Songbird de Adam Mason : critique

Publié par CineChronicle le 17 décembre 2020

Synopsis : En 2024, la population est toujours confinée après la mutation du Covid. Dans ce contexte, un jeune livreur va devoir se battre pour sauver celle qu’il aime.

♥♥♥♥♥

 

Songbird - affiche

Songbird – affiche

Le cinéma peut servir à envisager le pire. Et si le Covid mutait, devenait mortel en moins de 48 heures, le confinement devenait perpétuel, les personnes contaminées étaient transportées dans des zones de quarantaines pour y mourir, et la population contrôlée par une véritable dictature sanitaire ? Voilà le scénario que nous assène cette production de Michael Bay. Opportuniste, sans nul doute. Mais après tout, pourquoi pas ? Ce genre existe depuis longtemps aux États-Unis, les instant movies, films d’exploitation surfant sur l’actualité immédiate. On peut aussi y voir une catharsis face aux évènements. Dans ce contexte du pire, nous suivons le destin de plusieurs personnages. Nico est un jeune homme immunisé au coronavirus, ce qui fait de lui une des seules personnes autorisées à sortir. Il travaille comme livreur pour Lester. Au cour d’une de ses missions, il a rencontré Sara, une jolie confinée, avec laquelle il vit une histoire d’amour « à distance ». Lorsque la jeune femme est exposée au virus, Nico va devoir tout tenter pour la sauver de la déportation en zone de quarantaine. Son destin s’entrecroise avec celui des Griffin, une riche famille éclatée par la situation, et avec celui de M.D., un vétéran de l’armée cloué dans un fauteuil roulant, dont le seul rayon de soleil est une chanteuse issue des réseaux sociaux, May, qui donne son titre au film. Au début, on est un peu perdu au milieu de tous ces personnages, l’histoire paraît confuse et met du temps à démarrer. Cependant, la dernière demi-heure parvient à être palpitante, lorsque toutes les intrigues se dénouent. Les ficelles sont grosses, mais on peut se laisser prendre. Ni explosion ni rien de vraiment spectaculaire, un final tout en tension et suspense.

 

 

Le cinéma de Michael Bay se fait modeste. Certes, il n’est que producteur, mais Songbird porte bien sa patte : caméra à l’épaule et montage cut. On le retrouve aussi dans quelques stéréotypes incontournables, le black rigolard et les héroïques militaires défenseurs de la liberté. On place quelques références à l’affaire Weinstein au passage, sans doute pour avoir malgré tout l’aval du public féministe. Côté casting, c’est surtout Paul Walter Hauser, l’acteur du Cas Richard Jewell, qui se démarque dans son rôle de vétéran brisé. De l’autre côté du spectre, Peter Stormare cabotine à cœur joie et s’amuse visiblement. On notera aussi le retour de Demi Moore, plutôt impliquée.

 

Les contraintes sanitaires se font forcément sentir à l’écran, et rien que cela suffit à faire de ce film une vraie curiosité. Il n’y a pas plus de deux acteurs dans une même pièce. De préférence les dialogues seront en champ-contrechamp, mais en ayant pris soin de faire auparavant un plan d’ensemble où les acteurs évoluent dans le même espace, en accord avec la règle du « montage interdit », chère à André Bazin. Lorsqu’une scène d’action exige quelques figurants, le contexte diégétique permet de les affubler de combinaisons protectrices.

 

 

Le reste du temps, on use et abuse des technologies de communication modernes (chat, appels vidéo, etc). Les personnages évoluent dans des espaces séparés, ce qui donne au fond un portrait assez fidèle du confinement. Cependant, le réalisateur Adam Mason n’a pas peur d’être subversif. Aussi, il ne se gênera pas pour filmer des poignées de main, et même un baiser final. Un appel à ne pas laisser la crise sanitaire nous priver de nos libertés, et de notre humanité. C’est là tout le propos du film.

 

Certes, Songbird est une série B opportuniste, pas vraiment du meilleur goût, mais possède des aspects intéressants. C’est une proposition de cinéma adaptée à la situation qui donne quelques pistes sur l’évolution prochaine d’Hollywood, mais c’est surtout une petite dose d’optimisme qui remonte un peu le moral.

 

Raphaël Mussard

 

 

 

  • SONGBIRD
  • Sortie VOD : 16 décembre 2020
  • Réalisation : Adam Mason
  • Avec : K.J. Appa, Sofia Carson, Craig Robinson, Bradley Whitford, Peter Stormare, Demi Moore, Alexandra Daddario, Paul Walter Hauser, Elpidia Carillo, Lia McHugh
  • Scénario : Adam Mason, Simon Boyes
  • Production : Michael Bay, Adam Goodman, Eben Davidson, Jason Clark
  • Photographie : Jacques Jouffret
  • Montage : Geoffrey O’Brien
  • Décors : Jennifer Spence
  • Costumes : Lisa Norcia
  • Distribution : Metropolitan FilmExport
  • Musique : Lorne Balfe
  • Durée : 1h25

 

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