Combo/ Henry et June de Philip Kaufman : critique

Publié par Thierry Carteret le 17 janvier 2018

Synopsis : Paris, 1931. Anaïs Nin vit une relation stable avec son mari Hugo. Seul son journal intime connaît ses pensées les plus secrètes, ses désirs les plus inavouables. Elle rencontre alors Henry Miller, écrivain encore inconnu, et sa femme June. Ce couple représente le style de vie libérée dont elle rêve depuis toujours. Elle va alors entraîner le couple dans une relation tourmentée, en ayant une aventure avec Henry Miller, mais également en séduisant June…

♥♥♥♥♥

 

Henry et June - jaquette

Henry et June – jaquette

Elephant Films a la belle initiatique de sortir le 17 janvier 2018 en DVD et blu-ray quatre titres un peu oubliés du cinéma américain dramatique. Commençons par Henry et June, proposé dans une très belle copie restaurée haute définition et dans un combo Blu-ray/DVD. Le film est également disponible en édition DVD simple. Ce long métrage réalisé par Philip Kaufman (L’insoutenable légèreté de l’être, L’étoffe des héros) raconte la relation tumultueuse entre l’écrivaine américaine Anaïs Nin (Maria De Medeiros) et l’auteur alors inconnu Henry Miller (Fred Ward) mais surtout la passion amoureuse qui a suivi entre Anaïs et sa femme June (Uma Thurman) dans le Paris bohème du début des années 30. À travers cette histoire d’amour triangulaire, Philip Kaufman aborde les affres de la création artistique et de l’écriture en particulier. Le scénario, coécrit avec Rose, son épouse, s’appuie sur le roman de Anaïs Nin, Henry et June : Les cahiers secrets. Quand elle le rédige de 1931 à 1932, l’auteure a 28 ans et tient un journal depuis l’âge de 11 ans. Le roman en est l’aboutissement et sera publié tardivement en 1986. Anaïs Nin est alors mariée au banquier Hugh Guiler, joué par Richard E. Grant (Gosford Park). La rencontre avec le couple Henry/June sera pour la jeune femme le révélateur d’une sexualité libérée. Par la suite, Nin sera l’une des premières femmes à publier des ouvrages érotiques.

 

Henry et June

Henry et June

 

Si le long métrage de Kaufman est soigné, il souffre de quelques lourdeurs et du jeu un peu caricatural du pourtant talentueux Fred Ward (L’étoffe des héros, Sans retour, True Detective). Le Henry Miller qu’il compose se révèle peu attachant. Les comédiennes s’en sortent mieux. En tête, Maria De Medeiros compose une Anaïs Nin toute en sensualité et intelligence. La comédienne et réalisatrice portugaise à la beauté atypique -repérée par la suite par Tarantino pour Pulp Fiction– est un personnage de femme amoureuse qui s’émancipe de ses valeurs bourgeoises pour découvrir et vivre pleinement la liberté de ses sentiments et de sa sexualité. Uma Thurman, dont c’est l’un des premiers rôles après Les liaisons dangereuses (1988) de Stephen Frears, est également très touchante en June. Une jeune femme instable et passionnée qui va trouver un réconfort auprès de Anaïs. Après une première heure qui tend vers une certaine insouciance et légèreté des rapports entre les protagonistes, l’intrigue dérive vers une conclusion plus pessimiste, alimentée par le mensonge, l’incompréhension et la trahison, entamant un Éden que Anaïs pensait pouvoir à jamais préserver dans un imaginaire amoureux idéal.

 

Henry et June

Henry et June

 

Henry et June se présente comme un beau portrait d’une époque de foisonnement créatif et artistique au cœur d’un Paris qui évite le côté carte postale habituel. Ceci grâce en partie à la très belle lumière du directeur de la photographie français Philippe Rousselot, nommé à l’Oscar de la meilleure photographie. L’utilisation des décors (chambres vétustes, petites ruelles sombres, cafés nocturnes) accentue l’aspect vérité. L’ambiance de l’époque est ainsi très bien rendu, et participe au plaisir de visionnage de l’œuvre. On note quelques seconds rôles marquants, comme les comédiens/réalisateurs français Pierre Etaix et Artus de Penguern ou encore l’actrice et animatrice radio Brigitte Lahaie. C’est aussi l’un des premiers rôles de Kevin Spacey. Sans être une éclatante réussite, Henry et June est à voir, ne serait-ce que pour la superbe composition de ses deux actrices principales et le soin apporté à la reconstitution du Paris bohème des années 30.

 

 

 

Test bonus : La copie en haute définition ne souffre d’aucun défaut, et il faut se tourner vers la bande annonce de l’édition pour réaliser le superbe travail accompli par l’éditeur. Le son est clair et propre également. Henry et June est présenté par Jean-Pierre Dionnet. L’érudit journaliste et scénariste analyse l’œuvre avec sa verve habituelle. L’édition se conclut sur les bandes annonces des films ainsi qu’une galerie photos.

 

 

 

  • HENRY ET JUNE (Henry and June)
  • Sortie vidéo : 17 janvier 2018
  • Version restaurée haute définition
  • Format / Produit : Combo Blu-ray/DVD et DVD simple
  • Réalisation : Philip Kaufman
  • Avec : Maria De Medeiros, Fred Ward, Uma Thurman, Richard E. Grant…
  • Scénario : Philip Kaufman, Rose Kaufman
  • Production : Peter Kaufman
  • Photographie : Philippe Rousselot
  • Montage : Dede Allen, Vivien Hillgrove, William S. Scharf
  • Décors : Guy-Claude François
  • Costumes : Yvonne Sassinot de Nesle
  • Musique : Mark Adler
  • Édition vidéo : Elephant Films
  • Tarif : 16,99 € (DVD) – 19,99 € (Combo)
  • Durée totale : 2h14
  • Sortie initiale : 5 octobre 1990 (USA) – 10 octobre 1990 (France)

 

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Source: CBO Box office

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