Ressortie/ Le jour où la terre s’arrêta de Robert Wise : critique

Publié par Thierry Carteret le 3 janvier 2018

Synopsis : Une soucoupe volante atterrit sur Terre. Alors qu’on les croyait hostiles, les extraterrestres sont en fait porteurs d’un message de paix pour l’humanité.

♥♥♥♥

 

Le jour ou la terre sarreta - affiche

Le jour où la terre s’arrêta – affiche

Splendor Films ressort ce 3 janvier Le jour où la terre s’arrêta de Robert Wise, derrière West Side Story, La canonnière du Yang-Tse, Star Trek Le filmLe mystère Andromède. Ce grand classique de la science-fiction de 1951 nous revient dans une version restaurée 4K flamboyante. Le jour où la terre s’arrêta conserve le charme vintage des œuvres de SF des années 50. Bien avant Rencontres du troisième type de Steven Spielberg, il est l’un des premiers films du genre à livrer un message pacifiste sur le thème de l’invasion extraterrestre. L’histoire raconte l’atterrissage d’une soucoupe volante sur Terre. À son bord, un être à l’apparence humanoïde nommé Klaatu et un robot semblant invincible du nom de Gort. L’arrivée de ces étrangers d’une autre planète est-il une menace ou au contraire un avertissement pour la race humaine ? Robert Wise y répond dès le départ en ne cachant pas l’intention bienveillante de Klaatu, qui est d’avertir l’humanité sur le danger d’un péril atomique imminent. Une mission dont le but est de sauvegarder l’équilibre de l’univers. À l’instar de La chose d’un autre monde (1951) de Christian Niby et Howard Hawks, autre grande œuvre de science-fiction post-Seconde Guerre mondiale, réalisés après le traumatisme des bombardements atomiques américains sur les villes de Hiroshima et Nagasaki, Le jour où la terre s’arrêta est une fable au message anti-nucléaire.

 

Le jour ou la terre sarreta

Michael Rennie – Le jour ou la terre s’arrêta

 

En adaptant la nouvelle de science-fiction Adieu au Maître de Harry Bates, Robert Wise livre une histoire qui frappe d’abord par sa grande simplicité, l’autorisant à être compris par les enfants et les adultes. Si les effets spéciaux sont très soignés (l’arrivée de la soucoupe volante et l’apparence des occupants), le réalisateur semble s’intéresser ici davantage à l’humain qu’à l’extraterrestre. D’ailleurs Klaatu, l’habitant d’un autre monde, a les caractères physiques d’un homme. Une apparence terrestre qui lui permet de se fondre dans la foule. Rien ne le distingue donc des êtres humains, mis à part une extrême longévité d’âge. C’est l’acteur Michael Rennie qui incarne cet être venu d’ailleurs à la fois inquiétant et rassurant. Alors inconnu lors du tournage, et repéré par le producteur exécutif Darryl F. Zanuck dans une pièce de théâtre à Londres, Michael Rennie apporte ce mélange d’étrangeté et de bonté nécessaire à son personnage, dont le rôle était prévu au départ pour le comédien britannique plus renommé Claude Raims (Casablanca, Les enchainés). Ce qui caractérise Klaatu, est qu’il est doté d’un QI extrêmement  supérieur. En témoigne la scène de sa confrontation avec le professeur Jacob Barnhardt (Sam Jaffe), un vieux savant qui rappelle fortement Albert Einstein.

 

Le jour ou la terre sarreta

Lock Martin et Michael Rennie – Le jour ou la terre s’arrêta

 

Le message que semble alors nous délivrer Le jour où la terre s’arrêta est que l’intelligence va de paire avec le sentiment pacifiste. La figure du robot Gort qui l’accompagne est aussi marquante, et la phrase « Klaatu barada nikto » qui permet de le neutraliser est restée célèbre. Gort cache derrière l’acteur Lock Martin, géant d’un mètre trente, seul capable d’endosser un costume lui autorisant très peu de mouvement. Ainsi, lorsqu’il porte dans ses bras l’actrice Patricia Neal (Le rebelle), celle-ci est en fait soutenue par des câbles. Patricia Neal incarne Helen Benson, jeune veuve et mère du petit Bobby (Billy Gray), un garçon de treize ans. Helen et Bobby symbolisent le bon versant de l’Humanité, contrairement au personnage de Tom Stevens (Hugh Marlowe), prétendant de Helen et arriviste égoïste. Son personnage apparaît volontairement comme le plus antipathique du long métrage ; le versant mauvais de l’humain. Il est d’ailleurs étonnant d’avoir voulu tisser une relation amoureuse entre Helen avec Tom plutôt qu’avec Klaatu, plus proche d’elle. Bien avant le magnifique Starman (1984) de John Carpenter, la relation d’une femme avec un extraterrestre aurait sans doute déstabilisé le spectateur de l’époque, et rendu l’histoire d’amour impossible. Wise évacue cette sous-intrigue au profit d’une amitié touchante, et quasi paternaliste, entre Klaatu et le petit Bobby. Cette dimension offre aussi une identification du jeune public avec l’un des personnages.

