Résumé : En moins de quinze ans, J. J. Abrams s’est imposé comme l’une des figures phares d’Hollywood. Créateur de séries qui ont redéfini le genre (Alias, Lost et Fringe), réalisateur à la tête d’énormes franchises (Mission Impossible, Star Trek et Star Wars), et producteur de renom via sa société Bad Robot, il est devenu le nouvel homme-orchestre du cinéma américain, s’inscrivant ainsi dans la lignée de son mentor Steven Spielberg. Se distinguant par son désir de préserver l’équilibre entre la part de l’auteur et celle de l’entertainer, il s’assure que ses créations peuvent toucher le plus grand nombre tout en puisant constamment dans des thèmes qui lui sont chers. Son œuvre est traversée par l’idée fixe de la réinvention. Quels que soient les différents noms qu’on lui donne – reboot, remake, reprise, hommage –, il s’agit toujours pour lui d’interroger la question de l’héritage du cinéma. J. J. Abrams ou l’éternel recommencement explore à quel point l’histoire cinématographique est une boucle, et cherche à répondre à cette question : comment dépasser ses modèles tout en marchant dans leurs pas ?

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JJ Abrams eternel recommencement - Playlist Society

JJ Abrams ou l’éternel recommencement – Playlist Society

J.J. Abrams fait partie de ces nouveaux maîtres d’Hollywood dont on ne sait pas vraiment quoi penser. À son actif, la création de quelques séries-événements (Alias, Fringe et bien sûr Lost), la scénarisation, la production et la réalisation de blockbusters (Armageddon), et autres films franchisés (Star Trek, Star Wars, Mission impossible), mais aussi de films plus intimes et à l’esprit indépendant (Super 8). Il faut donc saluer l’entreprise d’Erwan Desbois, critique et membre du comité de rédaction du site Accreds, et de la maison d’édition Playlist Society, de nous permettre d’y voir plus clair au milieu de cet ensemble a priori disparate. Au coeur de l’oeuvre d’Abrams, l’idée d’un recommencement qui prend les allures d’un véritable déterminisme narratif et visuel. Celui-ci trouve son origine dans le concept du samsara bouddhiste que l’auteur définit comme « le cycle perpétuel des renaissances successives dans les rets duquel tous les êtres sont pris. ». De fait, le cinéma d’Abrams se voit pris dans un jeu de dualités aux accents mythiques. À travers de nombreuses descriptions, Desbois analyse minutieusement les traits les plus saillants de cette thématique. La question du pouvoir et les limites de l’apparence, le rapport filial ou la relation plus ou moins consentie à la figure de l’altérité structurent cet essai qui s’attardent autant sur les films que sur les séries. Surtout, Desbois prend soin d’étudier chaque oeuvre au regard de son créateur. Au fil des pages se précise la figure d’un cinéaste marqué par l’héritage du Nouvel Hollywood, qui sut sortir de l’ombre de ses illustres mentors (Steven Spielberg, George Lucas) pour imposer son style au sein du système souvent répressif des majors. Si Abrams trouve en la télévision un espace de création propice à l’expérimentation, Desbois remarque brillamment que ses films sont tout autant porteurs de sa marque de fabrication. L’utilisation du hors-champ à des fins d’émancipation, ou l’emploi délibéré du faux-raccord comme moyen de désorientation accusent la présence d’un réalisateur qui n’a jamais cessé de creuser la matière de ses films, aussi formatés que ceux-ci puissent apparaître de prime abord. J.J. Abrams ou l’éternel recommencement se présente donc comme un essai essentiel pour qui s’intéresse de près ou de loin à l’un des plus dignes représentants du cinéma américain contemporain.

 

 

 

  • J.J. ABRAMS OU L’ÉTERNEL RECOMMENCEMENT
  • Auteur(s) : Erwan Desbois
  • Éditions : Playlist Society
  • Collection : Essai/Cinéma
  • Date de parution : 18 octobre 2017
  • Format : 128 pages
  • Tarif : 14 € (version papier) – 7 € (numérique)

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