Sortie DVD/ Buck Rogers au 25ème siècle (L’intégrale): critique

Publié par Thierry Carteret le 25 février 2016

Synopsis : En 1987, la NASA lance le dernier de ses grands vaisseaux spatiaux. Pris dans une tempête cosmique, le capitaine William Buck Rogers est dévié de sa trajectoire, et se retrouve cryogénisé. À son réveil et retour sur Terre 500 ans plus tard, Buck Rogers découvre un monde qui a complètement changé. Une explosion nucléaire datant de 1987 a en effet bouleversé l’ordre mondial. Les survivants habitent la cité du « New Chicago ». Très vite, Buck Rogers va mettre ses savoirs aux services de la défense directoriale de la Terre.

 

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Buck Rogers au 25eme siecle - couverture

Buck Rogers au 25eme siecle – couverture

L’éditeur Elephant Films nous gâte une nouvelle fois en sortant l’intégrale de la série culte Buck Rogers au 25ème siècle en coffret 12 DVD, disponible depuis le 20 janvier dernier, et dans une édition remasterisée en haute définition. Au départ, Anthony Rogers est un célèbre personnage de serial, créé par Philip Francis Nowlan, qui voit le jour en 1928 dans une nouvelle publiée dans le pulp Amazing Stories. Il est ensuite rebaptisé Buck Rogers pour devenir le premier héros de science-fiction de l’histoire de la bande dessinée. Après une première adaptation signée Ford Beebe et Saul A. Goodkind sous la forme d’un serial en 1939 (avec Buster Crabbe) et d’une série TV en 1950, filmée en direct pour la télévision, les producteurs Glen A. Larson (Battlestar Galactica, Knight Rider) et Leslie Stevens (créateur de Au-delà du réel) s’emparent de ce héros pour proposer un pilote. Réalisé par Daniel Haller (ManimalTonnerre mécaniqueK2000), il sort au cinéma en 1979. La série TV est lancée la même année. Le pitch ? Buck Rogers, astronaute de la Nasa, est projeté dans le futur à la suite d’une avarie lors de sa dernière mission dans l’espace. Son retour sur Terre, 500 ans plus tard, donne lieu à un choc de culture et de civilisation entre le héros perdu dans le temps et les Terriens du XXVe siècle. Conservant intacts son humour et sa décontraction, Buck Rogers balance des répliques au second degré, provoquant ainsi la curiosité amusée de ses nouveaux amis qui le voient comme un étranger bizarre et décalé, tout en ayant fort à faire avec des adversaires et des péripéties jamais ennuyeuses. Séducteur invétéré, il croise dans ses aventures des amazones sexy qui lui mènent parfois la vie dure, comme la princesse Ardala, présente dans le pilote (Awakening) et deux autres épisodes (Un amour de princesseLa Sorcière de la guerre).

 

Buck RogersBuck RogersBuck RogersBuck Rogers

 

À ses côtés, gravitent des personnages attachants comme le robot Twiki. Il est physiquement joué par l’artiste de cirque de petite taille, Felix Silla, et sa voix est celle de Mel Blanc, qui n’est autre que l’incarnation vocale des héros des cartoons de Tex Avery, Warner Bros et Hanna-Barbera. Twiki est inséparable du Dr. Theopolis (cerveau-artificiel en forme de « boîte » lumineuse), et il est même au centre de l’épisode Twiki a disparu, dans lequel un responsable d’une mine spatiale s’en empare pour en faire le modèle de remplacement de ses ouvriers. Buck Rogers peut également compter sur l’aide du Dr. Elias Huer (Tim O’Connor) et de la sculpturale colonelle Wilma Deering (Erin Gray), avec laquelle il doit rapidement collaborer au sein d’une lutte pour la défense de la Terre. Wilma apparaît comme une jeune femme moderne, forte et indépendante – représentation féministe assez rare dans les séries de l’époque. Elle entretient un lien proche et platonique avec Buck, malgré une certaine tension sexuelle dans l’épisode-pilote. Elle est en quelque sorte son alter ego féminin. L’émotion est même au rendez-vous dans l’excellent épisode final en deux parties de la saison 1, La Sorcière de la guerre, où Wilma exprime pour la première fois son profond attachement à Buck, avec la peur de le perdre à jamais. Le chapitre Jennifer – qui voit Buck croiser le sosie de son ex – est lui empreint d’une mélancolie contrastant avec la dimension globalement humoristique de cette première saison. Il annonce d’ailleurs un changement de ton radical dans la seconde salve, en même temps que celui de l’équipe scénaristique et artistique.

