Sortie DTV/ Discopath de Renaud Gauthier: critique

Publié par Thierry Carteret le 26 janvier 2015

Synopsis : Dans les années 1970, un jeune new-yorkais sans histoire se métamorphose en meurtrier lorsqu’il est exposé aux sonorités particulières d’une toute nouvelle musique : le disco. Incapable de contenir ses pulsions meurtrières, Duane Lewis devient malgré lui un dangereux serial killer en exil à Montréal.

 

♥♥♥♥♥

 

Discopath - affiche

Discopath – affiche

Premier long métrage à petit budget de Renaud Gauthier, Discopath arrive directement dans les bacs de notre contrée après s’être fait remarqué entre autres aux derniers festivals de Gérardmer et de Strasbourg. Le réalisateur canadien, venu de la pub et des clips, a puisé son inspiration dans le cinéma américain des années 1970-80 avec des œuvres comme Halloween, La course à la mort de l’an 2000 ou encore Black Dynamite, film hommage et parodique à la blaxploitation. Après avoir mis en scène quelques courts et une websérie remarquée L’inspecteur Bronco, sorte de mélange entre The Party de Blake Edwards et la saga James Bond, il livre aujourd’hui une série b trash et extrêmement sympathique. Discopath se situe à la croisée du slasher, de la comédie et du film musical tendance Saturday Night Fever. Loin d’être un simple hommage de cinéphile, il parvient à trouver un ton unique et un juste équilibre entre ces différents genres. Des séquences de pure comédie à celles glaçantes et sanglantes, le récit nous immerge ainsi dans la trajectoire meurtrière d’un jeune new-yorkais, incarné par Jérémie Earp-Lavergne, qui parvient à faire de son personnage une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde. Tantôt angélique, tantôt diabolique, il est en proie à des pulsions meurtrières dès qu’il entend des morceaux de disco, nouvelle tendance du genre. À ce titre, la bande musicale joue un rôle essentiel. Hormis des tubes de Kiss (I was made for loving you), Plastic Bertrand (Stop ou encore), Roni Griffith (Desire) ou Robert Charlebois (Discobol), le compositeur Bruce Cameron a su concevoir une partition à la fois entraînante et sombre. Son score s’inspire d’ailleurs assez fortement de celui de Giorgio Moroder (American Gigolo, Midnight Express, La Féline), en totale adéquation avec l’univers vintage et psychotronique du film.

 

Discopath de Renaud Gauthier

Discopath de Renaud Gauthier

 

L’intrigue offre en plus un étonnant choc des cultures et des langues, entre l’anglais et le québécois, dans le second acte dès l’arrivée des enquêteurs canadiens après la fuite de ce tueur psychopathe. Cette approche participe allègrement au décalage de l’action qui comporte de multiples passages à l’humour noir et très second degré, comme cette course-poursuite pour traquer le suspect où le convoi de voitures de la police pousse la sono disco à fond. La mise en scène de Renaud Gauthier est d’ailleurs très soignée, jusque dans le grain de l’image aux couleurs désaturées, sans effets de style Grindhouse excessifs, comme pourrait le faire Robert Rodriguez. Elle donne une belle patine rétro à l’ensemble, renforcé par les décors et les accessoires vintages choisis par le réalisateur lui-même. On salue enfin le travail artistique du maquilleur et spécialiste des effets spéciaux Rémy Couture sur la partie gore, proche de celui frontal de Tom Savini sur Maniac de William Lustig (1980). Au final, tout concourt à faire de Discopath une singulière première petite série b nostalgique aux grandes ambitions, à acquérir rapidement dans sa vidéothèque…

 

DVD/ Les bonus sont intéressants. On peut notamment découvrir un documentaire de 24 minutes avec des interviews et des extraits du tournage, et une lecture sur ordinateur composée d’extraits du storyboard en PDF et quatre titres de la bande originale en mp3.

 

 

 

  • DISCOPATH écrit et réalisé par Renaud Gauthier disponible directement en DVD et VOD le 3 Février 2015.
  • Avec : Jérémie Earp-Lavergne, Mathieu Lepage, Katherine Cleland, Pierre Lenoir, François Aubin, Catherine Antaki, Sandrine Bisson, Ingrid Falaise…
  • Photographie : John Londono.
  • Production : Renaud Gauthier, Sébastien Bouloc, Marie-Claude Lalonde.
  • Montage : Arthur Villers.
  • Musique : Bruce Cameron.
  • Directeur Artistique : Sylvain Lemaître
  • Costumes : Yola Van Leeuwenkamp
  • Editeur DVD : UFO Distribution.
  • Durée : 1h21


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