Top Cinéma

 

Nathalie Dassa

 

1. Logan

Les films de super-héros devraient ressembler à cet ultime volet de Wolverine. James Mangold combine le fond et la forme et respecte l’évolution de ces personnages que l’on suit depuis plus d’une dizaine d’années.

 

2. Get Out

Jordan Peel reconfigure le cinéma d’horreur et entremêle magistralement la satire sociale. Jubilatoire!

 

3. Les Fantômes d’Ismaël

Pour les aficionados d’Arnaud Desplechin, le cinéaste marque ici son grand et magnifique retour en livrant généreusement tout son univers cinématographique propre. Superbe film d’ouverture du 70e Festival de Cannes! Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg étincellent.

 

4. Jackie

Pablo Larrain libre un biopic captivant et renvoie une image qui correspond à l’admiration et au respect qu’on peut éprouver pour Jackie Kennedy. Natalie Portman n’a jamais été aussi intense, forte et sensible à la fois!

 

5. Lucky

John Caroll Lynch signe une oeuvre très jarmuschienne. Le grand Harry Dean Stanton, qui nous a quittés cette année, nous offre ici le plus beau sourire d’adieu de l’année 2017!

 

6. Un beau soleil intérieur

Juliette Binoche est éblouissante dans ce film savoureux de Claire Denis centré sur les relations sentimentales.

 

7. The Square

Une satire acerbe et surréaliste sur la société moderne et notre rapport à l’art. Le duo Claes Bang et Elisabeth Moss est à ravir!

 

8. Dunkerque

Christopher Nolan a l’art de savoir réinventer les genres et les codes. Il filme ici d’une main de maître le film de guerre en nous immergeant dans une expérience sensorielle à trois temps.

 

9. La Planète des Singes 3

Des singes plein d’humanité! Ultime volet intelligent et mature d’une trilogie exemplaire. Andy Serkis a un talent fou dans le domaine de la performance capture.

 

10. Patients

Pépite française drôle et émouvante! Denrée rare dans le paysage cinématographique hexagonale.

 

Erwin Haye

 

1. Detroit

Difficile de trouver les mots assez forts pour exprimer cette décharge de violence. Plus que jamais, Kathryn Bigelow est allée à la frontière du visuellement supportable. Un cauchemar qu’il est nécessaire d’affronter.

 

2. Get Out

Ce film se mue en une fable politique à la fois surprenante et intelligente, caché sous des airs de film d’horreur lambda. Pour Jordan Peele, il n’y a pas besoin d’invoquer des créatures imaginaires pour faire peur, la monstruosité qui se dégage des humains suffit largement.

 

3. I Am Not Your Negro

Ce documentaire joint la parole de l’écrivain James Baldwin aux actes de ces grandes figures noires-américaines qui ont sacrifié leur vie sur l’autel de l’égalitarisme. Dans cette synthèse en forme de réquisitoire, Raoul Peck se fait l’écho d’une voix pleine d’esprit face à la bêtise humaine.

 

4. La La Land

En effectuant trois petits pas dans le passé tout en ayant les deux pieds dans le présent, Damien Chazelle réconcilie la rigueur artistique au spectacle populaire. Cette comédie musicale remet des étoiles dans les yeux et clame haut et fort à l’industrie du cinéma : « Make Hollywood Great Again ».

 

5. T2 Trainspotting

Bien plus qu’une simple resucée, cette suite représente les difficultés d’une génération à faire le deuil de sa jeunesse et questionne le rapport à notre propre nostalgie. À savoir attendre il y a tout à gagner, Danny Boyle livre une des meilleures suites de ces dernières années.

 

6. Grave

Anxiogène et oppressant à souhait, le film de Julia Ducournau est paradoxalement une bouffée d’air frais dans un paysage cinématographique français figé dans ses stéréotypes. Julia Ducournau met un coup de pied dans la fourmilière et tente de réveiller le cinéma de genre hexagonal.

 

7. Retour à Forbach

Tableau noir d’une cité grise où Régis Sauder cherche à vaincre les démons de son enfance. Le réalisateur parvient par le prisme d’une ville dévastée à dépeindre dans un documentaire-autopsie cette France des oubliés et des laissés-pour-compte.

