Passengers de Morten Tyldum : critique

Publié par Yvan Lozac'hmeur le 30 décembre 2016

Synopsis : Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains…

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Passengers - affiche

Passengers – affiche

Après Imitation Game, un biopic réussi sur Alan Turing, Morten Tyldum change de registre et nous offre une sorte de space opera entre road-trip romantique et anticipation. Passengers est à la croisée des chemins entre Titanic et les histoires de Robinson Crusoé et de l’Arche de Noé, dans un écrin qui rappelle 2001, l’Odyssée de l’Espace. Véritable transposition de l’ile déserte moderne, cette romance dramatique nous entraîne dans la lente et froide dérive de l’Avalon, prison dorée de l’esseulé Jim Preston (Chris Pratt). Si les sociétés, à la tête des programmes de colonisation, sont traitées avec méfiance et défiance, la technologie revêt un statut plus trouble dans la psychologie des personnages. Elle n’est pas hostile comme l’ordinateur manipulateur de Kubrick, elle est ici digne de confiance. Le danger vient de l’incompréhension de ses créations par l’Homme. L’Avalon s’avère un personnage à part entière, à l’instar de l’immensité étoilée de l’espace. Cette mer de solitude retrouve ses couleurs d’océan, à la fois terrifiantes et poétiques, fatales et enjôleuses. C’est ce duo entre l’Avalon et le vide indompté qui permet au film de développer le huis clos romanesque en apesanteur où évoluent nos deux héros, qui se réveillent accidentellement de leur hibernation plus tôt que prévu, au beau milieu des 5 000 passagers endormis. Chris Pratt, fidèle à lui-même, imprègne son personnage d’un humour cocasse qui contraste avec la morosité de sa situation. Attachant malgré ses défauts, Jim Preston est à mi-chemin entre un Jack Dawson roturier, qui délaisse ici l’art pour la mécanique, et un Robinson Crusoé spatial. Jennifer Lawrence est quant à elle saisissante, voyage de l’Aurora envoûtante en tenue de soirée, à la rage et au désespoir face à son sort inextricable. Dans cet exercice périlleux du huis clos, la mise en scène de Morten Tyldum parvient à tirer son épingle du jeu. Il gère habilement les éléments qui ornent l’Avalon, de la romance naissante entre les personnages au montage qui ne se laisse pas ramollir par le poids de la solitude à bord du vaisseau. Cependant, la faiblesse de ce poétique voyage erratique vient des nombreuses péripéties et problématiques, qui perdent progressivement en crédibilité. Si les effets spéciaux sont impressionnants et l’univers graphique (décors et concepts épurés) et sonore (partition discrète) très réussi, le scénario de Jon Spaihts (première mouture de Prometheusse révèle bien trop limpide. Si l’ensemble se regarde sans déplaisir, la tonalité romantique bride quelque peu les enjeux qui auraient pu hisser cette oeuvre envoûtante et dépaysante à une autre dimension.

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  • PASSENGERS réalisé par Morten Tyldum en salles depuis le 28 décembre 2016.
  • Avec : Jennifer Lawrence, Chris Pratt, Michael Sheen, Laurence Fishburne, Andy Garcia…
  • Scénario : Jon Spaihts
  • Production : Stephen Hamel, Michael Maher, Ori Marmur, Neal H. Moritz.
  • Photographie : Rodrigo Prieto
  • Montage : Maryann Brandon
  • Décors : Gene Serdana
  • Costumes : Jany Temime
  • Musique : Thomas Newman
  • Distribution : Sony Pictures Releasing France
  • Durée : 1h57

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Source: CBO Box office

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