Aladdin de Guy Ritchie : critique 

Publié par Sévan Lesaffre le 22 mai 2019

Synopsis : Amoureux de la princesse Jasmine, Aladdin recourt aux services d’un puissant génie pour se transformer en prince et accéder ainsi au palais d’Agrabah.

 

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Aladdin - affiche

Aladdin – affiche

Retour à Agrabah. Venez adorer l’idole ! La version live d’Aladdin réalisée par Guy Ritchie (SnatchRocknRollaSherlock Holmes) aura du mal à supplanter le classique d’animation de 1992 supervisé par John Musker et Ron Clements. Quand un charmant garçon des rues cherche à conquérir le cœur de la belle, énigmatique et fougueuse princesse Jasmine, il fait appel au tout puissant Génie lui permettant de réaliser trois vœux, dont celui de devenir le prince Ali pour mieux accéder au palais d’Agrabah. Mais c’est compter sans le grand vizir Jafar, flanqué de son perroquet hypernerveux Iago, qui n’a d’autre ambition que de s’emparer de la lampe merveilleuse pour obtenir le trône du Sultan. De quiproquos en tours de magie, les protagonistes parviendront à vaincre l’odieux sorcier. À la veille des années 1990, Aladdin inaugure une nouvelle génération de héros Disney. Personnage moderne, complexe, tout en nuances et en contradictions, il est un voleur au cœur pur. Cet orphelin – dont les traits se rapprochent étrangement de ceux de Tom Cruise – en quête de liberté, s’opposant au déterminisme, avait tout pour susciter l’intérêt des studios. Aladdin est aussi une belle histoire d’amitié : celle d’un jeune homme et de son singe Abu, complices et complémentaires. Ici, la magie des nuits d’Orient n’opère pas. Guy Ritchie, qui manque cruellement d’inspiration, prend des détours tortueux tout en conservant la trame initiale.

 

Aladdin - Guy Ritchie

Aladdin – Guy Ritchie

 

Cet Aladdin 2.0 tombe inévitablement dans les travers de la superproduction insipide ; une cité d’Agrabah hypernumérisée, des approximations visuelles regrettables, de rares audaces formelles, une raideur mécanique des gags… L’unique trouvaille scénaristique consiste à faire de Jafar un double inversé du célèbre héros dont l’apparence dissimule la valeur d’un diamant d’innocence. Si Mena Massoud – le voleur au grand cœur n’arrive jamais à se défaire de son sourire niais – et Naomi Scott (qui incarne une Jasmine modernisée) forment un joli couple bollywoodien, Will Smith, qui succède à l’inoubliable Robin Williams dans le rôle du génial génie de la lampe merveilleuse, en fait des tonnes. Le Prince de Bel-Air met au placard le swing de Broadway au profit d’une tendance hip-hop destinée à la nouvelle génération. Marwan Kenzari (Le Crime de l’Orient-Express), quant à lui, incarne un Jafar bien trop jeune, dénué de tout charisme, qui ne rend pas justice au grand vizir machiavélique animé par Andreas Deja en 1992. Les adjuvants sont sous-exploités : le singe Abu, le tigre Rajah et le perroquet Iago perdent leur consistance ou leur aspect comique. Dalia (Nasim Pedrad), la fidèle servante de Jasmine, et Hakim (Numan Acar), le bras droit de Jafar, agrémentent le casting de cette adaptation à la mise en scène plutôt banale.

 

Will Smith - Aladdin

Will Smith – Aladdin

 

Guy Ritchie reprend évidemment les séquences d’anthologie dont la découverte de la Caverne aux Merveilles, la rencontre avec le tapis volant ou encore la parade du Prince Ali, et conserve la fameuse bande originale du compositeur aux huit Oscars, Alan Menken (La Petite SirèneLa Belle et la BêteEnchanted). Speechless, une chanson inédite et féministe s’ajoute aux mélodies bouleversantes (Je voleJe suis ton meilleur amiPrince AliCe rêve bleu) que l’on retrouve avec plaisir. Comme très souvent dans les blockbusters, le trop-plein d’action finit par anesthésier le spectateur. Le cinéaste britannique, qui a pourtant choisi de faire la part belle aux nombreuses chansons, se perd dans ce mélange d’aventure et de comédie musicale aseptisée. Ce qui fait la force des classiques Disney a ici disparu, à savoir la synergie entre une histoire intéressante, touchante et des musiques inoubliables. Cet énième remake s’oublie vite et n’égale pas le film d’animation. Nous préférons l’original à la copie. Aladaube.

 

 

 

  • ALADDIN
  • Sortie : 22 mai 2019
  • Réalisation : Guy Ritchie
  • Avec : Mena Massoud, Naomi Scott, Will Smith, Marwan Kenzari, Billy Magnussen, Nasim Pedrad, Numan Acar, Navid Negahban, Kevin Matadeen, Alan Tudyk…
  • Scénario : John August, Guy Ritchie d’après les personnages créés par Ron Clements, Ted Elliott, John Musker, Terry Rossio sur une idée de John August
  • Production : Dan Lin, Jonathan Eirich
  • Photographie : Alan Stewart
  • Montage : James Herbert
  • Décors : Gemma Jackson
  • Costumes : Michael Wilkinson
  • Musique : Alan Menken
  • Distribution : The Walt Disney Company France
  • Durée : 2h09

 

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