 

8. Le Vénérable W.

À travers le discours haineux du « vénérable » W. résonne l’idéologie nauséabonde de l’abominable « H ». En exposant sans concessions la face cachée d’un bouddhisme extrémiste totalement décomplexé, Barbet Schroeder nous révèle que l’habit ne fait résolument pas le moine.

 

9. Un jour dans la vie de Billy Lynn

En réaction à l’American Sniper réactionnaire de Clint Eastwood, Ang Lee témoigne à travers la figure de Billy Lynn de la détermination sans limites d’un pays à fabriquer des mythes dans le but de s’éloigner toujours plus des réalités.

 

10. Laissez bronzer les cadavres

Véritable laboratoire expérimental. Tout n’est pas parfait, mais il y a le mérite de la recherche et la volonté de réaliser autrement. Hélène Cattet et Bruno Forzani présentent une œuvre hors normes qui manque cruellement dans le cinéma actuel.

 

Camille Carlier

 

1. La La Land

Le choix de l’émotion. Superbe mélange d’hommage à la pure comédie musicale hollywoodienne et maîtrise technique très modernes. Le propos est d’une nostalgie cathartique mais nuancé par l’argument inévitable du progrès et de la nécessité de se renouveler. Le tout englobé par la recherche universelle d’amour et d’art et le courage de croire en ses rêves pour les faire muer en action. Et puis Chazelle, outre la référence à de grands classiques, a su créer une identité propre à son œuvre, fort de la bande originale fantastique composée par Justin Hurwitz. 

 

2. The Florida Project

Sean Baker parvient à créer une proximité du spectateur avec des personnages plus vrais que nature. C’est l’histoire d’une frange de la population américaine qui, n’ayant plus la possibilité de se loger, se retrouve contrainte de vivre dans des motels de bord de route aux abords d’une machine à rêve, le parc Disney Land à Orlando. Une esthétique documentaire -que le réalisateur influencé par le British Social Realism a développée- sert le thème de la pauvreté aux États-Unis par le prisme de l’enfance, avec une pertinence dans l’humour et une photographie très popcolor qui contrastent de manière efficace. Mention spéciale à son casting –composé en grande partie de jeunes acteurs encore inconnus- de Willem Dafoe à la très jeune Brooklynn Prince.

 

3. Sans pitié

Les amoureux de films d’action et de gangsters ne peuvent rester insensibles devant tant de nervosité et de maîtrise du genre. Les Américains se sont souvent inspirés des polars asiatiques et l’on comprend pourquoi en voyant l’œuvre de Sung-Hyung qui rappelle l’excellent Infernal Affairs d’Andrew Lau et Alan Mak mais aussi les meilleurs Johnnie To et ce qui a fait le succès d’un Reservoir Dogs de Quentin Tarantino. Sans pitié fut vraiment une belle surprise de 2017. Sans parler des scènes de combats incroyables.

 

4. Dunkerque

Sans avoir revu Dunkerque depuis sa sortie en salle, il est pourtant facile de se remémorer l’expérience sensorielle que fut son visionnage. La vue et l’ouïe en prennent un sacré coup, tandis qu’émotionnellement il se passe indéniablement quelque chose. Nolan prouve une fois de plus qu’il maîtrise le format long et la gestion du suspense. Certains lui ont reproché sa rigueur historique cependant Dunkerque, beau et chaotique, reste une des plus marquantes sorties de l’année. Le casting par ailleurs est très bon et porte à notre connaissance de nouvelles têtes talentueuses.

 

5. Split

Perturbant et l’un des films coup de poing de cette année. À voir en grande partie pour la performance de James McAvoy qui interprète avec schizophrénie un homme dérangé qu’habitent pas moins de 23 personnalités mais également la scène de rapt en plan séquence. C’est jouissif et l’effet immersif est total. M. Night Shyamalan s’éclate à mettre en scène une sorte de huis clos oppressant tout en traitant le sujet de l’abus des adultes sur les plus jeunes avec ce qu’il faut pour ébranler. Taquin, il nous mène pendant presque deux heures sur un chemin qu’il détourne à la fin avec un cameo de David Dunn (Bruce Willis) le héros de son film Incassable sorti en 2000 et qui nous fait comprendre que les deux films sont liés. On a donc hâte de découvrir Glass, qui sortira en 2019.

