Résumé : Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes, La Grande Sauterelle, Le Pacha, Quelques messieurs trop tranquilles, Les Seins de glace, Flic ou voyou, Le Professionnel… Quelques titres parmi les quarante films réalisés par Georges Lautner entre 1959 et 1993. Les plus grands noms du cinéma ont tourné devant sa caméra : de Jean-Paul Belmondo à Jean Yanne, en passant par Bernard Blier, Mireille Darc, Alain Delon, Louis de Funès, Jean Gabin, Rita Hayworth, Klaus Kinski, Miou-Miou, Robert Mitchum, Michel Serrault ou Lino Ventura. Les meilleures plumes de son époque ont signé les scénarios et dialogues de ses films : Michel Audiard avant tout, mais aussi Bertrand Blier, Jean-Loup Dabadie, Pascal Jardin, Jean Vautrin ou Jacques Audiard. Pour mettre en musique ses images, se sont succédés Serge Gainsbourg, Ennio Morricone, Stan Getz, Chet Baker, Christophe, Georges Delerue, Michel Magne ou Philippe Sarde. A l’aune de ce générique d’une vie professionnelle hors cadre, Georges Lautner s’impose comme l’un des monuments de l’histoire du cinéma populaire en France. Au début des années 2000, José-Louis Bocquet entreprend une série d’entretiens avec le cinéaste. Il raconte ici le in et le off de ces conversations au cours desquelles Lautner revient sur sa carrière, sans langue de bois.

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Conversations avec Georges Lautner

Conversations avec Georges Lautner

C’est une certaine tendance de la critique de cinéma en France que de manifester une nette condescendance à l’égard du cinéma populaire. Le phénomène a sans doute commencé avec les « jeunes turcs » de la future Nouvelle Vague qui, à l’époque où ils officiaient aux Cahiers du Cinéma, portèrent au pinacle les productions américaines en jetant aux orties les grands noms du cinéma hexagonal, à quelques exceptions près (Renoir, Grémillon, et quelques autres). Cette tendance ne s’est jamais vraiment inversée. Aujourd’hui encore, le cinéma français des années soixante à quatre-vingt se résume souvent à Godard, Truffaut et consorts, et nos cinéastes contemporains les plus respectés sont largement ceux étiquetés post-Nouvelle Vague (Assayas, Desplechin…). Nulle réhabilitation d’André Cayatte en Sidney Lumet ou d’Édouard Molinaro en Blake Edwards ne semble poindre à l’horizon. Georges Lautner a débuté sa carrière de réalisateur en 1958, soit un an avant le coup d’envoi officiel de la Nouvelle Vague. Et si nombre de ses films sont très largement connus du grand public (Les Tontons Flingueurs, évidemment, mais aussi Les Barbouzes, Mort d’un pourri, etc.), Lautner n’échappe pas à cette règle largement injuste. Conversations avec Georges Lautner, son livre d’entretiens avec José-Louis Bocquet paru en octobre chez La Table Ronde, a le premier mérite de nous permettre de plonger dans tout un pan de notre cinéma national qui ne connaît guère d’exégète. Et avec un guide de choix qui plus est. Lautner a en effet travaillé avec les plus grands : les acteurs (Delon, Darc, Gabin…), les compositeurs (Morricone, Delerue, Chet Baker…), les scénaristes (Michel Audiard, bien sûr, mais aussi Albert Simonin). On retrouve ici tous les topos du livre d’entretien : le récit des années de formation (il collabora notamment avec Sacha Guitry et Loretta Young), la description des méthodes de travail, le portrait des vedettes amis (Audiard, Robert Dalban), les anecdotes de tournage… Autant d’éléments qui suffiraient à faire le sel d’une lecture agréable. Mais c’est peut-être par ce qu’il laisse entrevoir du système de production et du fonctionnement de l’industrie que le livre trouve son plus grand intérêt. Comment a évolué le statut du réalisateur à l’aune de l’importance grandissante que prenait la télévision ? À quoi servait les agents ? Comment passe-t-on des petites aux grosses productions ? (Réponse : en se séparant de son chef opérateur de toujours, Maurice Fellous, pour le plus réputé Henri Decaë). Ajoutons à cela que l’ouvrage, bien qu’édité en petit format, est agrémenté d’une généreuse iconographie. En fin de volume, on retrouve également une brève présentation de tous les collaborateurs de Lautner, en sus de l’indispensable filmographie. Il reste encore à préciser que José-Louis Bocquet agrémente ses discussions avec Lautner, découpés en chapitres qui suivent la chronologie de leurs rencontres, par de petites mises en contexte, des descriptions des lieux et des circonstances desdites rencontres qui finissent de donner à ces Conversations avec Georges Lautner son intérêt certain et son charme si plaisant.

 

 

 

  • CONVERSATIONS AVEC GEORGES LAUTNER
  • Auteur(s) : José-Louis Bocquet
  • Éditions : La Table Ronde
  • Date de parution : 12 octobre 2017
  • Format : 336 pages
  • Tarif : 23,40 €

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