Synopsis : Au commencement, il y avait Athéna, Déesse Grecque de la Guerre. Avec l’aide de jeunes garçons courageux équipés d’armures sacrées leur accordant de grands pouvoirs, elle repoussa à maintes reprises les forces du Mal. Aujourd’hui réincarnée en la personne de la jeune Saori Kido, Athéna va devoir repartir en lutte contre un adversaire sévissant au cœur même du Sanctuaire, le berceau des fameux chevaliers du zodiaque qui la protègent. Cinq jeunes garçons sont désignés pour l’aider. Une grande bataille contres les douze chevaliers d’Or se prépare.

 

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Les Chevaliers du Zodiaque - La Legende du Sanctuaire - affiche

Les Chevaliers du Zodiaque – La Légende du Sanctuaire – affiche

La frange de spectateurs que l’on appelle la « génération Club Do », connaît bien les Chevaliers du Zodiaque. Ce dessin animé japonais, dont le nom original est Saint Seiya, a fait rêver nombre d’enfants des années 80. Aujourd’hui devenus des adultes, ils restent toujours aussi fascinés par la mythologie complexe et émotionnellement forte de cette saga de légende, adaptée du manga de Masami Kurumada. Si cette série a su perdurer jusqu’à nos jours, c’est en grande partie grâce à sa portée philosophique, sa mythologie foisonnante et sa galerie de personnages aussi torturés et puissants que charismatiques et variés. Sans parler du réel impact de leurs valeurs sur les jeunes spectateurs de l’époque et de la violence dont ces héros sont sans arrêt les victimes. Malgré de nombreuses séries et produits dérivés, dont on retient surtout les très belles figurines de collection Myth Cloth et le prequel The Lost Canvas, un retour aux sources des Chevaliers du Zodiaque semblait inévitable. C’est donc le réalisateur vétéran Keiichi Sato, principalement connu pour avoir été le directeur artistique de nombreux dessins animés japonais, qui se prête à l’exercice pour le compte de la Toei Animation, déjà responsable de l’adaptation d’ALBATOR, CORSAIRE DE L’ESPACE (notre critique). Ce nouveau projet ne partait pas vainqueur dans le cœur des fans. Le choix de se focaliser sur le chapitre du Sanctuaire, arc central de la saga – grand favori de ses admirateurs – et de resserrer son intrigue en 1H30 n’a rien fait pour rassurer. Délicat de compiler 12 tomes, soit 80 épisodes de la série, en si peu de temps, surtout au regard du background conséquent de l’histoire et de ses origines. Il faut toutefois avouer que les scénaristes s’en sortent avec brio en proposant une intrigue simple et directe, à même de faire adhérer un jeune public au monde des Chevaliers du Zodiaque. Pas sans toutefois sacrifier au passage la majeure partie de l’essence de la saga initiale.

 

Les Chevaliers du Zodiaque - La Légende du Sanctuaire

Les Chevaliers du Zodiaque – La Légende du Sanctuaire

 

Une adaptation se doit de trier le bon grain de l’ivraie sans jamais perdre de vue le propos et l’essence même de ce dont il s’inspire. Or, les Chevaliers du Zodiaque a toujours été une grande histoire tragique, pleine de personnages troublés en proie à un passé douloureux d’orphelins, forcés de se battre dès leur plus jeune âge. Du pain béni pour un scénariste. Mais cette adaptation de Saint Seiya ne joue pas sur cette corde sensible, qui a pourtant marqué les spectateurs et justifié sa pérennité toujours si vivace dans la culture populaire japonaise et internationale. Ici, les protagonistes ne sont réduits qu’à de simples archétypes et faire-valoir manichéens au service de combats aussi dantesques qu’impressionnants. Aucune trace de background ou du passé. Le héros, Seiya, Chevalier Pégase, est un personnage têtu et remuant, qui sera le centre d’attention du spectateur. Les quatre autres chevaliers emblématiques qui l’accompagnent, sont malheureusement réduits à de légères saynètes expédiées en une minute et à des lieux de leur psychologie initiale. Adieu donc, la folie destructrice du chevalier Ikki du Phénix, au complexe d’Oedipe du chevalier Hyoga du Cygne ou les dilemmes moraux du chevalier Shun d’Andromède. Chacun aura un petit instant de gloire éphémère avant de se retrouver au rang banal de personnage non-jouable d’un jeu vidéo quelconque.