 

6. Brimstone

Ce western néerlandais enivre autant qu’il glace. Tel le léviathan, Guy Pearce poursuit le personnage de Dakota Fanning (qui incarne une héroïne assez badass ) à l’instar de qui, on se sent pris au piège également. Les décors sont superbes et la musique composée par Junkie XL l’est tout autant. Et même si certaines scènes peuvent paraître ridicules ou trop osées, de l’étranglement d’un homme avec ses propres boyaux à la séance de fouet sur une petite fille, il en reste une œuvre à la forte identité qui reste en mémoire. Divertissant à souhait.

 

7. Espèces menacées

Film choral à l’interprétation impeccable et au propos plus que touchant. Il traite de personnes en prise avec leurs propres problèmes existentiels, du manque d’amour au devoir de protection de ceux qu’on aime et la responsabilité qui en découle. Le tout avec une photo magnifique, faite d’un jaune nostalgique en contraste de vert. Les mouvements de caméra sont élégants et c’est en cela que tient la force de l’œuvre de Gilles Bourdos. Des prises longues qui nous installent confortablement dans le bordel émotif de ses héros.

 

8. Coco

Difficile de ne pas fondre pour le dernier Disney-Pixar. Les studios améliorent leur graphisme de production en production et si l’œuvre n’a pas l’humour d’un Toy Story ou Montres et Cie, l’univers est onirique tout en gardant pied avec une double lecture pour petits et grands. Les musiques continuent de tourner en boucle même une fois le film terminé et le tout prend la forme d’un bel hommage à la famille et au souvenir de nos ancêtres. C’est un film parfait pour la période des fêtes qui se mue en feelgood movie pour le reste de l’année.

 

9. Le Caire Confidentiel

Un polar sombre et qui pose un constat accablant de la corruption en Egypte quelques jours seulement avant la révolution. L’affiche titrait « Le polar de l’année » et nous ne sommes pas loin. Dans la veine des meilleurs James Ellroy (le titre rappelle L.A Confidential) le réalisateur use de tous les éléments du genre. Fares Fares interprète avec justesse un policier qui n’est pas héroïque mais tente à son niveau de faire ce qu’il croit juste dans un climat ou beaucoup choisissent ce qui est opportun et évolue dans un milieu immoral et avili où ils croisent victimes et bourreaux.

 

10. Que Dios nos Perdone

Encore un polar qui s’ancre dans un contexte politique permettant davantage de réalisme et donc d’immersion dans la chasse à l’homme haletante que porte à l’écran Sorogoyen. Avec la dualité filée du bien et du mal, de religion et des actions profanes de ses personnages, Que dios nos perdone se fait musclé et psychologique. Du cinéma de genre à l’espagnole, violent et dérangeant, qui brouille les pistes et engage le duo de policier qui mène l’enquête à s’interroger sur leurs propres actions pour un constat effrayant. En pleine période de canicule, les esprits s’échauffent en opposition parfaite avec les meurtres de sang-froid qui pleuvent sur Madrid.

 

Thierry Carteret

 

1. Blade Runner 2049

Il n’était pas chose aisée de passer derrière le chef-d’œuvre de Ridley Scott de 1982 et Denis Villeneuve a parfaitement rempli sa mission. Cette œuvre de science-fiction visuellement époustouflante, et sur le fond une profonde réflexion sur le devenir de l’humanité à l’heure des bouleversements technologiques sur le plan de la génétique et de l’intelligence artificielle. Ryan Gosling s’en sort bien face à Harrison Ford qui insuffle à la dernière partie un surcroîît d’émotion nostalgique. Mention aux comédiennes Ana de Armas et Sylvia Hoeks, en méchante aussi marquante que Rugter Hauer.

