Ralph 2.0 de Rich Moore et Phil Johnston : critique

Publié par Erica Farges le 11 février 2019

Synopsis : Ralph quitte l’univers des jeux d’arcade pour s’aventurer dans le monde sans limite d’Internet. La Toile va-t-elle résister à son légendaire talent de démolisseur ? Ralph et son amie Vanellope von Schweetz vont prendre tous les risques en s’aventurant dans l’étrange univers d’Internet à la recherche d’une pièce de rechange pour réparer la borne de Sugar Rush, le jeu vidéo dans lequel vit Vanellope. Rapidement dépassés par le monde qui les entoure, ils vont devoir demander de l’aide aux habitants d’Internet, les Netizens, afin de trouver leur chemin, et notamment à Yesss, l’algorithme principal, le cœur et l’âme du site créateur de tendances BuzzzTube…

♥♥♥♥

 

Ralph 2 0 - affiche

Ralph 2.0 – affiche

Six ans après le succès de Les Mondes de Ralph, premier long-métrage de Rich Moore, le réalisateur d’animation coréalise Ralph 2.0 avec le scénariste Phil Johnston. Au cours de leurs nouvelles péripéties, Ralph (John C. Reilly), l’anti-héros du jeu vidéo des années 1980 Fix it Felix Jr., et son adorable amie Vanellope (Sarah Silverman), princesse du royaume Sugar Rush, quittent la routine de la salle d’arcade Litwak pour s’aventurer dans l’immensité du Web. La saga qui s’était distinguée dès ses débuts en sortant du cadre traditionnel des productions faites par les studios Disney, réutilise avec cette suite inventive les références rétros du premier volet pour les confronter à celles associées à des technologies plus récentes. Ceci permet de multiples possibilités au niveau narratif ouvrant la voie à l’expression d’une riche créativité artistique à travers un univers beaucoup plus vaste. Outre la présence de personnages déjà familiers au public dès le commencement, le récit reprend dans le lieu de l’épisode précédent. C’est l’élément déclencheur, l’endommagement de la borne de Sugar Rush avec l’installation du Wi-Fi dans la salle d’arcade, qui propulse le duo vers une dimension totalement inédite pour eux, une mégalopole tentaculaire à plusieurs strates qui ne dort jamais : Internet. Espace infinie au design ultramoderne habité par des millions de cybériens et constamment visité par des internautes, ingénieusement représentés par des avatars, encore plus nombreux, ce décor brise totalement avec les codes vintage initiaux.

 

Ralph 20

Ralph 2.0

 

Ainsi, la narration classique sert la mise en place d’une atmosphère unique pleine d’inventivité. Le directeur artistique des environnements Matthias Lechner (Zootopia), a orienté son équipe pour réinventer les différents sites, réels ou inspirés de ceux qui existent vraiment, autour desquels s’organise ce macrocosme cybernautique en créant des visuels fidèles élaborés après une étude poussée des graphismes d’origine. Si certains peuvent y voir un acte marketing un peu trop insistant, cet aspect graphique est en fait un composant essentiel permettant d’ancrer le long-métrage dans le Net de notre époque. L’humour est très bien ficelé, s’appuyant sur un mélange de gags relatifs à la culture geek et une autodérision construite autour de références aux autres Disney. Cependant, bien que Ralph 2.0 s’inscrive définitivement dans le genre du film d’animation familial, ses plaisanteries à clins d’œil ne sont pas forcément compréhensibles pour les plus jeunes.

 

Ralph 20

Ralph 2.0

 

On salue également l’excellente bande originale composée par Henry Jackman (X-Men Le commencement, Kingsman, C’est la fin), compositeur du studio de musiques de films Remote Control Productions, et écrite par l’auteur oscarisé Alan Menken (La Belle et la Bête, La Petite Sirène, Aladdin) qui rythme les aventures de la petite demoiselle espiègle et du gentil colosse maladroit. Le résultat est un film d’animation en osmose avec sa BO, sans pour autant reposer totalement sur elle afin de trouver son allure.  Si, malgré les nombreux spectateurs, Les Mondes de Ralph avait parfois déçu par son intrigue traitée de manière trop superficielle, celle-ci est amplement approfondie dans ce nouvel épisode en prenant la forme d’un périple initiatique qui met à l’épreuve l’amitié des deux protagonistes. En introduisant dans le scénario des réactions totalement opposées de la part des héros à la découverte de ce nouveau monde, Ralph 2.0 propose une double lecture avec une réflexion assez intéressante sur notre rapport actuel à Internet tout en restant incontestablement un divertissement grand public.

 

 

 

  • RALPH 2.0 (Ralph Breaks the Internet)
  • Sortie salles : 13 février 2019
  • Réalisation : Rich Moore et Phil Johnston
  • Avec les voix françaises : François-Xavier Demaison, Dorothée Pousséo, Audrey Sourdive, Corinne Wellong, Donald Reignoux, Isabelle Desplantes, Benoît Brière, Xavier Fagnon, Patrice Melennec, Alexis Tomassian
  • Avec les voix américaines : John C. Reilly, Sarah Silverman, Gal Gadot, Taraji P. Henson, Jack McBrayer, Jane Lynch, Alan Tudyk, Alfred Molina, Ed O’Neill, Sean Giambrone
  • Scénario : Phil Johnston et Pamela Ribon
  • Production : Clark Spencer, Bradford Simonsen, John Lasseter
  • Photographie : Nathan Warner et Brian Leach
  • Direction artistique environnements : Matthias Lechner
  • Direction artistique personnages : Ami Thompson
  • Animation : Jeremy Spears
  • Montage : Jeremy Milton
  • Décors : Cory Loftis
  • Musique : Henry Jackman
  • Distribution : The Walt Disney Company France
  • Durée : 1h52

 

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Source: CBO Box office

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