliam: critique

Publié par Olivia van Hoegarden le 25 novembre 2015

Résumé : On ne présente plus Terry Gilliam. Génie du rire, de l’imaginaire, de l’illustration et du cinéma, sa carrière n’a de secrets pour personne. On connaît en revanche moins sa vie, qui s’avère au moins aussi folle que ses productions les plus déjantées. Pour la première fois, le metteur en scène a pris la plume pour nous faire partager quelques-unes de ses aventures…

 

♥♥♥♥

 

Gilliamesque - couverture

Gilliamesque – couverture

Terry Gilliam, le plus célèbre et le plus déjanté – si c’est possible – des Monty Python, publie ses mémoires pré-posthumes chez Sonatine. Ses fans seront comblés et il y a fort à parier qu’un bon nombre d’exemplaires de ce pavé vont s’accumuler sous les sapins en cette fin d’année. 308 pages de souvenirs, d’anecdotes et d’événements qui constituent ce parcours exceptionnel d’humour et de créativité. Quand le réalisateur de Sacrée GraalFisher King, L’Armée des Douze Singes et de Brazil prend la plume, ou plutôt consent à passer aux aveux face à un magnétophone, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Si selon ses mots, ce projet initial, composé avec sa fille Holly, était de concevoir « un beau livre grand format, cher et chic, pour présenter mes œuvres aux amateurs d’art », une fois le bouton enregistrement enclenché, il a clairement stipulé « je ne pouvais plus m’empêcher de jacasser ». L’ouvrage, qui n’a pas vraiment le format in-quarto, ressemble davantage à un « scrapbook » qu’à un « coffee table book ». Mais qu’importe, c’est rempli de dessins, d’images, de photos, de collages, de photogrammes et de notes manuscrites qui réjouissent les inconditionnels. Et puis, tout est bon ici pour se gondoler. Jamais le grand Terry ne se prend au sérieux, la preuve qu’il respecte ses lecteurs. Gilliam est né en 1940, la même année que Lennon, et dans le Minnesota, comme Bob Dylan (certainement sous de prometteurs auspices). Son père James, un homme adorable, faisait partie de la cavalerie américaine, celle qui arrive toujours en retard, avant d’embrasser plusieurs professions comme celle de conducteur de pelleteuses. Sa mère Béatrice a été serveuse dans sa jeunesse et puis femme au foyer comme tant d’autres de sa génération, élevant 3 enfants, dont Terry qui ne s’est pas si mal débrouillé finalement. Une famille heureuse donc, simple mais pas fauchée comme l’a prétendu ce petit menteur de Terry. Les Gilliam habitaient une maison et possédaient des animaux domestiques, des chiens, des cochons…

 

Graham Chapman, Eric IDle, Michael Palin, Terry Jones, John Cleese et Terry Gilliam au centre - Sacree Graal (1975)

Graham Chapman, Eric IDle, Michael Palin, Terry Jones, John Cleese et Terry Gilliam au centre – Sacrée Graal (1975)

 

D’ailleurs, le futur réalisateur bien barré marque un parcours étonnamment classique de jeune « All White American ». Il est bon élève et obtient une bourse de l’Église presbytérienne pour l’Occidental College, à proximité de Los Angeles, une université réputée où s’inscrira plus tard un certain Barack Obama (le destin toujours le destin). Il s’intéresse aux sciences, et termine diplômé en sciences… politiques, major de sa promotion. Son petit boulot préféré ? Travailler à la chaîne chez Chevrolet. Ce qui ne l’empêche pas de développer son sens du graphisme comme en attestent les esquisses, les croquis et les storyboards qui illustrent ses mémoires. Il dirige aussi le journal littéraire de la fac. Évidemment, il est de la génération influencée par la contre-culture, l’underground, l’antimilitarisme, Harvey Kurtzman (magazine Mad) et les Beatles. Il a envie de bouger, de mettre les pieds dans tous les plats de la bien-pensance de l’époque. Cela le mène à New York où tous ses sens créatifs sont sollicités. C’est là qu’il crée le magazine satirique Help !, et rencontre le génial John Cleese. La suite, on la connaît, Terry Gilliam poursuit sans interruption sa quête du Sacré Graal.

 

Aujourd’hui, il a 75 ans et a pris la nationalité anglaise. Il fait ainsi le point en 13 chapitres explosifs, richement illustrés, rédigés avec humour et humilité, fidèle à son esprit subversif, sur une vie débordante d’éclectisme et de talent. Un parcours couronné par l’objectif d’un homme qui a clairement formulé : “j’avais juré de ne faire que des boulots sur lesquels j’aurais un total contrôle et de ne jamais travailler uniquement pour l’argent. ». Respect. Lire Gilliamesque requiert des muscles. Ces 308 pages pèsent 1,25 kilos. On vous en met un peu plus ou vous préférez attendre la suite ? Car ni drogué ni alcoolique, Terry Gilliam a manifestement encore quelques belles années devant lui.

 

 

  • GILLIAMESQUE, MÉMOIRES PRÉ-POSTHUMES disponible aux éditions Sonatine depuis le 12 novembre 2015.
  • Traducteurs collectifs
  • 308 pages
  • 25 €

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