 

2. Star Wars – Les Derniers Jedi

La force de ce nouveau Star Wars est d’avoir su éviter l’hommage appuyé aux fans comme pour l’épisode précédent. Quelques bémols à l’exemple du personnage DJ joué par un Benicio Del Toro complètement en décalage. Globalement on retrouve avec bonheur l’esprit de la première trilogie. La sublime dernière partie hausse l’ensemble où finalement ce sont les personnages de Leia et Luke qui remportent à nouveau la mise en nous procurant des frissons sur le thème classique de John Williams.

 

3. Alien : Covenant

Malgré les critiques mitigées, ce nouvel Alien s’avère une réussite visuelle éclatante, tout en s’inscrivant parfaitement dans la continuité de la saga. Ridley Scott a parfaitement su relier l’univers et la mythologie de Prometheus avec celui de la saga Alien. Certaines séquences sont dantesques et Michael Fassbender est formidable dans la peau d’un androïde qui se prend pour Dieu.

 

4. A Ghost Story

On peut craindre l’exercice de style esthétisant, mais au final cet anti « Ghost » se révèle une très belle réflexion sur notre condition de mortel et est empreint d’une très grande poésie mélancolique. Sur un budget serré, il distille peu à peu une atmosphère d’étrangeté qui en fait un singulier objet cinématographique appelé sans doute à devenir culte. Un très grand petit film.

 

5. Logan

Une approche totalement novatrice du super-héros avec un Hugh Jackman bouleversant, comme la petite Dafne Keen qui parvient à rendre très attachant un long métrage qui n’est pas uniquement constitué de superbes séquences d’action, mais aussi et surtout d’une profonde humanité.

 

6. The Square

Palme d’or cannoise méritée pour cette œuvre surprenante qui sait prendre son temps. Si la mise en scène  oscille entre le génie quasi kubrickien (la performance dans le restaurant est extraordinaire) et une certaine lourdeur par moments, se dégage au final une réflexion puissante et lucide sur l’individualisme de notre société et ses contradictions.

 

7. The Lost City of Z

Le cinéma de Werner Herzog n’est pas loin dans ce récit d’aventures de James Gray, inspiré de la vie de l’explorateur britannique Percival Harrison Fawcett. Il y souffle la force des rêves avec l’idée de la transmission d’une passion qui conduit l’homme à se dépasser, à aller voir au-delà de l’horizon les continents inexplorés pour y découvrir des trésors en même temps qu’une quête intérieure.

 

8. The Last Girl

Une très bonne surprise que ce film de zombie britannique qui arrive encore à surprendre après les films de George A. Romero et la série The Walking Dead. Avec des moyens relativement chiches, le réalisateur Colm McCarthy parvient à livrer un univers post-apocalyptique inédit et crédible. Mention aussi aux comédiennes Gemma Arterton, Glenn Close et la jeune Sennia Nanua.

 

9. Que Dios Nos Perdone

Après l’excellent La Isla minima en 2015, l’Espagne semble être le nouvel eldorado du thriller nerveux et carré après la Corée du sud et les États-Unis.

 

10. La planète des singes : Suprématie

Peut-être le meilleur opus de la saga. Matt Reeves sait prendre le temps de développer ses personnages et son atmosphère, et propose une vision pessimiste d’une humanité déclinante dans lequel les singes apparaissent finalement comme les vrais « humains » de l’histoire. 

 

10. We Blew It

Un formidable documentaire du critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret. À travers les interviews de grands réalisateurs, comme Tobe Hooper, Michael Mann,et la très bonne bande musicale, on sent un amour inconditionnel et un peu nostalgique pour le cinéma de cette époque. Avec un ultime hommage dans son long plan final au superbe Electra Glide in Blue de James William Guercio.

