Deauville 2016/ Transpecos de Greg Kwedar : critique

Publié par Antoine Gaudé le 8 septembre 2016

Synopsis : Dans un coin reculé du désert américain, trois agents de la police des frontières tiennent un poste de contrôle : Flores, qui a un véritable don pour prendre en chasse les véhicules suspects ; Davis, qui a rejoint la patrouille pour séduire les femmes et monter à cheval ; et Hobbs, un agent de la vieille école convaincu qu’un diplôme universitaire ne peut arrêter une balle. Le quotidien des trois hommes va basculer à tout jamais à l’occasion du contrôle de routine d’un véhicule suspect, qui mettra au jour les terribles secrets enfouis d’un poste frontière en apparence tranquille…

♥♥♥♥♥

 

Transpecos - affiche

Transpecos – affiche

Premier long-métrage de Greg Kwedar, Transpecos est un thriller de haute volée dans la veine de SICARIO (notre critique), présenté en compétition à Deauville. Dans le désert américain qui marque la frontière entre les États-Unis et le Mexique, trois agents de la police des frontières, appelés des US Borders, guettent et attendent le moindre véhicule à inspecter. Alors que tout semblait les amener à une journée lambda faite de rien, le trio se retrouve rapidement dépasser par une situation des plus dangereuses. Aux prises avec un puissant cartel de drogue, la lutte s’annonce déséquilibrée, et elle l’est de bout en bout. Malgré un rythme qui faiblit dans son dernier acte lié à une morale simpliste, Transpecos offre une ambiance suffocante et éreintante, renforcée par l’immensité des paysages désertés par l’humanité. L’imagerie du désert fait partie intégrante du film et commande littéralement l’action des personnages (la recherche des immigrés, du cartel, du lieu de rendez-vous, etc.). La caractérisation simpliste des trois policiers leur donne une densité archétypale des plus efficaces : Johnny Simmons, en rookie fragile de la bande, s’avère des plus convaincants. Ils n’ont finalement qu’un but élémentaire, celui d’aller d’un point A à un point B, puis à un point C, et ainsi de suite. Dans ce désert, loin de la ligne droite de la route en bitume, ils n’ont plus le contrôle des événements : le chasseur devient la proie et inversement. Ce changement de statut, cette vulnérabilité dont ils sont atteints, confère l’originalité du scénario de Transpecos. Ils ne peuvent plus rebrousser chemin et sont donc piégés dans cet enfer brûlant et désertique. Ironie du sort ou superstition chamanique, c’est l’enfant qu’il chassait au début du film qui devient leur point de non-retour, leur ultime défaillance, ou arrogance, d’être humain. La figure du flic-cowboy en prend ainsi pour son grade, la corruption y est évidemment pointée du doigt, mais c’est surtout l’insécurité dans laquelle sont laissés ces hommes qui laissent songeur. Forcément intimidé ou soudoyé par de puissants cartels, ils sont la première ligne du front et n’ont cependant aucune chance de lutter à armes égales contre leurs ennemis. Et lorsque la machine déraille, comme c’est le cas ici, ils n’ont que peu de chance de s’en sortir, du moins en vrai. Car dans le déroulement de l’intrigue, des facilités scénaristiques présentent une fin mielleuse qu’on préfère occulter pour cause de premier film. Pour le reste, Transpecos mérite le coup d’œil.

.

.

.

  • TRANSPECOS écrit et réalisé par Greg Kwedar ne dispose pas encore de date de sortie en salles.
  • Avec : Clifton Collins Jr., Gabriel Luna, Johnny Simmons, Lora Martinez Cunningham, Will Britain, Luis Bordonada, Alma Martinez…
  • Production : Greg Kwedar, Nancy Shafer
  • Photographie : Jeffrey Waldron
  • Montage : Alan Canant
  • Décors : Peter Benson
  • Musique : Aaron Dessner, Bryce Dessner
  • Durée : 1h26

.

A la Une

Eva Marie Saint, doyenne oscarisée des égéries hitchcockiennes, s’en est allée à l’âge de 102 ans

Légende de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, l’incarnation de la “blonde glaciale” s’est éteinte hier au terme de sept décennies… Lire la suite >>

Expo / Marie-Antoinette de Sofia Coppola à Versailles : dans les coulisses d’un film devenu culte

À l’occasion des vingt ans de Marie-Antoinette, le château de Versailles ouvre les portes des coulisses du film de Sofia… Lire la suite >>

Oscars 2027 :  Minotaure d’Andreï Zviaguintsev choisi pour la représenter la France

Réalisé par le Russe Andreï Zviaguintsev et financé par des producteurs français, ce long-métrage engagé ancré dans la Russie contemporaine… Lire la suite >>

Catherine Ringer, voix déjantée des Rita Mitsouko, nous quitte à l’âge de 68 ans

“C’est la mort qui l’a assassinée.” Près de vingt ans après la disparition du guitariste Fred Chichin, son compagnon à… Lire la suite >>

I Play Rocky : une affiche triomphante pour la chronique biographique de la genèse contrariée du film de boxe culte par Peter Farrelly

Ovationnée lors de sa projection en avant-première au Festival International du Film de Toronto (TIFF), la success story entreprend son… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 HEART OF THE BEAST 502 865 1 502 865
2 RESIDENT EVIL 248 732 2 621 548
3 AVENGERS : ENDGAME EXTENDED 220 616 1 220 616
4 GARANCE 214 952 1 214 952
5 JUSTIN LE JUSTE 98 915 1 98 915
6 TOMBE DU CIEL 91 088 7 2 177 990
7 PRIMETIME 78 214 1 78 214
8 SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY 76 403 9 8 388 607
9 L'ODYSSEE 76 278 11 8 012 314
10 LA VIE D'UNE FEMME 69 054 3 330 500

Source: CBO Box office

Nos Podcasts