Livre / Les slashers ou la pureté cinématographique : critique

Publié par Jacques Demange le 27 octobre 2018

Résumé : Règne des tueurs psychopathes, des demoiselles en danger, des scènes gores jubilatoires, le Slasher est un sous-genre encore méconnu en France. Et pourtant c’est l’un des plus cools de l’histoire du septième art. Avec des fans comme Quentin Tarantino, Kevin Smith et des réalisateurs vedettes comme John Carpenter, Sean S. Cuningham et Wes Craven, vous allez devenir des experts de ce type de cinéma. Des règles scénaristiques aux styles de mises en scène hallucinants, vous saurez absolument tout sur les « Slashers Movies ». En effet, cet essai transmet la passion absolue d’un véritable fan. Ce regard d’expert est indispensable pour qui veut explorer cet univers parallèle du cinéma.

♥♥♥♥♥

 

Les slashers ou la purete cinematographique

Les slashers ou la pureté cinématographique

Ce petit essai consacré au slasher se présente comme une solide entrée en matière. À travers différents exemples canoniques (Halloween premier du nom, le second Vendredi 13), matrice attestée (Massacre à la tronçonneuse), et hybridations profanes (Boulevard de la mort, Hostel, Cabine Fever, Wolf Creek, ou encore Destination finale), Jérémy Belando, monteur et réalisateur, propose de diviser son objet d’étude en deux catégories plus ou moins distinctes : les slashers purs (principalement caractérisés par la simplicité de leur narration), et les slashers impurs (décrits comme n’obéissant « à aucune règle » et seulement limités par « l’imagination tordue de leurs scénaristes »). Grâce aux nombreuses analyseS de scénarios et de séquences qui émaillent l’ouvrage, cette structure affirme sa viabilité. L’étude profite ainsi de la relative liberté permise par son approche pour accorder une place importante aux œuvres s’écartant plus ou moins délibérément des codes propres à ce sous-genre ; un ensemble de règles et de principes que Belando prend soin de synthétiser dans son introduction (ainsi des caractéristiques visuelles et dramatiques entourant la représentation du tueur, de l’importance accordée à la figure de la femme, ou de l’association fondamentale du teenage movie et du thriller à l’origine de la singularité du slasher dans le paysage du cinéma d’horreur). Bien que l’auteur justifie avec cohérence son refus de s’attarder sur les nombreuses suites et remakes des films envisagés (pas de Halloween 2 façon Rob Zombie ici, ni de Scream 4 ou de Massacre à la tronçonneuse en 3D), on pourra regretter l’absence d’analyses plus formelles qui auraient permis d’opérer une réelle archéologie du genre en revenant notamment sur ses origines européennes à travers les productions du giallo italien. Par ailleurs, si Belando étudie en profondeur la valeur critique (sociale et civilisationnelle) du slasher, certains propos apparaissent comme des raccourcis un peu faciles (Halloween est en effet sorti en salles à la fin des années soixante-dix et semble moins attaché aux préoccupations politiques de la décennie qu’il annonce les futures problématiques du cinéma d’horreur des années quatre-vingt).  À ces manques, qu’on pourra juger mineurs dans le cadre d’une étude de synthèse, s’ajoute la présence d’une bibliographie peu complète privilégiant aux chapitres d’ouvrages scientifiques (à l’image du collectif Cauchemars du cinéma américain dirigé par Frank Lafond qui proposait une étude du caractère grand-guignolesque de la saga des Vendredi 13, ou plus récemment du premier volume de l’anthologie Darkness publiée chez LettMotif et qui consacre un article de fond à la question du slasher), la recension de sites généralistes et spécialisés, et des quelques documentaires (français) portant sur le sujet. Si la valeur introductive de l’ouvrage se doit d’être saluée, il faut donc remarquer qu’il se destine principalement à un lectorat néophyte, les cinéphiles déjà acquis à la cause du slasher risquant de trouver ce tour d’horizon un peu creux.

 

 

 

  • LES SLASHERS OU LA PURETÉ CINÉMATOGRAPHIQUE
  • Auteur : Jérémy Belando
  • Éditions : Ocrée
  • Collection : Essai 
  • Date de parution : 10 octobre 2018
  • Format : 146 pages
  • Tarif : 18 €

Commentaires

A la Une

Shaft de retour dans une nouvelle bande-annonce

Dix-neuf ans après la sortie du film de John Singleton, Samuel L. Jackson reprend le rôle de Shaft. Un premier… Lire la suite >>

La suite de World War Z de David Fincher avec Brad Pitt est suspendue

Paramount Pictures a annulé le second volet de World War Z de David Fincher suite à des problèmes budgétaires.  … Lire la suite >>

Paul Greengrass en pourparlers pour adapter News of the World avec Tom Hanks

Le cinéaste britannique Paul Greengrass est actuellement en pourparlers pour réaliser l’adaptation de News Of The World, roman à succès… Lire la suite >>

Un nouveau trailer impressionniste pour le biopic At Eternity’s Gate avec Willem Dafoe

Netflix a diffusé une seconde bande-annonce de At Eternity’s Gate, biopic réalisé par Julian Schnabel retraçant les dernières années de… Lire la suite >>

Anya Taylor-Joy au casting de Last Night in Soho, film d’horreur d’Edgar Wright

, révélée dans The Witch de Robert Eggers et qui a récemment repris son rôle de Casey Cooke dans Glass… Lire la suite >>

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 QU'EST-CE QU'ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU ? 1 488 162 2 3 641 255
2 DRAGONS 3 : LE MONDE CACHE 1 224 811 1 1 224 811
3 NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON 630 013 1 630 013
4 LA MULE 330 116 3 1 428 023
5 GREEN BOOK SUR LES ROUTES DU SUD 245 178 3 781 152
6 LA FAVORITE 166 719 1 166 719
7 MINUSCULE 2 : LES MANDIBULES DU BOUT DU MONDE 162 009 2 419 876
8 UNE INTIME CONVICTION 130 195 1 130 195
9 GLASS 128 720 4 1 154 465
10 LES INVISIBLES 125 573 5 1 208 161

Source: CBO Box office

Nos Podcasts