 

Charles Villalon

 

1. Twin Peaks The Return

Comment décrire en quelques mots cet éblouissement ? Peut-être en désignant, au hasard, quelques images, parmi d’autres, qui nous ont émerveille :  le sourire las d’Harry Dean Stanton, assis sur un banc, dans un parc ; les larmes de Dana Ashbrook face à une photo de Laura Palmer ; l’éclat de bonheur et de fierté sur le visage de Naomi Watts après la métamorphose de l’exceptionnel Dougie en non moins exceptionnel Dale Cooper, de retour dans la série après s’être fait attendre quinze épisodes. Le film de l’année, assurément. Mais en quelle année sommes-nous ?

 

2. Un jour dans la vie de Billy Lynn

Dix ans après Lust, Caution, Ang Lee est de nouveau au sommet avec ce chef-d’oeuvre sur l’Amérique contemporaine. Un passage résume à elle seule l’extraordinaire réussite de l’entreprise : le concert de la mi-temps, scène de spectacle filmée comme une scène de guerre, qui donne la pleine mesure, la puissance sans équivalent de ce tableau saisissant.

 

3. La Villa

L’émotion avec laquelle on retrouve, dès les premiers plans, les trois acteurs fétiches de Guédiguian, est révélateur de la réussite du film, de sa mélancolie profonde qui nous dévaste. Mélancolie qui culmine dans la scène du flashback, de loin la plus belle de tout le cinéma du réalisateur marseillais. Son plus beau film depuis Rouge midi et Dernier été. 

 

4. Bangkok Nites

Après Saudade, Tomita quitte le Japon pour explorer les nuits thaïlandaises, ses bordels et sa faune nocturne. Entre fiction et documentaire, le film est à la fois une radiographie de la mondialisation et une fresque intime, oscillant entre le micro- et le macroscopique.

 

5. Problemos

En poursuivant son travail solo entamé avec la série Platane, Eric Judor parvient à hisser le genre souvent médiocre de la comédie française à un niveau que peu de réalisateurs actuels parviennent à lui donner. Pierre Salvadori doit se sentir moins seul.

 

6. The Lost City of Z

Depuis des années, les nababs et les artistes sont progressivement remplacé à Hollywood par les banquiers et les tâcherons. Il n’y a plus guère de cinéastes. James Gray est l’un d’eux, irréductible. Avec The Lost City of Z – par son ampleur, par sa lumière, par son dénouement d’une grande beauté lyrique – il le prouve encore une fois.

 

7. L’Amant d’un jour

Il suffit parfois de peu pour qu’un film nous touche, nous marque. Ici, il aura suffit de la performance d’Esther Garrel, d’une scène de danse sur Aubert chantant Houellebecq, de tous ces petits détails qui rendent si réels le sentiment et la détresse amoureuse, pour être durablement séduit.

 

8. Creepy

Ce qui est si marquant dans les films de genre de Kurosawa, c’est que ce sont les détails réalistes, et non les ressorts fantastiques du scénario, qui nous frappe d’effroi. Dans cette histoire de zombies, la terreur est encore une fois distillé par tout ce que l’horreur a de très humaine, et de très moderne.

 

9. Loving

Dans l’oeuvre de Jeff Nichols, il y a les films pairs et les films impairs. Les films impairs sont des œuvres réalistes qui explorent le deep south américain. Les films pairs exploitent le même décor dans une veine fantastique. Les films impairs sont à ce jour plus réussis et ce cinquième opus confirme la règle. Le cinéaste natif de l’Arkansas y dépeint avec un grand talent ses personnages taiseux et dignes, qui nous offrent une autre image de l’Amérique.

 

10. Yourself and Yours

À un journaliste, qui lui demandait pourquoi il écrivait toujours le même livre, Faulkner avait fait cette réponse : « J’essaie d’épuiser un rêve. »  C’est à une semblable tentative d’épuisement que s’adonne Hong Sang-soo depuis maintenant 20 ans. Le professeur de cinéma et la séduisante étudiante ; le triangle amoureux, l’ivresse au saké et les malentendus.  Sur ce motif, Yourself & Yours offre une fascinante nouvelle variation.

 

Philippe Descottes

 

1. Barbara de Mathieu Amalric

Comment évoquer Barbara sans faire un biopic classique. Étonnante et troublante Jeanne Balibar.

