Rogue One – A Star Wars Story de Gareth Edwards : critique pour

Publié par Yvan Lozac'hmeur le 18 décembre 2016

Synopsis : Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.

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Rogue One - A Star Wars Story - affiche

Rogue One – A Star Wars Story – affiche

Après de nombreux déboires entre réécriture, changement d’équipe et reshoots, Rogue One nous offre sans doute l’un des épisodes de Star Wars les plus saisissants depuis L’Empire contre-attaque. Une réussite que l’on doit malgré tout à son réalisateur, Gareth Edwards, qui a su se montrer résistant et endurant. L’épopée de cet équipage de fortune se distingue du reste des productions de la saga intergalactique par un univers plus sombre. Le manichéisme récurrent s’efface au profit d’une narration plus réaliste et ambivalente, rapprochant Rogue One du récit de guerre torturé. Mais notons d’abord qu’après l’absence de l’habituelle démarrage en fanfare du logo de la Fox depuis le rachat Disney, c’est au tour de l’iconique générique en ouverture de disparaître. Rogue One prive volontairement le spectateur de ce seuil d’entrée dans l’univers si particulier pour d’emblée mettre en avant son appartenance à la série de spin-off à venir. Rogue One puise finalement dans ce qu’il y a de meilleur chez ses prédécesseurs pour une recette plus moderne. Il expose les choix, les sacrifices, les actes de guerre de la rébellion et leurs conséquences. L’alliance se révèle sous un jour nouveau et l’héroïsme ne dissimule jamais les horreurs commises au nom d’une cause jugée juste. Pour faire passer ce changement d’atmosphère, certains gags, à l’efficacité certes inégale, temporisent le ton sombre du récit.

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Rogue One - A Star Wars Story

Rogue One – A Star Wars Story

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Niveau casting, Felicity Jones incarne une Jyn Erso à la fois entêtée, attachante et fédératrice. Elle campe une héroïne attachante qui tente de trouver sa voie malgré les désillusions. Enchaînée aux grands thèmes de la saga – père et destin -, Jyn doit faire face à son passé. De son côté, Diego Luna incarne un efficace Capitaine Cassian Andor qui impose une nouvelle identité de la rébellion. Le reste de l’équipage dépeint l’alliance telle qu’elle est : un conglomérat de révoltés et de dissidents construit sur les ruines des préceptes de la République, à l’organisation balbutiante et mus par une haine commune des répressions de l’Empire. Mads Mikkelsen en Galen Erso dévoile un personnage meurtri, résigné dans le sacrifice personnel et la perte supposée des siens. Le rythme de ses silences et la profondeur de ses regards imposent une figure clé du père et de son héritage, forgés par le destin qu’il appartient à sa descendance de transformer. Si le personnage de Forest Whitaker, Saw Gerrera, reste plus secondaire, celui de Ben Mendelsohn s’impose du côté obscur. Détestable à souhait dans la peau du directeur Krennic, il expose l’avidité et l’ambition qui modèlent les hauts officiers impériaux. Il éclipse sans mal un grand Moff Tarkin fait d’images de synthèses, pourtant impressionnant sur le plan technique. Quant à la figure mythique et incontournable du patriarche de la saga, Dark Vador, il fait de puissantes apparitions, très brèves mais intenses, transcendant une violence froide propre à la personnalité de l’effroyable Sith. Rogue One expose ainsi les forces et faiblesses de la rébellion dans la trilogie originelle. 

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Rogue One - A Star Wars StoryRogue One - A Star Wars StoryRogue One - A Star Wars StoryRogue One - A Star Wars Story

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La photographie de Greig Fraser renforce cette nouvelle vision plus bien froide et réaliste, avec une chromie qui reflète tout le courage qui submerge cet univers oppressé et en soulèvement. Quant à la mise en scène de Gareth Edwards, elle sait rester sobre, évitant l’écueil des séquences émotionnelles trop appuyées. Elle conserve d’ailleurs en partie le tonalité de la franchise, mais se montre également plus sèche et crue sur l’ambivalence de la résistance à travers des regards, des gestes, des détails. Certains plans et le rythme du montage offrent des séquences de combat au sol plus proches de Band of Brothers que de la bataille d’Endor. C’est l’un des points forts distinctifs de ce Rogue One en révolte. On est immergé dans les tranchées avec les rebelles, le souffle court, tandis qu’avancent l’armée impériale et ses blindés. Poussons l’analogie, les combats iconiques de L’Empire contre-attaque et du Retour du Jedi sont presque ici transcender grâce aux moyens technologiques actuels pour obtenir des duels aériens époustouflants. La partition de Michael Giacchino accentue l’ensemble et parvient à tracer la destinée de Jyn et de Cassian, offrant des arrangements inédits. Rogue One offre bien sûr quelques easter eggs pour les fans de la première heure, tout en réinterprétant de façon unique cet univers ancré dans la mémoire collective de la culture populaire. Que la force propulse donc cet opus à l’esthétique parfaite vers un succès mérité.

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>> La critique CONTRE de Rogue One <<

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  • ROGUE ONE –  A STAR WARS STORY réalisé par Gareth Edwards en salles depuis le 14 décembre 2016.
  • Avec : Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn, Mads Mikkelsen, Forest Whitaker, Donnie Yen, Jiang Wen, Alan Tudyk, Riz Ahmed…
  • Scénario : Chris Weitz, Tony Gilroy, Gary Whitt d’après les personnages créés par George Lucas
  • Production : Kathleen Kennedy, Simon Emanuel, Allison Sheamur.
  • Photographie : Greig Fraser.
  • Montage : Jabez Olssen.
  • Décors : Doug Chiang, Neil Lamont.
  • Costumes : David Crossman, Glyn Dillon.
  • Musique : Michael Giacchino d’après la partition de John Williams
  • Distribution : The Walt Disney Company France
  • Durée : 2h14

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