LA PRESSE DE L’ÉPOQUE

 

2001- Couloir spatial - Copyright MGM Warner Bros

2001- Couloir spatial – Copyright MGM Warner Bros

 

Pour

 

« Comme beaucoup de grandes œuvres de science-fiction, la morale qui semble s’en dégager est plutôt pessimiste (mais non rétrograde). Et n’offre guère de porte de sortie à l’homme, qui doit pourtant continuer sa quête et de jamais s’arrêter (…) Si le prologue est presque totalement objectif, l’épilogue, lui, est subjectif. Et c’est la seule chose que le réalisateur semble accorder à l’être humain : la capacité de regarder, de s’imprégner de ce qui est autour de soi, de s’en imprégner au point de s’identifier totalement avec la naissance de la vie et de la matière, de contempler ce miracle  avec ses propres yeux et ceux, beaucoup plus immenses, d’un enfant. » Bertrand Tavernier – Les Lettres françaises n°1245 – 21 août 1968.

 

« La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la vie. Là où se trouvent le berceau de l’art et la science véritable. » Cette phrase d’Einstein, Stanley Kubrick aurait pu la placer en épitaphe. (…) Film scientifique, prophétique, métaphysique, film musical et film d’aventures, 2001: l’Odyssée de l’Espace se meut à l’aise dans la quatrième dimension, celle de la poésie.» Pierre Billard – L’Express – 23 septembre 1968

 

« Avec 2001, film adulte, (Kubrick) nous fait entrer de plain-pied dans l’ère cosmique. Et cette entrée est comparable à L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, c’est à dire qu’elle marque, cinématographiquement, une date. Comparable parce que, tel qu’il nous le montre, le débarquement des hommes sur la Lune, par exemple, a la même force d’impact émotionnel aujourd’hui que l’arrivée d’un train à ceux des spectateurs de la fin du siècle dernier. » Michel Capdenac – Les Lettres françaises n°1251 – 2 octobre 1968.

 

« Va assez loin dans la prétention et la naïveté pour déboucher sur une certaine dimension. Dure assez longtemps dans chacune de ses phases pour permettre à cette dimension de prendre une certaine consistance. » Dominique Aboukir – Les Cahiers du Cinéma n°206 – Octobre 1968

 

« L’invitation à la valse s’étend des planètes aux années-lumière, de l’espace au temps. (…) Pourquoi parler des trucages ? On se doute bien que ce n’est pas tourné en direct. Je ne tiens pas à savoir comment c’est fait. c’est beau, voilà ce qui m’intéresse. Et l’image est parfois si savamment dé-verticalisée que vous voyez ce film en état d’apesanteur. (…) Un western spatial qui s’agrandit jusqu’aux dimensions d’un conte métaphysique. » Jean-Louis Bory – Le Nouvel Observateur – 7 octobre 1968.

 

« Après le mur du son, voilà que s’effondre le mur de la raison. La mystique et la science se rejoignent à l’horizon des galaxies, un horizon que Stanley Kubrick nous fait franchir et dépasser. Il faut le voir pour le croire. » Claude-Jean Philippe – Télérama – 13 octobre 1968.

 

« La force de 2001 est de confronter notre civilisation à une autre en préservant le mystère de cette rencontre. Le monolithe noir apparaît à la fois comme une menace et un signe d’espoir aux trois moments décisifs de l’évolution humaine. » Michel Ciment – Positif n°98 – Octobre 1968.

 

« 2001 L’Odyssée de l’Espace est d’abord un spectacle grandiose, un enchantement des yeux et de l’imagination grâce à la beauté de la photographie, à l’harmonie du rythme qui lie les images les unes aux autres, aux jeux des couleurs qui nous entraînent dans un monde où seuls jusqu’ici, croyaient pouvoir accéder les adeptes des paradis artificiels. » Luce Sand – Jeune Cinéma n° 34 – Novembre 1968.

 

« (…) il faut saluer dans ce film, le premier authentique space-opera cinématographique. Tout amateur de science-fiction s’en réjouira, car nul film jusqu’à ce jour n’avait réellement réussi à montrer les espaces interstellaires, les planètes lointaines, une technologie de l’espace qui ne soit pas ridicule, comme des grands écrivains avaient su l’évoquer en quelques lignes. » Guy Gauthier – Image et Son n°222 – Décembre 1968.

 

Contre

 

« Quelque part entre la Terre et Jupiter (…), le producteur et réalisateur Stanley Kubrick s’embrouille à propos de l’ordre des choses et du monde. Son mythe, potentiellement majestueux, sur l’homme et sa première rencontre avec une forme d’intelligence plus élevée se dissout dans un opéra spatiale, avant de se gonfler à nouveau frénétiquement pour un final surréaliste dans lequel l’imaginaire est assez obscur pour être ennuyeux, assez précis pour être banal. » Joseph Morgenstern – Newsweek – 1968

 

« Clarke, un voyageur des étoiles, est contraint à transporter sur ses épaules Kubrick l’albatros, un metteur en scène devenu mystérieusement terne dans un interminable voyage de près de trois heures. L’idée, conçue par Clarke, est immense et touchante. Clarke aurait dû faire le scénario tout seul et ne pas permettre à Kubrick d’y poser ses pattes. Techniquement et photographiquement, c’est probablement le film le plus assommant jamais projeté sur un écran… » Ray Bradbury – Psychology Today – 1968

 

« Les grands constructeurs, producteurs et réalisateurs qui ont mis en scène des shows spectaculaires, même les concepteurs de décors imposants, ont eux aussi commencé à jouer le rôle de visionnaires, de penseurs et d’hommes avec les réponses. Ils deviennent trop larges pour leur art. Une œuvre d’art est-elle possible si la pseudo science et technologie du cinéma devient plus importante pour l’artiste que pour l’homme ? C’est le cœur de l’échec de 2001 ». Pauline Kael – Harper’s – 1968

 

« Une petite sphère d’intellectuels aura l’impression que Kubrick a dit quelque chose, simplement parce qu’on s’attendait à ce qu’il dise quelque chose. D’autres seront déçus mais devront admirer sa maîtrise technique du sujet. La plupart des cinéphiles souhaiteront seulement que M. Kubrick revienne sur terre. » Kathleen Carroll – Daily News – 4 avril 1968

 

« Pur graphisme, tachisme mouvant aux couleurs changeantes, images déformées de notre monde essayant de recréer celles de l’autre. Poudre aux yeux. Vertige. Luna Park de l’infini. » Claude Mauriac – Le Figaro Littéraire – 7 octobre 1968.

 

« Le présent dynamiquement projeté dans le futur est sans doute ce qu’il y a de plus captivant dans ce film qui est plus une approche de la science qu’une œuvre de science-fiction proprement dite et, parallèlement, une assez troublante odyssée humaine autant qu’un discutable et équivoque conte philosophique. (…) Par sa fin, le cinéaste semble vouloir dépasser la science et tenter d’atteindre l’absolu, ou Dieu, dans une quête en définitive plutôt naïve et véhémente.» Yvonne Baby – Le Monde – 1er octobre 1968.

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