Skyfall de Sam Mendes : critique

Publié par Nathalie Dassa le 20 octobre 2012

La loyauté de Bond à l’égard de M est mise à l’épreuve lorsque la directrice des services secrets britanniques est rattrapée par son passé. 007 identifier et détruire la menace, quoi qu’il lui en coûte à titre personnel. Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

 

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Classe, glamour, nostalgique, drôle, poétique, moderne et plein d’action ! Ce 23e opus, qui a pu renaître de ses cendres depuis le sauvetage de la faillite de la MGM en décembre 2010, est un millésime savoureux qui s’apprécie bien frais. La vision tout simplement grandiose de Sam Mendes (American Beauty, Noces Rebelles) offre de plus à son nom une place de choix pas anodine en plongeant dans le regard de 007 dans le superbe générique musical, interprété par la sublime Adèle, juste après le prologue d’ouverture. Le cinéaste se réapproprie avec grandeur le mythe du plus sexy et du plus célèbre des agents secrets de Sa Majesté et maitrise bel et bien sa caméra avec des scènes d’action d’une belle fluidité. Si SKYFALL n’est peut-être pas le meilleur de la saga d’espionnage mythique, qui a soufflé cette année ses 50 bougies depuis le premier opus du James Bond contre Dr No sorti le 5 octobre 1962, il est sans aucun doute le meilleur des trois opus avec Daniel Craig. L’acteur britannique a pris sacrément de la bouteille depuis Casino Royale en 2006 et en impose royalement tant dans son jeu que physiquement. Si l’on ne voit pas passer les 2h23 de ce nouveau volet, force est de constater que le récit parfois trop attendu de Neal Purvis et Robert Wade auquel s’est joint John Logan (Aviator), est moins axé sur une histoire d’espionnage complexe, puisqu’il n’est pas affilié à un roman de Ian Fleming, que sur l’exploration de la relation profonde entre James Bond et M.

 

 

Si les scénaristes s’attardent sur les problèmes actuels à la manière de la trilogie Batman de Christopher Nolan, ils marquent surtout un retour important aux sources pour James Bond, dont la loyauté envers M, toujours fortement interprétée par Judi Dench après six films, est mise à l’épreuve lorsque son passé à elle ressurgit. Tout comme les James Bond Girls ou les femmes autour de 007 qui passent ici en arrière plan, entre l’agent Eve (Naomie Harris) et Séverine (la française Bérénice Marlohe). On sent la volonté des producteurs Barbara Brocoli et Michael G. Wilson, des scénaristes et du réalisateur de mettre leur va-tout dans un 23e opus qui joue essentiellement sur les codes, l’humour et les clins d’œil de la saga. C’est ainsi que SKYFALL offre de belles réminiscences comme le retour de la prestigieuse Aston Martin DB5 avec la fameuse boîte de vitesses qui dissimule le bouton rouge pour les sièges éjectables, le manoir Skyfall (sa maison de famille depuis des générations), les allusions aux gadgets obsolètes avec le stylo explosif ainsi que l’arme à feu Walther PPK déjà présente dans les deux précédents opus.

 

 

Dans son ensemble la grande force de SKYFALL est de réussir à injecter du drame inattendu tout en revenant aux rapports humains et à l’importance des agents sur le terrain, sous l’autorité d’une M(um), dont les directives et les valeurs sont remises en doute. Car il est également question de jouer ici sur cette soi-disant obsolescence avec en parallèle les nouvelles technologies de pointe où un simple clic sur ordinateur peut révolutionner le monde dans le meilleur comme dans le pire. C’est ce que démontre brillamment la scène de la première rencontre dans un musée entre James Bond et le très jeune agent Q, joué efficacement par Ben Winshaw, dont les capacités informatiques sont extrêmement infinies, tout en restant en pyjama. « A quoi je vous sers alors maintenant ? » lui demande Bond. « Accessoirement à appuyer sur la détente » lui répond Q. L’autre face à face du même ordre se déroule avec cette fois son adversaire qui lui s’adonne au terrorisme et à la guerre informatique. Et qui mieux que Javier Bardem aurait pu interpréter ce personnage de blondinet imposant ? S’il n’est pas aussi extrême et sans pitié que dans No Country For Old Men, il reste néanmoins fascinant à regarder avec son trop plein de délicatesse et ses airs efféminés.

 

 

Au final Sam Mendes réussit haut la main sa première incursion dans le blockbuster et livre un bon James Bond qui nous propulse comme convenu dans les villes aux quatre coins du monde, avec des scènes d’action haletantes grâce au travail du coordinateur des cascades Gary Powell et du superviseur des effets spéciaux Chris Corbould. La course-poursuite en moto n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de JASON BOURNE L’HÉRITAGE (notre critique) dans les rues de Manille. Les images sont impeccablement soignées sous la houlette du directeur de la photo Roger Deakins et le tout prend son rythme sur la bande originale entraînante composée par Thomas Newman, collaborateur fidèle de Sam Mendes depuis son premier film, qui respecte dignement le thème mythique créé par feu John Barry.

 

 

 

SKYFALL de Sam Mendes en salles le 26 octobre avec Daniel Craig, Judi Dench, Ralph Fiennes, Ben Whishaw, Naomie Harris, Berenice Marlohe, Albert Finney, Helen McCrory, Ola Rapace, Rory Kinnear, Tonia Sotiropoulou. Scénario : Neal Purvis, Robert Wade et John Logan d’après l’oeuvre de Ian Fleming. Producteurs : Barbara Broccoli, Michael G. Wilson. Compositeur : Thomas Newman. Photographie : Roger Deakins. Superviseur effets spéciaux : Chris Corbould. Superviseur effets visuels : Steve Begg. costume : Jany Temime. Décors: Dennis Gassner. La chanson « Skyfall » : Adele. Distribution : Sony Pictures. Durée : 2h23.

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