Mea Culpa de Fred Cavayé: critique

Publié par Nathalie Dassa le 12 janvier 2014

Flics sur Toulon, Simon et Franck fêtent la fin d’une mission. De retour vers chez eux, ils percutent une voiture. Bilan : deux victimes dont un enfant. Franck est indemne. Simon, qui était au volant et alcoolisé, sort grièvement blessé. Il va tout perdre. Sa vie de famille. Son job de flic. Six ans plus tard, divorcé de sa femme Alice, Simon est devenu convoyeur de fonds et peine à tenir son rôle de père auprès de son fils Théo qui a désormais 9 ans. Franck, toujours flic, veille à distance sur lui. Lors d’une corrida, le petit Théo va être malgré lui le témoin d’un règlement de compte mafieux. Très vite, il fera l’objet de menaces. Simon va tout faire pour protéger son fils et retrouver ses poursuivants. Le duo avec Franck va au même moment se recomposer. Mais ce sera aussi pour eux l’occasion de revenir sur les zones d’ombre de leur passé commun.

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Mea Culpa afficheVoilà ce qui nous manquait en ce début d’année 2014 : un nouveau polar ultime et shooté à l’adrénaline par Fred Cavayé. Le talentueux cinéaste français revient avec un troisième long-métrage toujours tendu au cordeau dans lequel il réunit Vincent Lindon et Gilles Lellouche lesquels étaient les héros respectifs de Pour Elle en 2008 et d’A BOUT PORTANT (notre critique) en 2011. Mea Culpa est non seulement dans la même veine que ces prédécesseurs mais fait aussi partie de ces polars/thrillers nouvelles générations comme LA PROIE (notre critique), Le ConvoyeurL’ASSAUT (notre critique)36 quai des OrfèvresTaken ou encore le diptyque Mesrine pour ne citer que les plus illustres. Cependant l’avantage de Cavayé est qu’il affine ses talents de film en film, manipulant d’une main de maître tous les ingrédients notoires en réinventant avec brio les codes conventionnels de ce renouveau du cinéma d’action à la française menée tambour battant. Toujours accompagné de son coscénariste Guillaume Lemans, celui qui a eu raison de refuser de prendre les commandes du cinquième opus déplorable de la saga Die Hard, reste fidèle à ses préceptes cinématographiques. Il nous livre ici une intrigue toujours haletante, une action extrêmement physique, un rythme effréné et une psychologie des personnages bien centrée vers l’humain, mais il a su saupoudrer le tout d’un zeste d’humour extrêmement appréciable et qui fait tout le sel de cette nouvelle œuvre.

 

Mea Culpa Vincent Lindon et Gilles Lellouche

 

Pour Elle se concentrait sur un homme ordinaire qui met tout en oeuvre pour sauver sa femme, A BOUT PORTANT, digne des blockbusters US tels Jason Bourne, nous proposait le même canevas serré mais situé dans l’univers des flics/anti-flics bourré de testostérone, l’intrigue de Mea Culpa, qui semble de prime abord ultra balisée, se dévoile au fur et à mesure plus complexe avec un final saisissant. S’il s’agit avant tout de rédemption, les coauteurs questionnent aussi l’amitié et les apparences en suivant ces deux flics et pères, victimes d’un accident de voiture tragique, et la manière dont ils vont surmonter leurs blessures intérieures face à l’adversité. Ils installent au cœur de ce récit un double enjeu dans les relations : l’amitié complexe, incarné par ce duo d’acteurs qui fonctionne à merveille à l’écran, et le lien père-fils entre Vincent Lindon et le jeune et touchant Max Baissette de Malglaive.

 

Mea Culpa Max Baissette de Malglaive

 

Entre fusillade, cavalcade, courses-poursuites en voitures et sur rail et rebondissements à gogo, Cavayé n’offre aucun temps mort à ses personnages bien caractérisés, émouvants et empathiques. Car à l’instar de Pour Elle et d’A BOUT PORTANT, l’action ne distance jamais l’émotion ici. Le cinéaste maintient la barre toujours très haute dans cette volonté d’installer un équilibre entre l’audace de repousser les limites de ses héros et le plausible sans tomber dans l’invraisemblance poussive. Une invraisemblance savamment dosée que l’on accepte bien volontiers et même tout autant que du cinéma américain trop généreux en la matière. Si les séquences de flashbacks ont tendance néanmoins à réfréner le développement narratif, le montage toujours bien nerveux de Benjamin Weill (fidèle du cinéaste) joue pleinement sa carte s’alliant à la bande-son immersive de Cliff Martinez (DRIVE – notre critique) et à la photographie saillante et soignée de Danny Elsen (LA MARCHE – notre critique). Mea Culpa devient en fin de compte la résultante de ses deux précédents films. Ce n’est ni plus musclé ni plus effréné, c’est tout simplement mieux. A la fois mieux ficelé, maitrisé et plus abouti. Fred Cavayé fait ainsi un magistral mea culpa en transformant le cinéma d’action français en art majeur survitaminé.

 

 

 

MEA CULPA de Fred Cavayé en salles le 5 février avec Gilles Lellouche, Vincent Lindon, Nadine Labaki, Gilles Cohen, Max Baissette de Malglaive, Medi Sadoun, Velibor Topic, Cyril Lecomte. Scénario : Fred Cavayé, Guillaume Lemans. Photographie : Danny Elsen. Musique : Cliff Martinez. Costumes : Marie-Maure Lasson. Montage : Benjamin Weill. Décors : Philippe Chiffre. Distribution : Gaumont. Durée : 1h30.

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