De Gaulle de Gabriel Le Bomin : critique

Publié par Erica Farges le 5 mars 2020

Synopsis : Mai 1940. La guerre s’intensifie, l’armée française s’effondre, les Allemands seront bientôt à Paris. La panique gagne le gouvernement qui envisage d’accepter la défaite. Un homme, Charles de Gaulle, fraîchement promu général, veut infléchir le cours de l’Histoire. Sa femme, Yvonne de Gaulle, est son premier soutien, mais très vite les évènements les séparent. Yvonne et ses enfants se lancent sur les routes de l’exode. Charles rejoint Londres. Il veut faire entendre une autre voix : celle de la Résistance.

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De Gaulle - affiche

De Gaulle – affiche

Pour la première fois, presque cinquante ans après sa mort, le créateur de la Cinquième République, et son premier président, a droit à un biopic au cinéma. Parmi tous les épisodes majeurs de la longue carrière politique et militaire du Général Charles de Gaulle, Gabriel Le Bomin (Nos Patriotes, Insoupçonnables) et sa coscénariste Valérie Ranson Enguiale se centrent uniquement sur celui qui l’a fait passer d’inconnu du peuple à symbole de la Résistance. Lambert Wilson, adepte de l’interprétation de figures historiques, qui a auparavant endossé les rôles de l’Abbé Pierre et du Commandant Cousteau, incarne cette première version cinéma. L’occasion pour l’acteur de donner la réplique à Isabelle Carré qui interprète son épouse Yvonne. De Gaulle retrace le parcours de son protagoniste et de sa famille pendant le mois précédant l’intervention radio qui a eu un impact décisif sur l’Histoire française et mondiale. À l’issue de sa prise de position qui va à l’encontre du gouvernement français de l’époque, le Général de Gaulle fait son premier discours radio sur les ondes de la BBC, le 18 juin 1940. Lors de son allocution, il prédit la mondialisation de la Seconde Guerre mondiale et appelle à résister face à l’Allemagne. Cet événement qui se déroule près de vingt ans avant qu’il devienne chef d’État lui vaut le surnom de « l’homme du 18 juin », titre qui aurait peut-être mieux convenu que De Gaulle.

 

Lambert Wilson - De Gaulle

Lambert Wilson – De Gaulle

 

Le choix de porter à l’écran un événement unique, qui se déroule sur quelques semaines, plutôt qu’un biopic couvrant tout un parcours, s’avère plutôt judicieux pour sa réalisation et évite l’écueil d’un contenu trop dense. Il présente néanmoins l’inconvénient de montrer une perspective assez restreinte sur son sujet. Pour autant, il tente de contrebalancer ce défaut par l’introduction de la sphère privée et familiale qui pondère l’image forte de ce personnage public en lui attribuant une dimension plus humaine. Le cinéaste, également documentariste, était déjà familiarisé avec ce personnage. Il s’est souvent penché sur des périodes de l’Histoire où le Général de Gaulle a eu une importance primordiale. Il part ici de lettres personnelles, du témoignage de Philippe de Gaulle, son fils aîné, et du premier tome de Mémoires de guerre, ouvrage écrit par Charles de Gaulle.

 

Malgré une exposition des faits qui clarifie le contexte géopolitique de l’époque, le ton didactique et scolaire rend l’ensemble pas très captivant. Cet aspect fade et artificiel se retrouve amplifié par un jeu d’acteur parfois trop théâtral. Avec un format très classique et carré, l’oeuvre de Gabriel Le Bomin n’est ni une reproduction historique fidèle ni une réappropriation originale des faits. De Gaulle peine dès lors à trouver le ton juste et à adopter un style attrayant. On aurait sans doute souhaité une représentation de cette figure historique un peu plus immersive et dynamique.

 

 

 

  • DE GAULLE
  • Sortie salles : 4 mars 2020
  • Réalisation : Gabriel Le Bomin
  • Avec : Lambert Wilson, Isabelle Carré, Olivier Gourmet, Catherine Mouchet, Pierre Hancisse, Sophie Quinton, Gilles Cohen, Laurent Stocker, Philippe Laudenbach, Alain Lenglet, Tim Hudson, Clémence Hittin, Félix Back, Lucie Rouxel
  • Scénario : Gabriel Le Bomin et Valérie Ranson Enguiale
  • Production : Farid Lahouassa, Aïssa Djabri, Gio Iera
  • Photographie : Jean-Marie Dreujou
  • Montage : Bertrand Collard
  • Décors : Nicolas De Boiscuillé
  • Costumes : Anaïs Romand et Sergio Ballo
  • Musique : Romain Trouillet
  • Distribution : SND
  • Durée : 1h49

 

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