Edmond d’Alexis Michalik : critique

Publié par Erica Farges le 9 janvier 2019

Synopsis : Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : « Cyrano de Bergerac ».

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Edmond - affiche

Edmond – affiche

Metteur en scène et acteur, Alexis Michalik passe pour la première fois derrière la caméra pour adapter au cinéma sa pièce de théâtre lauréate de cinq Molières. Les adaptations de pièces à l’écran, ainsi que les biopics portant sur des cinéastes emblématiques, sont légion mais rares sont les films biographiques dépeignant le portrait d’auteurs théâtraux, surtout lorsqu’il s’agit de réalisations françaises. À l’image de Shakespeare In Love de John Madden, qui a d’ailleurs été une source d’inspiration pour la biographie théâtrale devenue le premier long-métrage de Michalik, Edmond se distingue des autres œuvres artistiques influencées par le célèbre Cyrano de Bergerac en se focalisant sur la création de ce grand classique. Bien qu’Alexis Michalik se soit documenté sur la genèse et la première de la fameuse œuvre de théâtre français, il prend de grandes libertés avec la réalité historique pour son scénario. Des triangles amoureux, une correspondance qui aurait inspiré la pièce et d’importantes modifications concernant le personnage de l’épouse d’Edmond Rostand sont introduits pour créer cette biographie revisitée. Dans une volonté d’actualiser les personnalités présentes lors de l’élaboration de Cyrano de Bergerac, elles se dessinent à travers des rapports interpersonnels qui peuvent sembler plutôt propres à notre époque. Si ce procédé rend les personnages plus attachants, permettant une identification à eux aisée pour les spectateurs, la romantisation excessive du récit devient par moments un peu pesante. On regrette également que le potentiel des acteurs paraît ne pas être utilisé à son maximum avec un jeu parfois un peu fade malgré le casting relativement prestigieux. Pourtant, le choix des comédiens a été soigneusement fait. La plupart sont autant habitués à jouer sur les planches que pour l’écran, comme Thomas Solivérès (Intouchables, Sales Gosses, Les Aventures de Spirou et Fantasio) qui interprète Rostand et le réalisateur lui-même incarnant l’auteur Georges Feydeau, rival du protagoniste imbu de sa personne.

 

Edmond

Edmond

 

En dépit de ces quelques légers défauts d’écriture, Edmond demeure une œuvre unique qui revisite assez brillamment des évènements fondateurs de la culture française à travers plusieurs domaines artistiques, donnant ainsi lieu à une véritable déclaration d’amour à la littérature et aux arts de la scène. Michalik transpose les dilemmes romantiques de la pièce à la vie privée du poète dramaturge évoluant au sein de la bohème dans les cabarets et salles de théâtre de la capitale française d’antan. Se déroulant au cœur du Paris de la fin du XIXème siècle, tiraillé entre l’extinction du romantisme et la recherche de nouvelles références pour entrer dans l’ère moderne, avec des décors d’un réalisme à la fantaisie scénique, ce biopic très romancé retrace la mort du théâtre par le septième art pour espérer sa renaissance par ce même biais. Hommage à l’une des figures phares de la dramaturgie française par la mise en abyme des coulisses d’un spectacle, Edmond est une comédie dramatique à l’humour vaudevillesque faite pour le ravissement de ceux qui raffolent d’œuvres audacieuses et hybrides n’hésitant pas à mélanger plusieurs arts. 

 

 

 

  • EDMOND
  • Sortie salles : 9 janvier 2019
  • Réalisation : Alexis Michalik
  • Avec : Thomas Solviérès, Alexis Michalik, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Tom Leeb, Lucie Boujenah, Alice de Lencquesaing, Clémentine Célarié, Igor Gotesman, Dominique Pinon, Simon Abkarian, Marc Andreoni
  • Scénario : Alexis Michalik et Bérengère Saint-Bezar
  • Production : Benjamin Bellecour, Vanessa Djian, Alain Goldman, Cédric Iland, Nadia Khamlichi, Adrian Politowski
  • Photographie : Giovanni Fiore Coltellacci
  • Montage: Julien Vaugelade
  • Décors : Franck Schwarz
  • Costumes : Thierry Delettre
  • Musique : Romain Trouillet
  • Distribution : Gaumont
  • Durée : 1h50

 

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