 

Ce qui laisse un goût amer pour un initié peut toutefois s’avérer très subtil pour un néophyte. Ou pas. Car Les Chevaliers du Zodiaque – La Légende du Sanctuaire ne fait pas dans la subtilité. Le background vite expédié, le reste du film se contente d’enchaîner des saynètes et des combats, certes, brillamment mis en images et réalisés, mais sans saveur autre que purement graphique. Et sa durée relativement courte n’aide en rien, bien qu’elle ne puisse pas être seule mise en cause. Impossible donc de sympathiser avec un personnage en particulier, d’autant que pour un public peu habitué aux tics de « jeu » typique des animés japonais, l’exagération verbale et gestuelle de certains protagonistes, Seiya en tête, s’avère vite usant.

 

Les Chevaliers du Zodiaque - La Legende du Sanctuaire

Les Chevaliers du Zodiaque – La Legende du Sanctuaire

 

Le film n’est pourtant pas dénué d’un certain humour. On repense avec amusement à la façon dont Shiryu, Chevalier du Dragon, énumère avec gravité les douze maisons du zodiaque que les cinq héros doivent traverser avant qu’un Seiya, excédé, ne brise le quatrième mur pour se plaindre de la longueur de son pompeux monologue. Ou encore une saynète – particulièrement bizarre, par ailleurs – où le Chevalier d’or du Cancer est présenté façon comédie musicale d’opérette, rappelant la chanson d’Oogie Boogie dans L’Etrange Noël de Monsieur Jack d’Henry Selick. Un interlude grotesque qui nous fait nous interroger quant à la nature même de l’adaptation, ayant pour vocation de faire découvrir la saga à la nouvelle génération.

 

Si l’histoire pèche donc par son infantilisation, le graphisme et l’animation brillent par leur grandeur. Le film est très beau. Les combats et les animations sont menés de main de maître, rendant certains combats absolument titanesques. La réappropriation de certains éléments cultes de l’univers de Saint Seiya, comme le Sanctuaire ou les armures, revues et corrigées, sans jamais trahir leur fonction et apparence d’origine, sont impressionnants. Rendues plus modernes, ces dernières parviennent à posséder une réelle personnalité, bien que l’on sente clairement l’influence de l’armure d’Iron Man ou des Autobots de Transformers sur leur design définitif. Les personnages aussi sont dépoussiérés, pas toujours finement mais intelligemment. L’influence du personnage de Jack Sparrow des Pirates des Caraïbes sur le design du Chevalier du Cancer semble si évident que cela vire au plagiat. Mais le choix de doter Mu Du Bélier d’une paire de lunettes, ou plus fort encore, de transformer Milo du Scorpion en femme, apportent une aura supplémentaire et bienvenue à des personnages, dont le temps de présence reste extrêmement minimisé. Le build-up au cours du film tombe ainsi très vite à l’eau.

 

Les Chevaliers du Zodiaque - La Legende du Sanctuaire

Les Chevaliers du Zodiaque – La Legende du Sanctuaire

 

Et que penser du gâchis du Chevalier des Poissons, littéralement sacrifié, ou la totale absence du Chevalier de la Balance ? Toutes ces négligences se concluent en sus dans un ultime combat hors de propos avec un twist cliché, qui aurait trouvé davantage sa place dans une cinématique d’un jeu épique type Final Fantasy. La comparaison avec un jeu vidéo dans cette tentative d’adaptation n’est pas fortuite. Le film ne peut que se targuer de nous mener d’un niveau à l’autre, sans logique particulière. L’animation est pourtant le format rêvé pour narrer des combats épiques de la saga. Mais le simple chapitre du Sanctuaire aurait mérité à lui seul une longue et intense trilogie qu’un réalisateur comme Peter Jackson aurait pondu sans compromis. Les Chevaliers du Zodiaque – La légende du Sanctuaire est ainsi vain à conter. Reste donc un divertissement pour le jeune public, et une déception pour la vaste fan-base de Saint Seiya qui retournera illico se consoler vers le média originel.

 

Arnold Petit

 

 

  • LES CHEVALIERS DU ZODIAQUE – LA LÉGENDE DU SANCTUAIRE (Saint Seiya – Legend of Sanctuary) réalisé par Keiichi Sato en salles le 25 Février 2015.
  • Avec les voix de : Nobuhiko Okamoto, Kenji Nojima, Rikiya Koyama, Mitsuaki Madono, Daisuke Namikawa, Hiroaki Hirata, Mitsuru Miyamoto, Masumi Asano…
  • Scénario : Chihiro Suzuki et Tomohiro Suzuki d’après le manga de Masami Kurumada
  • Production : Yosuke Asama et Masami Kurumada (Producteur délégué en chef)
  • Direction Artistique : Kôzô Morishita
  • Character Design : Hiroshi Miyamoto
  • Musique : Yoshihiro Ike, Katie Fitzgerald, Yoschiki
  • Distribution : Wild Bunch
  • Durée :1h33

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