Série / Bloodride : critique

Publié par Erica Farges le 6 avril 2020

Synopsis : Cette anthologie norvégienne imprègne chaque histoire d’une atmosphère unique, à la fois réaliste et étrange, horrifique et caustique, résolument scandinave.

♥♥♥♥

 

Bloodride - affiche

Bloodride – affiche

Diffusée le vendredi 13 mars sur Netflix, cette série d’anthologie horrifique raconte les histoires des passagers du mystérieux bus que l’on voit dans le générique d’ouverture. Créée par Kjetil Indregard, également cocréateur de Maniac qui a inspiré la version américaine diffusée sur la plateforme, et Atle Knudsen, elle nous transporte, tel un train fantôme, vers des aventures cauchemardesques. Sorte de Black Mirror norvégien, Bloodride dépeint les failles et les penchants macabres de la société. Mais contrairement à sa semblable britannique, elle ne porte pas spécifiquement sur les dérives liées aux nouvelles technologies, mais met davantage en avant des éléments empruntés au folklore national et au surnaturel. Les épisodes structurés un peu à la manière de mini-thrillers partent d’un environnement réaliste pour le faire basculer vers une étrangeté angoissante. Plutôt simple et efficace, elle emploie souvent des ressorts classiques du genre. Pourtant, sa disposition anthologique et ses épisodes courts lui permettent de renouveler en permanence les enjeux et décors, éveillant constamment la curiosité des spectateurs. Composée de six épisodes d’environ trente minutes chacun, la série se prête parfaitement à une petite séance de binge-watching au cours de laquelle les intrigues variées apportent leur lot de surprises. Au programme : la présence d’une pierre viking à sacrifice dans les bois explique le grand attachement des villageois à leurs animaux domestiques ; la fiction littéraire dépasse la réalité et un petit village est hanté par un fait divers depuis plusieurs décennies. Bien que très ancrée dans des paysages scandinaves, le show revisite des thématiques qui revêtent une dimension quasi universelle.

 

 

Les mésaventures dévoilées au cours de ce tour sinistre sonnent comme de brefs contes sombres sur les méthodes de l’industrie pharmaceutique, la culture d’entreprise, les troubles psychiques, l’appât du gain, le sacrifice moral nécessaire à la réussite, le mépris de la vie de l’autre… Grâce à une narration habilement menée, ces histoires palpitantes captivent et couvrent un large panel de sujets. Dans ce format s’installe vite un décor particulier à l’intrigue. Si le ton et le style varient d’un épisode à l’autre, l’utilisation du twist se fait récurrent, reposant sur un humour noir, voire morbide. La mise en scène et la photographie recherchées nous plongent dans une nouvelle ambiance à chaque début de chapitre, tout en apportant une unité à cette première saison, malgré son caractère anthologique.

 

 

Jusqu’à présent absentes de Netflix, plusieurs productions norvégiennes ont récemment été ajoutées à son catalogue. Après la série de comédie romantique Home for Christmas, sortie pendant les fêtes de fin d’année, et les super-héros mythologiques qui se battent contre le changement climatique dans Ragnarok, Bloodride se réapproprie les codes de l’anthologie d’horreur. Avec un équilibre parfait entre classicisme et originalité, ainsi qu’un fort ancrage dans le Pays du Soleil de Minuit pour explorer des thèmes familiers. Elle parvient à nous immerger dans les fables sinistres à suspense. La richesse scénaristique et visuelle de cette première saison nous fait espérer un renouvellement de la série pour un deuxième tour à glacer le sang.

 

 

 

  • BLOODRIDE (Blodtur)
  • Diffusion : Depuis le 13 mars 2020
  • Chaîne / Plateforme : Netflix
  • Création : Kjetil Indregard et Atle Knudsen
  • Réalisation : Kjetil Indregard, Atle Knudsen, Geir Henning Hopland
  • Scénario : Kjetil Indregard
  • Avec : Rebekka Jynge, Karl Vidar Lende, Silje Storstein, Stig R. Amdam, Ellen Bendu, Erlend Rodal Vikhagen, Anna Bache-Wiig, Pia Borgli, Sophia Kaushal, Dagny Backer Johnsen, Simen Bostad
  • Durée : 6 épisodes de 30 minutes environ

 

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Source: CBO Box office

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