 

Cette nouvelle saison (inédite chez nous avant que Série Club ne la diffuse en 2001) propose des intrigues plus fouillées, avec de nouveaux rôles, comme Hawk (Thom Christopher). Ce personnage mi-homme/mi-faucon, au costume et maquillage improbables, est le « méchant » du premier segment en deux parties de la saison 2, Le Temps du faucon. Hawk devient l’ami et allié de Buck par la suite. Avec cette première intrigue sur fond pacifiste, la série s’oriente vers des histoires où Buck Rogers apparaît plus grave que dans la saison 1. L’équipage du vaisseau « Searcher », conduit par l’amiral Asimov (Jay Garner), voyage à présent aux confins de l’espace à la recherche des survivants de l’holocauste nucléaire qui prend des allures de Star Trek. Si Buck peut compter sur la présence de Wilma, toujours à ses côtés mais de façon plus discrète, Twiki s’efface quasiment au détriment du robot plus sérieux Crichton (nom donné en hommage à l’auteur de La Variété Andromède et de Jurassic Park), créé par le docteur Goodfellow, joué par le vétéran Wilfred Hyde White (Le Troisième Homme). La saison 2 a tendance à s’essouffler sur la fin, avec deux épisodes à la narration faible (Le satyreShgoratchx!). Heureusement, la série se conclut de manière remarquable grâce à La Main de GoralLe Témoignage d’un traître et Le Secret Dorian, qui sont sans doute les meilleurs volets.

 

Buck RogersBuck RogersBuck RogersBuck Rogers

 

Si la réussite de Buck Rogers au 25ème siècle vient de son astucieux mélange entre aventures spatiales et futuristes, décors kitsch et humour second degré, c’est aussi grâce à la présence de nombreux guests. On peut notamment y découvrir Jack Palance et Roddy McDowall (La Montagne du sorcier), Richard Lynch et Cesar Romero (Le Paradis du jeu), Frank Gorshin (La Légion noire), Peter Graves et Woody Strode (Alerte au gaz), Vera Miles (La Sorcière de la guerre), Gary Coleman (Le SurdouéUne bombe pour Buck) William Smith (Duel à mort pour Buck), Henry Silva (le pilote Awakening) ou encore Jamie Lee Curtis (Les Évadés du puits d’enfer). Notons que Buster Crabbe, qui incarnait Buck Rogers en 1939, fait une apparition clin d’œil dans La Montagne du sorcier. La série a été produite deux ans après le succès phénoménal de La Guerre des Étoiles en 1977 : l’influence forte du space opera de George Lucas est évidente. Bien sûr, les effets spéciaux sont datés aujourd’hui, mais le grand soin apporté aux maquettes des vaisseaux, aux décors et aux costumes demeurent le point fort de la série. Revoir aujourd’hui l’intégralité de Buck Rogers au 25ème siècle est un cadeau inestimable pour les fans et autres amateurs d’aventure et de science-fiction vintage.

 

 

DVD : La série est proposée dans son format originel 1.33 ; la qualité de l’image et du son s’avère excellente de netteté et de précision pour cette époque. Si on peut cependant regretter qu’elle ne soit pas disponible en Blu-ray, le plaisir de revoir cette série dans de telles conditions ne saurait souffrir de cette perte. La saison 2 – à l’instar des derniers épisodes de la saison 1 – est seulement proposée en version originale sous-titrée, n’ayant jamais bénéficié du doublage français, pourtant excellent dans la première saison, avec la voix de Dominique Paturel pour Gil Gerard, l’interprète de William « Buck » Rogers. Côté bonus, le dernier disque offre une version longue inédite de l’épisode-pilote et un entretien, Les Futurs de Buck Rogers, de près d’une trentaine de minutes en deux parties avec Alain Carrazé. Le spécialiste des séries livre une multitude d’anecdotes très intéressantes. L’édition s’achève avec un livret-guide des épisodes de 32 pages, préfacé par le rédacteur en chef de Comic Box, Xavier Fournier.

 

 

 

  • Série américaine BUCK ROGERS AU 25ÈME SIÈCLE (Buck Rogers in the 25th Century), créée par Glen A. Larson, disponible en coffret DVD (L’intégrale saison 1 et 2 de 1979 à 1981, avec 37 épisodes remasterisés en haute définition) depuis le 20 janvier 2016.
  • Avec : Gil Gerard, Erin Gray, Mel Blanc, Felix Silla, Wilfrid Hyde-White, Tim O’Connor, Eric Server, Thom Christopher, Jay Garner, Paul Carr…
  • Production : Glen A. Larson, Richard Caffey, David J. O’Connell, Jock Gaynor, John G. Stephens.
  • Edition : Elephant Films
  • Tarif : 50 €
  • Durée : 1 épisodes de 100 mn + 5 épisodes de 90 mn + 25 épisodes de 46 mn
  • Diffusion initiale : le 20 septembre 1979 sur NBC, le 24 octobre 1983 sur TF1

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Source: CBO Box office

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