Sortie DVD/ Le flingueur de Michael Winner : critique

Publié par Thierry Carteret le 13 novembre 2017

Synopsis : Tueur à gages méthodique, Arthur Bishop prépare chacun de ses contrats sans rien laisser au hasard. Ni plainte. Ni indice. Ni témoin. Lorsque l’«Organisation» lui demande d’exécuter son mentor, Bishop n’hésite pas. Pourtant, la lassitude le gagne. Souhaitant raccrocher, cet éternel solitaire prend sous son aile le fils de sa dernière victime et l’initie aux secrets du métier. Cette décision va lui réserver bien des surprises…

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Le Flingueur - The Mechanic de Michael Winner - jaquette

Le Flingueur – The Mechanic de Michael Winner – jaquette

Après Tuez Charley Varrick de Don Siegel, l’éditeur Wild Side gâte une nouvelle fois les fans de polar américain des années 70 en sortant Le Flingueur, l’un des meilleurs films de la collaboration Charles Bronson-Michael Winner. Et toujours dans une très belle édition combo Blu-ray/DVD/Livre disponible le 15 novembre. Ce film a eu droit à un pâle remake de 2011 avec Jason Statham. Initialement prévu pour le réalisateur culte Monte Hellman (Macadam à deux voies, The Shooting, L’ouragan de la vengeance) et après des mois de préparation, la production change et le projet arrive entre les mains de Michael Winner, sous la houlette de Chartoff/Winkler Productions et Carlino Production, nom des associés Robert Chartoff, Irvin Winkler et le scénariste Lewis John Carlino (L’opération diabolique). Le Flingueur s’ouvre sur une superbe séquence où l’on découvre le personnage de Arthur Bishop, tueur à gages méticuleux et taiseux, incarné par Charles Bronson. Ce dernier prépare un contrat avec précision. La séquence, longue et dépourvue de dialogue, renvoie au cinéma de Jean-Pierre Melville et particulièrement au chef-d’œuvre Le Samouraï (1967), avec Alain Delon. La référence n’est sans doute pas fortuite, car le personnage de tueur limite sociopathe qu’incarne ici Bronson est tout aussi solitaire et obsédé par l’accomplissement d’un travail au-delà de toute morale. Le titre original The Mechanic exprime encore mieux la personnalité de son héros, un tueur qui accomplit mécaniquement sa tâche, sans état d’âme ni affect, comme lorsqu’il doit éliminer par devoir son mentor Harry McKenna (Keenan Wynn).

 

Charles Bronson et Jan-Michael Vincent - Le Flingueur

Charles Bronson et Jan-Michael Vincent – Le Flingueur

 

Après son ouverture mémorable, soutenue par une partition musicale quasi conceptuelle de Jerry Fielding, Le Flingueur bifurque vers un récit d’initiation, avec l’arrivée du personnage de Steve McKenna, le fils de son mentor, joué par Jan-Michael Vincent (Big Wednesday, la série Supercopter), que le « vieux » tueur à gages de 44 ans (Bronson a en réalité 52 ans) va à son tour prendre sous son aile et l’initier à son métier. Entre les deux hommes va se jouer une relation ambiguë, où l’élève prend peu à peu la place du maître. Au départ, le scénario de Lewis John Carlino appuyait plus sur la relation homosexuelle des deux protagonistes (et certains plans sont d’ailleurs assez suggestifs), mais cette dimension a dû être atténuée avec le choix de Charles Bronson pour le rôle. Situé au début des années 70, l’opposition de deux générations est également l’occasion de brosser le portrait d’une époque et les changements de valeur de la société. Si Bishop est un tueur de sang froid, c’est aussi un homme figé dans les valeurs de l’ancien monde, et qui ne comprend plus les codes et les changements de son temps.

 

Charles Bronson - Le Flingueur

Charles Bronson – Le Flingueur

 

Enfermé dans une solitude et des habitudes maniaques, inapte à l’amour (la scène pathétique avec la prostituée), le personnage de Charles Bronson marque toute sa carrière par la suite et façonne l’image de l’acteur dans des rôles de plus en plus violents. C’est avec ce remarquable thriller que Bronson devient une icône du cinéma d’action. Ce que confirme Un justicier dans la ville réalisé l’année suivante toujours par Michael Winner, au succès phénoménal. Si le personnage de jeune loup, interprété par Jan-Michael Vincent, est intéressant, tout le charisme du film repose sur les épaules de Bronson, composant un personnage inoubliable, où son jeu subtil n’a pas besoin de dialogue pour s’exprimer. Côté seconds rôles, on retrouve donc Jill Ireland, compagne fidèle de Bronson à la ville, que l’acteur a imposé de force au producteur Robert Chartoff, menaçant de se retirer du projet si elle ne jouait pas à ses côtés. Jill Ireland n’a ici qu’une seule scène, mais elle se montre tout aussi convaincante que dans les autres films avec son mari, rappelant qu’elle est présente dans pratiquement toute la filmographie de Charles Bronson.

 

Le Flingueur demeure un classique du polar américain des années 70, doté de très bonnes scènes d’action, d’une séquence d’ouverture remarquable et d’un final mémorable. Il n’en fallait pas plus pour en faire une œuvre culte, à (re)découvrir prestement.

 

 

 

Le Flingueur - The Mechanic Charles Bronson - WildSide Video

Le Flingueur – The Mechanic Charles Bronson – WildSide Video

DVD : Si l’image et le son se révèlent de très bonne facture, pas de miracle cependant ; le film conserve son grain d’origine, les caractéristiques techniques de la pellicule de l’époque et la bande sonore dénuée de tout effet surround. Côté suppléments, le disque comprend deux documentaires. American Samouraï qui revient sur la collaboration Charles Bronson/ Michael Winner sous la forme d’un entretien de trente minutes avec Dwayne Epstein, historien et biographe de Bronson. Ensuite, Hired Hand : l’homme de main, d’une durée de dix minutes, qui donne la parole à Monte Hellman. Ce dernier raconte comment et pourquoi il aurait pu réaliser le film, une expérience qui reste visiblement un mauvais souvenir pour lui à cause de son échec. Enfin, l’édition propose un passionnant livret de 86 pages, accompagné de photos d’archives écrit par Samuel Blumenfeld.

 

 

 

  • LE FLINGUEUR (The Mechanic)
  • Sortie vidéo : 15 novembre 2017
  • Master restaurée HD
  • Format / Produit : Combo Blu-ray/DVD+Livret
  • Réalisation : Michael Winner
  • Avec : Charles Bronson, Jan-Michael Vincent, Keenan Wynn, Jill Ireland, Linda Ridgeway, Frank De Kova, Tak Kubota, Steve Cory, Lindsay Crosby, James Davidson…
  • Scénario : Lewis John Carlino
  • Production : Robert Chartoff, Irvin Winkler
  • Photographie : Richard H. Kline, Robert Paynter
  • Montage : Freddie Wilson, Michael Winner
  • Décors : Robert De Vestel
  • Costumes : Lambert Marks
  • Musique : Jerry Fielding
  • Édition vidéo : Wild Side Video
  • Tarif : 24,99 € (Combo)
  • Durée totale : 1h40
  • Sortie initiale : 17 novembre1972 (États-Unis) – 18 janvier 1973 (France)

 

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