Télévision/ La Censure à Hollywood de Clara et Julia Kuperberg: critique

Publié par Laurianne de Casanove le 9 novembre 2015

Synopsis : Ce documentaire analyse l’évolution de la censure aux Etats-Unis. Si de 1930 à 1934, les films dits « Pré-Code » abordent ouvertement des thèmes comme l’adultère, l’homosexualité, la drogue ou encore le crime organisé, la mise en place du Code Hays change la donne. Chargé de préserver la moralité du monde du spectacle, le Sénateur Will Hays établit en effet une liste d’interdits auxquels les cinéastes doivent obéir. Désormais, seuls des standards de vie dits « moraux » doivent être présentés. ce film revisite plus d’un demi-siècle de censure dans le cinéma.

 

♥♥♥♥

 

Censure à Hollywood - affiche

Censure à Hollywood – affiche

L’âge d’or du cinéma hollywoodien est une source inépuisable d’inspiration pour Clara et Julia Kuperberg, réalisatrices et fondatrices de la société de production Wichita Films (notre interview). Après les récents LOS ANGELES – CITÉ DU FILM NOIR (notre critique) et THIS IS ORSON WELLES (notre critique), présenté à Cannes Classics de la dernière édition, les sœurs nous présentent aujourd’hui La Censure à Hollywood : de l’hyper sexualisation des films « pré-code » au Code Hays. Un documentaire drôle et passionnant qui sera diffusé le jeudi 3 décembre sur OCS Géants. À travers des images d’archives, des extraits de films et les témoignages de l’historien Thomas Doherty et du professeur d’université Craig Detweiler, ce reportage nous emmène 80 ans en arrière, dans les années 30. Une époque oubliée, où « les baisers excessifs ou lascifs, les caresses sensuelles, les positions ou gestes suggestifs ne devaient pas être montrés ». Cette liste d’interdits du code Hays nous fait toujours autant sourire, mais elle changea l’histoire du cinéma américain. Loin d’étouffer la créativité des réalisateurs, la censure a bien sûr stimulé leur imagination. Chaque film est ainsi une nouvelle occasion de tester la détermination et la sagacité des censeurs. Howard Hugues va jusqu’à faire du Code Hays un outil marketing ; le décolleté plongeant de Jane Russell sur l’affiche du Banni est ainsi pour lui un coup de publicité gratuit, qui lui garantit à coup sûr l’intérêt du public. Les commentaires universitaires, qui rythment ce documentaire, donnent un côté pédagogique indéniable. Mais si ces longs plans fixes, cet aspect didactique, peut parfois se révéler pesant, ici, il n’en est rien. Les intervenants choisis ont un talent rare, celui d’instruire tout en divertissant. À cela s’ajoute un montage dynamique, une musique particulièrement bien pensée et une photographie soignée, qui captent encore davantage l’attention du téléspectateur.

 

La Censure a HollywoodLa Censure a Hollywood

La Censure a HollywoodLa Censure a Hollywood

 

L’autre point fort de ce 52 minutes est son humour ; le travail de Clara et Julia Kuperberg fourmille d’anecdotes croustillantes. Ce reportage nous invite à lire entre les lignes : comment parler de sexe sans en parler ? Hitchcock est passé maître en la matière. Du bouchon de champagne qui saute au train qui entre dans un tunnel, le cinéaste britannique s’amuse et nous aussi. Métaphores, symboles phalliques, on suggère plus que l’on montre et chaque production se révèle plus riche et complexe que l’on ne l’aurait cru. Pouvait-on déceler par exemple qu’une canne échangée entre deux hommes laissent entendre bien plus qu’une simple relation amicale ? Les dialogues de films classiques prennent eux aussi, une toute autre dimension. Comme ce passage du Grand Sommeil où Lauren Bacall prévient Humphrey Bogart qu’elle n’est pas une fille facile mais qu’il suffit de demander, ce à quoi il répond l’air de ne pas y toucher : « je vous préviens, ça va être dur… ». Au final, ce documentaire nous en apprend beaucoup et la passion des sœurs Kuperberg pour le cinéma américain s’avère contagieuse. En regardant ce reportage, on a soudain envie de se replonger dans les grands classiques des années 40 et 50, non seulement par amour des films mais aussi pour le plaisir de découvrir certains non-dits qui nous avaient échappés.

 

 

 

  • LA CENSURE A HOLLYWOOD : de l’hyper sexualisation des films « pré-code » au Code Hays, écrit et réalisé par Clara et Julia Kuperberg, documentaire de 52 minutes diffusé sur OCS Géants le 3 décembre à 23h10 dans le cadre d’une soirée spéciale Censure à Hollywood diffusée dès 20h40.
  • Avec : Thomas Doherty, Craig Detweiler
  • Montage : Julia Kuperberg, Clara Kuperberg
  • Production : Wichita Films
  • Photographie et Son : Peter Krajewski, Mitch Espe
  • Mixage : Thierry Moizan
  • Distribution à l’étranger : Poorhouse International
  • Avec la participation de OCS et du CNC



Commentaires

A la Une

Bugonia : Yorgos Lanthimos, Emma Stone et Jesse Plemons de nouveau réunis

Le trio, actuellement en France pour la promotion de Kinds of Kindness, en compétition au 77e du festival de Cannes,… Lire la suite >>

The Ploughmen : Ed Harris va réaliser un film noir avec Owen Teague, Nick Nolte et Bill Murray

L’acteur et réalisateur adaptera le roman de Kim Zupan, avec Owen Teague, Nick Nolte et Bill Murray devant la caméra,… Lire la suite >>

Les Linceuls : Premier teaser pour le nouveau cauchemar de David Cronenberg

Présenté en compétition au festival de Cannes, le film met en scène Vincent Cassel et Diane Kruger dans un étrange… Lire la suite >>

Kathryn Bigelow s’associe à Netflix pour son prochain long-métrage

Les équipes de Netflix ont confirmé cette semaine lors de leur présentation aux annonceurs que la réalisatrice Kathryn Bigelow travaillait… Lire la suite >>

Barbarella : Edgar Wright en discussion pour réaliser le remake

Le réalisateur de Last Night in Soho, Baby Driver et Shaun of the Dead pourrait diriger cette nouvelle version, avec… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 UN P'TIT TRUC EN PLUS 1 310 277 3 3 433 739
2 LA PLANETE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME 633 463 2 1 566 193
3 BLUE & COMPAGNIE 284 442 2 737 655
4 LE DEUXIEME ACTE 242 657 1 242 657
5 BACK TO BLACK 115 316 4 960 934
6 THE FALL GUY 98 633 3 544 960
7 FRERES 81 369 4 584 559
8 LES INTRUS 80 889 1 80 889
9 LE TABLEAU VOLE 65 547 3 270 286
10 N'AVOUE JAMAIS 48 191 4 513 920

Source: CBO Box office

Nos Podcasts