Résumé : À travers une fresque historique et des essais richement documentés, cet ouvrage propose d’évoquer les relations intimes qui lient Nice au cinéma, des frères Lumière à aujourd’hui, en passant parla création des Studios de la Victorine qui fêtent leur centième anniversaire. Illustré à partir de nombreuses collections et plus particulièrement de celle de La Cinémathèque française, il permet de témoigner de l’intense activité cinématographique de Nice et du rôle fondamental que la ville, surnommée l' »Hollywood européen », a joué dans le développement du 7e art, tout au long du XXe siècle. C’est aussi l’occasion de se remémorer quelques-uns des grands cinéastes qui ont illustré cette histoire, de Marcel Carné à André Téchiné en passant par Alfred Hitchcock, François Truffaut, Jacques Tati, Jacques Demy, Jean Cocteau, Agnès Varda, Claude Chabrol…
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Nice, ville de cinéma ? Assurément, même si nombre de cinéphiles ont aujourd’hui tendance à l’oublier. Certes, l’Histoire de la Victorine de René Prédal (Productions de Monte-Carlo, 2007) avait permis de faire la lumière sur une filmographie essentielle de notre patrimoine cinématographique, mais au-delà des productions réalisées dans le célèbre studio fondé par Serge Sandberg, les recherches concernant la « Cinémapolis » naguère proclamée par Louis Feuillade restaient encore à l’état de chantier. La parution du catalogue d’exposition « Nice 2019 : l’Odyssée du cinéma » dirigé par son commissaire Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture, répond à ce manque en associant beauté des illustrations et érudition du contenu. Les différentes contributions de ce beau livre dressent en effet un panorama historique qui touche à l’exhaustivité. De l’incursion de Pathé et Gaumont sur la Côte d’Azur à la fondation de la Cinémathèque de Nice, l’histoire du cinéma niçois porte les traces d’une mémoire nationale, industrielle et technologique. Le rêve d’un Hollywood français entretenu par le climat naturel du lieu et le passage du célèbre réalisateur Rex Ingram fut bien vite entamé par l’adaptation difficile aux innovations techniques d’un médium en perpétuelle évolution (hier le son, aujourd’hui le numérique). La Seconde Guerre mondiale fait des studios niçois une sorte de havre de paix dont l’esprit libertaire reste néanmoins assujetti au contrôle censorial de Vichy. Plus de soixante-dix ans plus tard, le cinéma niçois connaît un nouveau basculement avec la reprise en main de la Victorine par la ville qui annonce la résurrection de ses studios et la reprise de leur activité. Cette histoire, le présent album nous l’expose à travers le portrait de ses figures tutélaires, la déclinaison de ses caractéristiques naturelles (lumière, décors topographiques) et le récit de ses tournages les plus célèbres (À propos de Nice, Les Enfants du paradis, Les Chaussons rouges, Jeux interdits, La Main au collet, La Baie des anges, Le Corniaud…). À l’iconographie abondante illustrant l’ouvrage, s’ajoute la présence d’une longue bibliographie, ainsi qu’une frise chronologique détaillant année par année les événements cinématographiques accueillis par la Mecque du cinéma azuréen.
- NICE, CINÉMAPOLIS
- Auteur : Jean-Jacques Aillagon (sous la direction de)
- Éditions : In Fine Éditions d’Art
- Date de parution : 30 mai 2019
- Format : 192 pages
- Tarif : 28 €