Synopsis : Domrémy, 1425. Jeannette n’est pas encore Jeanne d’Arc, mais à 8 ans elle veut déjà bouter les Anglais hors du royaume de France. Inspirée des écrits de Charles Péguy, la Jeannette de Bruno Dumont revisite les jeunes années d’une future sainte sous forme d’un film musical à la BO électro-pop-rock signée Gautier Serre, alias Igorrr et aux chorégraphies signées Philippe Decouflé.

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Jeannette - affiche

Jeannette – affiche

Le génie de Bruno Dumont dépasse largement sa soi-disant radicalité formelle ou narrative, son style épuré ou minimaliste, son humour, son sens du montage, de la rupture, de la composition, des tons et des couleurs… Et c’est peut-être avec Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, que l’on est en mesure de le saisir et de le sentir dans sa totalité. Dans le paysage du cinéma français, Dumont est un homme à part, unique à sa manière, comme Charles Péguy d’ailleurs dont il adapte ici l’œuvre. Cette rencontre, c’est avant tout celle de la modernité, si singulière au sein de leur art respectif, mais dont le dialogue semble aller de soi, et quel dialogue. En conservant le texte d’origine, mais en le récitant chanté, Dumont se place au-delà du créateur, du génie inventif, et devient un passeur, quelqu’un qui sait transmettre à son époque – celle du rap et du dab – le génie d’un autre artiste, tel un compagnon de route pour l’imaginaire, à un public, pourtant si farouche à l’idée de recevoir des propositions neuves, qui sortent de l’ordinaire, un peu folle, très loin des sentiers battus ; de ces films à scénario à la sur-visibilité, sur-lisibilité ou sur-écriture. Avec Jeannette, Dumont offre un moment singulier, de pure grâce, et, tout comme son héroïne, le film est éclatant, comme s’il en avait capté une partie. Dans ce seul et unique paysage champêtre, la jeunesse de Jeanne apparaît, dans sa simplicité, magique et mystique : elle chante, danse, traverse de petits ruisseaux pieds nus, parle de l’avenir de la France avec ses proches, mais aussi avec Dieu, Saint Michel et les autres. Divine, elle l’est certainement, tout comme ces deux jeunes comédiennes, mais chez Dumont, c’est bien l’imaginaire visuel qui est tout-puissant et qui retranscrit, ou plutôt affronte, l’imaginaire poétique de Péguy. Et que dire de la musique, ces sons « électro-pop-rock », euphorisants et cacophoniques qui, par moments, recouvre complètement les voix et leurs mots prenant ainsi le pas sur la valeur christique du texte pour exalter l’énergie et l’enthousiasme corporels de Jeanne ou la maladresse de son oncle. Et forcément, lorsque ce même oncle, tout droit sorti de Ma Loute, se lance dans un rap, de la Tecktonik et des dabs, on hallucine, rigole puis on rêve. Mais surtout, on réalise que la modernité de Péguy trouve dans les formes d’expressions musicales et corporelles contemporaines son plus bel écrin. Le cinéma de Dumont, c’est l’anomalie qui se fait art. Et c’est ce genre d’instants, dont le film regorge, qui donnent toute sa puissance mais surtout sa très grande nécessité dans un cinéma français parfois un peu moribond.

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  • JEANNETTE, L’ENFANCE DE JEANNE D’ARC 
  • Sortie salles : 6 septembre 2017
  • Réalisation : Bruno Dumont
  • Avec : Lise Leplat Prudhomme, Jeanne Voisin, Lucile Gauthier,Victoria Lefebvre, Aline Charles, Elise Charles…
  • Scénario : Bruno Dumont d’après l’œuvre de Charles Péguy
  • Production : Jean Bréhat
  • Photographie : Guillaume Deffontaines
  • Montage : Bruno Dumont, Basile Belkhiri
  • Musique : Igorrr
  • Distribution : Memento Films
  • Durée : 1h45

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