 

2. La Villa

Pour le grand plaisir de retrouver Marius, Jeannettte et les Autres, la Belle équipe de Robert Guédiguian, une Famille.

 

3. Lumière ! de Louis Lumière et Thierry Frémaux

Pour un autre plaisir, celui de revoir ou de découvrir quelques films mis en scène par Louis Lumière. On attend avec impatience un Lumière ! Episode 2.

 

4. Un homme intègre

Un thriller social et le portrait bien sombre d’une société corrompue où tout s’achète.

 

5. Maryline

Deuxième long métrage derrière la caméra du comédien. Bien différent de Les Garçons et Guillaume, à table ! Même s’il est encore question de théâtre. À voir pour Adeline d’Hermy, venue du théâtre, une révélation !

 

6. Le Caire Confidentiel

À la fois un excellent polar et un portait social et politique dans une Egypte en pleine effervescence qui va connaître son printemps arabe.

   

7. Que Dios nos perdone

Entre film noir et thriller psychologique. L’une des très bonnes surprises du cinéma ibérique avec La Colère d’un homme patient de Raúl Arévalo et L’homme aux mille visages d’Alberto Rodriguez, deux autres films sortis en France en 2017.

 

8. Dunkerque

Du grand spectacle qui respecte le spectateur. À voir dans une vraie salle de cinéma.

 

9. On the milky road

Dix ans se sont écoulés depuis Promets-moi, son précédent film de fiction. Emir Kusturica n’a pas changé, il y a toujours de la folie, de la poésie et de l’humour dans son cinéma et c’est tant mieux. Monica Bellucci y est éblouissante.

 

10. Neruda

Derrière l’icône, un anti-biopic sur le poète chilien. Excellent interprétation de Luis Gnecco.

 

 

Jérôme Nicod

 

1. Blade Runner 2049
La version blanche du noir original, maligne et introspective. Une oeuvre majeure, à tous les niveaux. Une date dans l’histoire de la SF.
2. Jackie
Une oeuvre choc qui met le spectateur en état de deuil, dévasté, impuissant. Du vrai cinéma.
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 .
3. Logan
Une profondeur de vue salutaire dans le monde standardisé des super-héros. Casting et réalisation au top.
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 .
4. Baby Driver
Tarantino cherche la musique existante pour accompagner ses images, ici c’est le contraire. Un brillant exercice de style qui n’en manque pas.
 .
 .
5. Coco
Le meilleur Pixar de tous les temps (avec Wall-E et Là-Haut). Ce n’est pas un dessin animé mais un grand film.
6. Dunkerque
Froid, mécanique, et pourtant terriblement humain.
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7. Santa et Cie
Alain Chabat est devenu le John Landis français. Il en rêvait, c’est fait.
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 .
8. Au revoir là-haut
Un film comme une poésie, avec ses effets de style, son incongruité et tout son charme. Le film d’un auteur.
 .
 .
9. Logan Lucky
Soderbergh revient déguisé en Coen, en proposant le talent des deux.
 .
 .
10. Ce qui nous lie

Chez Cédric Klapish, mêmes les imperfections ont du charme.

 

 

Cyril Perraudat

 

1. 120 battements par minute

Grand Prix du dernier Festival de Cannes, injustement non sélectionné pour les Oscars. Ce film nous emporte au plus près de l’action d’Act Up au début des années 90 dans un film à la fois fiévreux, grave, drôle et engagé. Nahuel Perez Biscayart, présent cette année aussi dans Au revoir là-haut, est remarquable.

 

2. Dunkerque

Christopher Nolan livre un film de guerre haletant sur l’attente et la fuite, avec des dialogues minimalistes, rythmé par la superbe et omniprésente partition d’Hans Zimmer.

 

3. Detroit

Après Démineurs et Zero Dark Thirty, Katheryn Bigelow livre un nouveau brûlot politique avec cette plongée dans les émeutes de Detroit et les dérives racistes de policiers. Le film est suffocant et la séquence centrale est d’une intensité difficilement soutenable. Un véritable choc. Mention spéciale à Will Poulter qui livre une prestation puissante.

