Résumé : Dans toute son œuvre Fellini élabore un jeu de miroirs complexe à la fois pour comprendre comment se construit la réalité de l’homme et pour réfléchir sur le processus créatif, et il ne cesse de répéter que le cinéma est un art de la mémoire. Une mémoire personnelle, souvent mêlée à un sentiment nostalgique, où s’établit un rapport particulier entre souvenirs réels et souvenirs inventés et où est questionnée la problématique de la représentation de la réalité, réalité qui semble impossible à dire et qui doit être recréée par l’imaginaire. Une mémoire aussi qui raconte l’histoire de l’Italie, de l’être humain, du cinéma et qui critique la société moderne, où l’empreinte nostalgique devient de plus en plus forte et où la prise de conscience qu’il n’y a pas de retour possible se fait plus vive. La nostalgie prend alors une dimension plus universelle, où la question du temps devient primordiale et où le mouvement entre les différents temps passé, présent et futur accompagne et renforce le mouvement entre réalité et imaginaire. Cette étude tente d’analyser ces nostalgies et leurs représentations dans l’univers complexe du réalisateur.

♥♥♥♥♥

 

La Nostalgie chez Federico Fellini - couverture

La Nostalgie chez Federico Fellini – couverture

La campagne de La Strada (1954), la plage clôturant La Dolce vita (1960) ou encore l’embouteillage ouvrant Huit et demi (1963), autant d’images qui ont marqué la mémoire de nombreux spectateurs. Sans nul doute, le cinéma de Fellini a à voir avec le temps. Temps qui passe et qui revient, temps qui file et défile au gré d’un rythme inconstant. Voilà ce qui constitue le postulat de base du bel essai de Véronique Van Geluwe, passionnée de cinéma, traductrice-adaptatrice cinématographique et professeure d’italien. La nostalgie ou ce temps indécis, conditionné par la personnalité changeante de chacun. Celle de l’auteure se veut précise et méticuleuse. Pour chronologique qu’elle soit, son étude ne cède rien à la synchronie. L’écriture s’attarde sur tel ou tel film, étaye ses arguments d’éléments formels, d’indices singuliers et révélateurs. La question temporelle invite à s’attarder sur les œuvres mêmes, tant celle-ci dépend du médium qui les a fait naître. Second apport appréciable de l’ouvrage : offrir à la matière sonore une place de choix – qu’elle relève de la musique, de la voix ou du bruitage. Fait encore rare dans le cadre des études monographiques. On retient particulièrement l’excellente partie consacrée au baroque, à cet art de la boursouflure et de l’excès, porteur d’un temps qui déborde le présent pour tisser des liens entre passé et futur. L’auteure parvient ici à pointer les spécificités du cinéma fellinien, artiste de la caricature et de la poésie. Jankélévitch, Leibniz ou Deleuze convoquent certains arrêts sur images : le temps s’autonomise et permet d’ouvrir de nouvelles perspectives. Telle composition renvoie à une toile de Van Gogh, tandis qu’une autre sert le contexte socio-historique qui la sous-tend (objet de la dernière partie de l’ouvrage). Cependant, on regrette que La Strada et surtout Huit et demi n’occupent qu’une place mineure. Ce dernier aurait sans doute pu servir la thèse de l’essai ; la nostalgie n’est-elle pas ce temps (re)vu à travers le prisme d’une subjectivité ? Un temps pensé et défiguré ? Un temps tout simplement rêvé ? À méditer…

.

.

.

  • LA NOSTALGIE CHEZ FEDERICO FELLINI par Véronique Van Geluwe disponible aux Éditions LettMotif depuis le 23 mars 2016. Collection « Thèses/essais ».
  • 176 pages
  • Papier : 22 €
  • Numérique : 9,90 €

A la Une

Eva Marie Saint, doyenne oscarisée des égéries hitchcockiennes, s’en est allée à l’âge de 102 ans

Légende de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, l’incarnation de la “blonde glaciale” s’est éteinte hier au terme de sept décennies… Lire la suite >>

Expo / Marie-Antoinette de Sofia Coppola à Versailles : dans les coulisses d’un film devenu culte

À l’occasion des vingt ans de Marie-Antoinette, le château de Versailles ouvre les portes des coulisses du film de Sofia… Lire la suite >>

Oscars 2027 :  Minotaure d’Andreï Zviaguintsev choisi pour représenter la France

Réalisé par le Russe Andreï Zviaguintsev et financé par des producteurs français, ce long-métrage engagé ancré dans la Russie contemporaine… Lire la suite >>

Catherine Ringer, voix déjantée des Rita Mitsouko, nous quitte à l’âge de 68 ans

“C’est la mort qui l’a assassinée.” Près de vingt ans après la disparition du guitariste Fred Chichin, son compagnon à… Lire la suite >>

I Play Rocky : une affiche triomphante pour la chronique biographique de la genèse contrariée du film de boxe culte par Peter Farrelly

Ovationnée lors de sa projection en avant-première au Festival International du Film de Toronto (TIFF), la success story entreprend son… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 HEART OF THE BEAST 502 865 1 502 865
2 RESIDENT EVIL 248 732 2 621 548
3 AVENGERS : ENDGAME EXTENDED 220 616 1 220 616
4 GARANCE 214 952 1 214 952
5 JUSTIN LE JUSTE 98 915 1 98 915
6 TOMBE DU CIEL 91 088 7 2 177 990
7 PRIMETIME 78 214 1 78 214
8 SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY 76 403 9 8 388 607
9 L'ODYSSEE 76 278 11 8 012 314
10 LA VIE D'UNE FEMME 69 054 3 330 500

Source: CBO Box office

Nos Podcasts