Synopsis : Des soldats atteints d’une mystérieuse maladie du sommeil sont transférés dans un hôpital provisoire installé dans une école abandonnée. Jenjira se porte volontaire pour s’occuper de Itt, un beau soldat auquel personne ne rend visite. Elle se lie d’amitié avec Keng, une jeune médium qui utilise ses pouvoirs pour aider les proches à communiquer avec les hommes endormis. Un jour, Jenjira trouve le journal intime de Itt, couvert d’écrits et de croquis étranges. Peut-être existe-t-il une connexion entre l’énigmatique syndrome des soldats et le site ancien mythique qui s’étend sous l’école ? La magie, la guérison, la romance et les rêves se mêlent sur la fragile route de Jenjira vers une conscience profonde d’elle-même et du monde qui l’entoure.

 

♥♥♥♥♥

 

Cemetery of Splendour - affiche

Cemetery of Splendour – affiche

Après sa palme d’or pour Oncle Boonmee, Weerasethakul revient cinq ans plus tard avec Cemetery Of Splendour, sélectionné cette fois dans la section Un Certain Regard. Une histoire mystique, qui ne déroge pas à la règle de l’univers du réalisateur thaïlandais. On suit Jenjira (Jenjira Pongbpas Widner) qui se lie d’affection avec le soldat Itt (Banlop Lomnoi), victime d’une sorte de narcolepsie avec une vingtaine d’autres militaires. Atmosphère comateuse, dimension mystique, trame sonore hors du temps, le spectateur adhère ou rejette. La mise en scène est contemplative, avec des plans fixes de plusieurs minutes. Aucune action physique mémorable, tout passe par le silence, les regards et la nature qui occupe une place déterminante. L’hôpital de fortune dans lequel se déroule l’action est l’un des seuls monuments que l’on voit à l’écran. Si les personnages dialoguent, ce qui prime c’est bel et bien le langage des corps. Les gestuelles sont toujours aussi appuyées dans une retenue irréelle. Le temps semble s’être arrêté et la civilisation devenue une notion complètement révolue. Jenjira rencontre ensuite Keng (Jarinpattra Rueangram), une medium qui arrive à parler avec les hommes endormis. Tour à tour drôle, inquiétant et fascinant, il est bien question de splendeur comme son titre l’indique. On y croise des fantômes, des déesses et l’on apprend que l’hôpital a été construit sur un cimetière de rois et que leurs esprits s’abreuvent de l’énergie des soldats pour continuer à mener des guerres métaphysiques. Les protagonistes sont mystérieux, mais on peut deviner leurs intentions et leur manque d’amour. Au travers d’un regard, une main tendue, des figures de style comme la pieta, le temps passe bizarrement mais émeut. La photographie généralement minimaliste a parfois des tendances baroques qui renvoient directement à Suspiria et ONLY GOD FORGIVES (notre critique), notamment lors de la scène des chambres, plan fixe fantasmagorique de deux minutes. Le final est à l’image du réalisateur, une séquence absurde finit de plonger les lois narratives dans un chaos poétique. Ainsi, Cemetery of Splendour est un film riche, à clefs, qui n’expliquera jamais rien au spectateur qui rentrera (ou pas) dans cette dimension particulière où les protagonistes sont confrontés à eux-mêmes dans une quête intérieure extatique.

 

 

 

  • CEMETERY OF SPLENDOUR (Rak Ti Khon Kaen) écrit et réalisé par Apichatpong Weerasethakul en salles le 2 septembre 2015.
  • Avec : Jenjira Pongbpas Widner, Jarrinpatra Rueangram, Banlop Lomnoi…
  • Production : Charles de Meaux, Simon Field, Hans W. Geissendörfer, Keith Griffiths, Michael Weber, Apichatpong Weerasethakul…
  • Photographie : Diego Garcia
  • Montage : Lee Chatametikool
  • Durée : 2h02
  • Distribution : Pyramide

. 

A la Une

Eva Marie Saint, doyenne oscarisée des égéries hitchcockiennes, s’en est allée à l’âge de 102 ans

Légende de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, l’incarnation de la “blonde glaciale” s’est éteinte hier au terme de sept décennies… Lire la suite >>

Expo / Marie-Antoinette de Sofia Coppola à Versailles : dans les coulisses d’un film devenu culte

À l’occasion des vingt ans de Marie-Antoinette, le château de Versailles ouvre les portes des coulisses du film de Sofia… Lire la suite >>

Oscars 2027 :  Minotaure d’Andreï Zviaguintsev choisi pour la représenter la France

Réalisé par le Russe Andreï Zviaguintsev et financé par des producteurs français, ce long-métrage engagé ancré dans la Russie contemporaine… Lire la suite >>

Catherine Ringer, voix déjantée des Rita Mitsouko, nous quitte à l’âge de 68 ans

“C’est la mort qui l’a assassinée.” Près de vingt ans après la disparition du guitariste Fred Chichin, son compagnon à… Lire la suite >>

I Play Rocky : une affiche triomphante pour la chronique biographique de la genèse contrariée du film de boxe culte par Peter Farrelly

Ovationnée lors de sa projection en avant-première au Festival International du Film de Toronto (TIFF), la success story entreprend son… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 HEART OF THE BEAST 502 865 1 502 865
2 RESIDENT EVIL 248 732 2 621 548
3 AVENGERS : ENDGAME EXTENDED 220 616 1 220 616
4 GARANCE 214 952 1 214 952
5 JUSTIN LE JUSTE 98 915 1 98 915
6 TOMBE DU CIEL 91 088 7 2 177 990
7 PRIMETIME 78 214 1 78 214
8 SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY 76 403 9 8 388 607
9 L'ODYSSEE 76 278 11 8 012 314
10 LA VIE D'UNE FEMME 69 054 3 330 500

Source: CBO Box office

Nos Podcasts