 

4. Au revoir là-haut

Avec cette adaptation d’un grand succès littéraire, Albert Dupontel fait sans nul doute son entrée dans la cour des grands metteurs en scène de l’Hexagone. Il y fait cohabiter de belle manière grand spectacle, comédie et émotion en peignant avec justesse la réalité d’une époque tout comme il nous donne à voir des personnages marquants.

 

5. Logan

Après les décevants X-Men Origins : Wolverine et Wolverine : le combat de l’immortel, le personnage griffu de l’univers Marvel a enfin droit à un grand film à la fois sombre, violent et spectaculaire porté par un Hugh Jackman habité.

 

6. Les Gardiens de la Galaxie 2

James Gunn pousse le curseur de la déconne encore plus loin dans cette suite qui assume encore mieux son impertinence que le précédent film. Un plaisir récréatif qui fonctionne à plein régime grâce aux personnages attachants et à un rythme endiablé.

 

7. Barry Seal : American Traffic

La nouvelle collaboration entre Doug Liman et Tom Cruise après Edge of Tomorrow débouche sur un film mafieux haut en couleur qui dresse habilement le portrait d’un personnage hors du commun ayant plus d’un tour dans sa manche. Tom Cruise y démontre qu’il lui reste encore de belles qualités d’acteur.

 

8. Santa & Cie

Alain Chabat livre ce que font les américains à la pelle : un film de Noël familial. Il parvient brillamment à relever le défi tout en conservant l’humour qui le définit, à base de jeu de mots parfois puéril et pourtant difficilement résistible tout en continuant à soigner ses arrières-plans, où il y a toujours un petit détail à dénicher. Golshifteh Farahani et Pio Marmai se fondent parfaitement dans l’univers du réalisateur, ce qui n’était pas forcément évident au premier abord.

 

9. Coco

Pixar revient sur le devant de la scène avec ce beau film d’animation sur l’héritage, le souvenir et l’incommensurable besoin d’assouvir sa passion. C’est techniquement irréprochable, musicalement emballant et orné de personnages touchants.

 

10. L’Échange des princesses

Marc Dugain adapte le roman de Chantal Thomas évoquant une part peu évoquée et peu glorieuse de l’Histoire de France où la progéniture des gouvernants était utilisée comme vulgaire monnaie d’échange dans le but de conserver une paix fragile avec l’Espagne. Il dispose pour cela d’un casting d’enfants épatants qui nous fait ressentir la difficulté et l’injustice de leur situation. Tout cela est paré d’un emballage soyeux avec de superbes costumes et décors tandis que le soin esthétique global apporté à l’image donne du cachet à l’ensemble.

 

Lucia Miguel

 

1. Get Out

Le meilleur film de l’année! Il réutilise l’horreur pour proposer une réflexion sur le racisme systémique. Drôle, agaçant et angoissant.

 

1. Été 93

Ce film catalan est d’une maîtrise rare, tout les éléments sont parfaitement dosés et les sentiments qu’il réveille appellent au plus profond de l’âme humaine.

 

1. Star Wars – Les Derniers Jedi

Avec quelques contrepieds inattendus, Ryan Johnson réussit le pari de satisfaire le noyau dur des fans tout en faisant le lien avec une nouvelle génération de spectateurs. Cette opus, d’une grande réussite, continue à faire vivre la saga en respect des codes qui ont fait le succès des la trilogie originale.

 

4. A Ghost Story

L’imaginaire fantomatique se mêle au quotidien dans cette histoire de fantômes pas comme les autres. Transcendantal et touchant, ce film fait appel aux émotions les plus primaires de l’être humain : la peur à la mort, la quête de l’au-delà, le sens de la vie.

 

5. Au-revoir là haut

Film superbe du début à la fin, qui revient sur l’histoire de la France avec justesse et honnêteté. Pierre Lemaître nous fait regarder l’histoire comme on regarde un polar.

 

6. Le sens de la fête

Entre humour noir et frénésie, les coulisses d’une grande fête dans un château français nous donnent à voir l’humanité de tous les acteurs. Jean-Pierre Bacri excelle dans son rôle comme à son habitude.