 

Le jour ou la terre sarreta

Patricia Neal – Le jour où la terre s’arrêta

 

Ce qui frappe dans le film est la grande authenticité des décors et des personnages. Les seuls éléments étranges sont ceux qui ont trait aux objets extraterrestres, encore que là aussi le choix a été vers la simplicité comme l’aspect lisse de l’engin spatial de Klaatu ou l’armure de métal indestructible du robot Gort. Robert Wise fût à ses débuts monteur puis chef monteur, notamment pour la RKO et Orson Welles sur Citizen Kane et La splendeur des Amberson. Cette expérience joue sans doute beaucoup sur le rythme ne souffrant d’aucun temps mort. Le jour où la terre s’arrêta est enfin illustré par la superbe musique de Bernard Hermann, mélangeant ici pour la première fois instruments électroniques et électriques. La bande originale devenue la référence pour le cinéma de science-fiction par la suite, ajoute une émotion qui culmine lors de sa superbe séquence finale. Doté de séquences fabuleuses à la photographie noir et blanc contrastée et sublime qui le fait parfois ressembler à un long épisode de The Twilight Zone, le chef-d’œuvre de Robert Wise demeure toujours aussi efficace dans son message universel. Si Le jour où la terre s’arrêta a depuis connu un remake relativement honorable en 2008, avec Keanu Reeves et Jennifer Connelly, il est conseillé de (re)découvrir l’original en salles à travers cette superbe copie restaurée 4K.

 

 

 

  • LE JOUR OU LA TERRE S’ARRÊTA (The Day The Earth Stood Still)
  • Ressortie salles : 3 janvier 2018
  • Version restaurée 4K
  • Réalisation : Robert Wise
  • Avec : Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe, Sam Jaffe, Billy Gray, Frances Bavier, Lock Martin
  • Scénario : Edmund H. North
  • Production : Julian Blaustein
  • Production exécutive : Darryl F. Zanuck
  • Photographie : Leo Tover
  • Montage : William Reynolds
  • Décors : Claude E. Carpenter, Thomas Little
  • Costumes : Travilla, Clinton Sandeen
  • Musique : Bernard Herrmann
  • Distribution : Splendor Films
  • Durée : 92 minutes
  • Sortie initiale : 18 septembre 1951 (USA) – 18 septembre 1952 (France)

 

Commentaires

A la Une

De fausses affiches et une lettre aux fans pour Once Upon A Time In Hollywood

Alors que Once Upon A Time In Hollywood sera présenté cette semaine à Cannes, Quentin Tarantino écrit une lettre à ses fans… Lire la suite >>

Un premier trailer pour Un Jour de pluie à New York de Woody Allen

Le cinquantième film de Woody Allen, Un Jour de pluie à New York, se dévoile enfin dans une première bande-annonce… Lire la suite >>

Michael Fassbender, Jamie Foxx et Peter Dinklage en pourparlers pour La Horde Sauvage de Mel Gibson

Avec à la barre Mel Gibson, les stars Michael Fassbender, Jamie Foxx et Peter Dinklage sont en pourparlers pour rejoindre… Lire la suite >>

James Gray sur un nouveau projet intitulé Armageddon Time

James Gray sort de l’ombre Armageddon Time, un projet semi autobiographique relatant ses études dans un établissement privé de New… Lire la suite >>

Robert Pattinson en négociations pour The Batman de Matt Reeves

Robert Pattinson pourrait incarner Bruce Wayne, le justicier masqué dans le film de Matt Reeves attendu en 2021.    … Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 AVENGERS : ENDGAME 832 196 3 6 001 005
2 POKEMON DETECTIVE PIKACHU 736 574 1 736 574
3 NOUS FINIRONS ENSEMBLE 688 852 2 1 950 553
4 LES CREVETTES PAILLETEES 253 409 1 253 409
5 HELLBOY 152 683 1 152 683
6 AFTER - CHAPITRE 1 85 306 4 1 178 309
7 LA MALEDICTION DE LA DAME BLANCHE 77 408 4 736 365
8 DUMBO 76 700 7 2 243 946
9 LE PARC DES MERVEILLES 67 909 6 1 336 285
10 ROYAL CORGI 62 537 5 781 761

Source: CBO Box office

Nos Podcasts