1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

 

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Dallas Buyers Club afficheAprès La Défense LincolnKILLER JOE (notre critique)Magic MikeMUD (notre critique), tout récemment LE LOUP DE WALL STREET (notre critique) et bientôt INTERSTELLAR, Matthew McConaughey se découvre encore et encore de nouvelles identités se confirmant de film en film comme un véritable acteur de premier plan. La star de 45 ans, qui a pris un solide tournant dans sa carrière après une succession de rom com, pourrait bien recevoir pour Dallas Buyers Club la précieuse statuette à la prochaine cérémonie des Oscars, après avoir déjà raflé le Golden Globe et le SAG. Avec 20 kilos de moins et presque la peau sur les os, McConaughey est ici au sommet de son art. A la fois bluffant de résistance, d’endurance, de volonté, de charisme et de conviction, il est comme habité par le personnage réel de Ron Woodroof, un cowboy du Texas grand amateur de whisky, de coke, de rodéos et de femmes avec lesquelles il a souvent eu des rapports non protégés. Cet ancien fêtard homophobe a été diagnostiqué séropositif avec seulement 30 jours à vivre au milieu des années 80, à une époque où le SIDA était une maladie autant effrayante qu’incomprise, générée par des avis divergents et contradictoires quant à la façon de combattre le virus. Cet homme, qui est finalement décédé sept ans plus tard, est devenu non seulement un fervent défenseur de cette cause mais également un fournisseur de médicaments non homologués.

 

Dallas Buyers Club Matthew McConaughey

 

Le récit de Dallas Buyers Club, basé sur des faits réels et des entretiens enregistrés sur un dictaphone par le scénariste Craig Borten, suit donc le point de vue de ce personnage de 35 ans mourant qui, après avoir refusé de se soumettre à un essai clinique recommandé par ses médecins (l’effacée Jennifer Garner et Denis O’Hare) avec l’AZT alors expérimental dans les années 90, s’empare du médicament. Mais les effets détériorent son état de santé. Woodroof décide alors de quitter sa communauté désormais ostracisé par ces vieux copains, pour trouver des traitements alternatifs par tous les moyens possibles à la fois légaux et illégaux. S’il fait d’abord de la contrebande à la frontière du Mexique avec un médecin (Griffin Dunne) radié du corps médical, il finit par voyager à travers le monde pour se procurer un remède bien plus efficace et moins toxique que l’AZT. Un remède qu’il vend illégalement pour les séropositifs refusant d’attendre que la médecine légale trouve la solution à cette épidémie mortelle. Il s’allie avec un transsexuel – sous les traits métamorphosés d’un Jared Leto authentique, délicat, fragile, poignant et tout aussi amaigri – avec lequel il fonde ce fameux ‘Buyers Club’ où les clients paient leur adhésion en échange de ce traitement.

 

Dallas Buyers Club Jared Leto et Matthew McConaughey

 

Ainsi dans une mise scène dynamique et bien calibrée conçue dans un montage serré, le Canadien Jean-Marc Vallée nous offre un biopic dramatique percutant après C.R.A.Z.Y et Café de Flore. Non pas seulement sur la force de vivre mais sur le combat d’un individu contre les institutions, les autorités, les agences pharmaceutiques et le corps médical et scientifique pour faire valoir ‘le droit de chacun à contrôler ce qu’il introduit dans son corps’ et se maintenir en vie. Dallas Buyers Club en devient une œuvre édifiante qui évite brillamment tout pathos se délestant de cette tonalité mélodramatique consubstantielle à ce type de sujet. Le paroxysme n’en est d’ailleurs que plus efficace. Le choix des décors, des costumes et des coiffures, bien ancrés dans cette époque charnière, est d’une sobriété naturelle et intelligente renforçant magistralement le jeu des personnages. Le traitement scénaristique fait néanmoins davantage rayonner les performances de McConaughey et de Leto que de proposer une analyse un peu plus complexe et approfondie sur les conséquences du SIDA, aggravées par la réglementation de la FDA (Food and Drog administration), l’antagoniste du film. Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée renvoie sensiblement à Philadelphia (1993) de Jonathan Demme avec Tom Hanks et Denzel Washington situé à la même période. D’un côté comme de l’autre, les luttes communes de ces individus pour la dignité humaine et l’acceptation dénoncent l’intolérance et font sauter les préjugés transformant cette maladie en force et pouvoir de résilience.

 

 

 

DALLAS BUYERS CLUB de Jean-Marc Vallée en salles le 29 janvier 2014 avec Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Jared Leto, Griffin Dunne,  Steve Zahn, Denis O’Hare, Michael O’Neill, Dallas Roberts, Kevin Rankin. Scénario : Craig Borten, Melisa Wallack. Producteurs : Robbie Brenner, Rachel Winter. Photographie : Yves Bélanger. Montage : John Mac McMurphy, Martin Pensa. Décor : John Paino. Costume : Kurt and Bart. Coiffure : Adruitha Lee. Distribution : UGC. Durée : 1h57.

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