Série/ Jessica Jones (saison 1): critique

Publié par Laurianne de Casanove le 16 décembre 2015

Synopsis : Jessica Jones a abandonné sa carrière de « super-héroïne » pour devenir détective privée. Hantée par son passé, elle vit recluse et enquête sur de sordides histoires d’adultère. Sa vie va changer le jour où un couple lui demande de retrouver leur fille. Cette affaire va la mener sur la piste de Kilgrave, l’homme qui avait abusé d’elle quelques années auparavant.

 

♥♥♥♥

 

Jessica Jones -affiche

Jessica Jones -affiche

Elle jure, boit, fume et s’envoie en l’air avec qui bon lui semble. Cette super-héroïne est terriblement humaine et c’est ce qui fait tout l’intérêt de la nouvelle création de Melissa Rosenberg, scénariste des Twilight ou de Dexter. Jessica Jones est d’abord une série policière. Bureau miteux et whisky bon marché, l’atmosphère et les décors rappellent les romans noirs des années 1930, et ces durs à cuire popularisés par Dashiell Hammett ou Raymond Chandler. La musique du générique, avec son refrain obsédant et sa montée en puissance, renvoie également à cet univers. Cette détective privée cynique a beau être dotée d’une force surhumaine, elle utilise rarement ses pouvoirs et ne cherche pas à sauver le monde ; une héroïne qui n’a donc rien d’héroïque, une femme moyenne. À tel point que le téléspectateur ressent d’emblée de l’empathie pour elle ; chose assez rare dans ce genre de séries. Ce sentiment est renforcé par le fait qu’une partie du récit s’accomplit en voix off et à la première personne. Nous sommes dans la tête de Jessica, nous partageons son intimité, et son histoire personnelle n’en est que plus brutale. Car cette série n’est pas seulement une enquête ou une vengeance. La violence faite aux femmes est au cœur du scénario. Kilgrave n’a pas uniquement manipulé Jones, il l’a violée, au sens propre comme au figuré. Si tout est suggéré, ce traumatisme est suffisamment palpable pour susciter chez nous un certain malaise. L’intrigue en devient prenante en dépit de quelques longueurs, car on regrette des digressions sur des personnages secondaires qui n’apportent rien à l’intrigue et cassent le rythme. Les scènes de sexe sont elles aussi moins réussies. La musique sirupeuse, qui les accompagne, les rend même un brin ridicule. Néanmoins, Jessica Jones est une excellente surprise, notamment grâce à David Tennant.

 

Krysten Ritter dans Jessica JonesKrysten Ritter dans Jessica JonesCarrie-Anne Moss et Krysten Ritter dans Jessica JonesDavid Tennant dans Jessica Jones

 

Dans le rôle de Kilgrave, criminel sadique et machiavélique, capable d’obtenir tout ce qu’il veut grâce à son irrésistible pouvoir de persuasion, l’acteur de Docteur Who et de BROADCHURCH (notre critique saison 1) est particulièrement impressionnant. Son jeu précis rend son personnage tantôt glaçant, tantôt touchant. Face à lui, Krysten Ritter (Breaking bad, Veronica Mars) lui donne parfaitement la réplique. L’autre point fort de Jessica Jones concerne sa mise en scène. Elle multiplie les contre-plongées, les gros plans et autres effets de style donnant à l’ensemble un aspect très graphique, fidèle à l’esthétique des comic books américains. Certains cadrages reproduisent d’ailleurs à l’identique les dessins d’Alias, la bande dessinée d’origine. On pense ici à la scène d’ouverture, où l’on voit un homme passer au travers de la porte vitrée du bureau de Jones. Cependant, la meilleure idée de Mélissa Rosenberg est sans doute de ne pas faire apparaître le méchant immédiatement. Dans les premiers épisodes, Kilgrave est une voix, une silhouette, un nom ; il est partout sans jamais être là. Un effet particulièrement réussi dans le deuxième épisode. Alors que Jessica pense à lui, elle aperçoit un cafard. L’homme devient l’insecte. Une métaphore soulignée par le mouvement de la caméra qui suit la blatte dans le tuyau d’évacuation du lavabo tandis que la jeune femme se demande comment son bourreau a pu échapper à la mort. Au final, malgré quelques défauts, la série tient totalement la route et rejoint les rangs des réussites Marvel, comme DAREDEVIL (notre critique). À l’heure où les super-héroïnes se multiplient, Jessica Jones sort ainsi admirablement son épingle du jeu et l’on attend avec impatience la saison 2.

 

 

  • Série américaine JESSICA JONES disponible sur Netflix depuis le 20 novembre 2015.
  • Créatrice : Melissa Rosenberg
  • Avec : Krysten Ritter, David Tennant, Mike Colter, Rachael Taylor, Carrie-Anne Moss, Erin Moriarty, Will Traval…
  • Scénario : Melissa Rosenberg, Scott Reynolds, Dana Baratta, Micah Schraft, Hilly Hicks Jr, Liz Friedman, Edward Ricourt, Jamie King, Jenna Reback.
  • Première saison de 13 épisodes de 46 à 55 minutes.

.

.

Commentaires

A la Une

Le Maestro Ennio Morricone nous quitte à 91 ans

Le compositeur italien principalement connu pour ses nombreuses musiques de film est décédé le 6 juillet 2020 des suites d’une… Lire la suite >>

Jurassic World 3 : Le trio Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum est de retour

Les trois héros de Jurassic Park vont à nouveau se confronter aux dinosaures génétiquement modifiés dans Jurassic World : Dominion, la… Lire la suite >>

The Old Guard : un premier trailer avec Charlize Theron et Matthias Schoenaerts en mercenaires immortels

La bande-annonce de l’adaptation de la BD The Old Guard dévoile un joli potentiel avec Charlize Theron en héroïne badass,… Lire la suite >>

Madres paralelas : Pedro Almodovar retrouve Penélope Cruz pour son prochain film

L’actrice et le réalisateur espagnol s’apprêtent à tourner leur huitième film ensemble, l’histoire de deux mères qui accouchent le même… Lire la suite >>

Margot Robbie, prochaine héroïne d’un nouveau Pirates des Caraïbes

L’interprète d’Harley Quinn a été choisie par Disney pour porter un nouveau film Pirates des Caraïbes. Celui-ci sera indépendant des… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 LA BONNE EPOUSE 167 748 16 380 533
2 DE GAULLE 100 544 17 716 749
3 L'OMBRE DE STALINE 67 452 2 84 880
4 EN AVANT 67 233 17 682 890
5 INVISIBLE MAN 43 494 18 672 280
6 THE DEMON INSIDE 39 963 2 50 232
7 FILLES DE JOIE 28 192 2 28 192
8 RADIOACTIVE 25 701 16 69 150
9 L'APPEL DE LA FORET 22 152 19 1 203 400
10 NOUS, LES CHIENS... 22 113 2 22 113

Source: CBO Box office

Nos Podcasts