 

7. Coco

Le nouveau film de Pixar est un bijou de tendresse et de fantaisie. La fête des morts mexicaine sert de contexte à un beau conte sur la famille et les ancêtres.

 

8. Ça

La suite de Ça réussit à conserver l’esprit de teen movie de la minisérie tout en gardant l’effet horrifique, classique du genre.

 

9. Dunkerque 

Film de guerre à la structure innovante, avec une tension maîtrisé du début à la fin. Une approche à l’Histoire vraiment originale.

 

10. Split

Ce thriller psychologique qui dépeint la schizophrénie réussit tous les paris, notamment grâce à la prestation de James McAvoy, colérique, puissante et sincère.

 

Yvan Lozac’hmeur
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1.Blade Runner 2049
Chapeau bas à Denis Villeneuve pour son respect de l’œuvre originale qui n’empêche pas l’élargissement de son propos à de nouvelles thématiques contemporaines, comme le rapport au virtuel.

2. La La Land
Le film résonne longtemps en nous après l’avoir regardé. L’émotion douce-amère qu’il suscite, emprunte de la nostalgie de l’âge d’or d’Hollywood et du romantisme déchirant de cet amour que les personnages n’arrivent pas à sauver malgré tout, leurs efforts nous emportent dans ce songe lyrique haut en couleur. Une ode au cinéma et au jazz.

3. The Lost City of Z
Remarquable jeu de Charlie Hunnam et surtout de Robert Pattison méconnaissable. Une image au grain vintage particulièrement soigné nous embarque dans cette évasion exotique aussi inattendue que réussie. Du grand James Gray.

4. Dunkerque
L’œuvre de Nolan épate par sa maîtrise des silences et du rythme, qui parvient à nous faire revivre l’angoisse de ces hommes qui attendaient fébrilement le salut sur les plages du Nord de la France. Durant tout ce temps, on retient son souffle dans le silence des dunes (presque) comme si on y était.


5. Logan
Les X-men tirent leur révérence avec un dernier film, qui vient clore en beauté leur épopée avec une vision et un traitementdes personnages bien plus sombre de James Mangold, qui décuple la puissance de l’œuvre.
6. Au Revoir là-haut
Albert Dupontel récolte toutes les louanges pour la justesse et la profondeur émotionnelle de son œuvre, et c’est mérité.
7. Les gardiens de la Galaxie Vol.2
Le retour des Gardiens de la Galaxie est couronné de succès. Toujours aussi drôle, il permet de mieux étudier les relations entre les personnages. Un nouveau voyage exaltant et émouvant.
8. Thor Ragnarok
Thor se recalibre avec efficacité sur la ligne actuelle des Avengers, plus drôle et moins pompeux. S’il s’inspire largement des Gardiens de la Galaxie, le pari est réussi et les frères Thor et Loki ont gagné les cœurs du public malgré deux premiers opus franchement décevants.
9. Star Wars – Les Derniers Jedi
C’est l’évènement de cette fin d’année. L’épisode VIII est présent dans ce top pour les risques qu’il prend vis-à-vis de la saga, même s’il ne fait pas l’unanimité. C’est de toute manière chose quasi impossible avec l’intégralité des fans de Star Wars.
10. Kong : Skull Island
Le film de Jordan Vogt-Roberts convainc par son côté série B assumé, sa photo vintage 70s et son accent pulp jouissif qui donne envie de se tapoter le torse façon seigneur de la jungle.

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Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 ADIEU LES CONS 600 444 1 600 444
2 30 JOURS MAX 515 328 2 1 024 143
3 LES TROLLS 2 TOURNEE MONDIALE 469 045 2 888 619
4 POLY 458 929 1 458 929
5 PETIT VAMPIRE 155 496 1 155 496
6 MISS 113 727 1 113 727
7 PENINSULA 107 865 1 107 865
8 DRUNK 89 089 2 204 024
9 THE GOOD CRIMINAL 83 519 2 199 906
10 CALAMITY, UNE ENFANCE DE MARTHA JANE CANNARY 78 309 2 138 360

Source: CBO Box office

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