Nicolas Roeg nous à quittés à l’âge de 90 ans

Publié par CineChronicle le 28 novembre 2018
Nicolas Roeg

Nicolas Roeg

D’abord directeur de la photographie puis réalisateur, Nicolas Roeg est rapidement devenu une figure marquante du cinéma britannique des années 60 et 70. L’homme qui magnifia David Bowie, Mick Jagger et Art Garfunkel est décédé ce 23 novembre à Londres, à l’âge de 90 ans.

 

 

 

Il n’était pas le plus connu des cinéastes européens de son époque, mais Nicolas Roeg a considérablement posé son empreinte dans l’histoire du cinéma. Dans un premier temps, en tant que chef-opérateur pour de nombreux grands réalisateurs (Roger Corman, David Lean, François Truffaut), puis en étant que metteur en scène. Avec treize longs métrages à son actif, dont la majorité entre 1970 et 1990, le réalisateur britannique a su imposer son style caractéristique à la narration éclatée, qui, par la suite, a inspiré bon nombre de ses congénères.

 

David Bowie - LHomme qui venait dailleurs - The Man Who Fell to Earth

David Bowie – L’Homme qui venait d’ailleurs (The Man Who Fell to Earth)

De directeur de la photographie ambitieux…

 

Nicolas Roeg est né le 15 août 1928 à Londres, juste en face d’un studio de cinéma. Il débute sa carrière en 1952, en tant qu’assistant opérateur, sur Le retour de Bulldog Drummond de Victor Saville. Il va gravir les échelons et devenir directeur de la photographie sur Jazz Boat (1960) de Ken Hughes. Mais ce n’est que deux ans plus tard que sa carrière commence à décoller. Il est engagé comme directeur de la photographie de la seconde équipe de tournage sur Lawrence d’Arabie (1962) de David Lean.

 

Nicolas Roeg enchaîne les projets, au rythme de deux à trois films par an. Il croisera notamment la route de Roger Corman (The Intruder) pour Le Masque de la Mort Rouge (1964), avant de retrouver David Lean pour Le Docteur Jivago en 1965. C’est à l’occasion de ces retrouvailles qu’il va définitivement s’affirmer, avant d’être viré par le réalisateur au milieu du tournage à cause d’une divergence créative. Il sera finalement remplacé par Freddie Young et son nom sera effacé du générique.

 

Ce contretemps n’entrave pas l’ambition et l’ascension du britannique. Au contraire, il continue d’être le directeur de la photographie pour quelques grands noms du cinéma : François Truffaut dans Fahrenheit 451 en 1966, pour John Schlesinger dans Loin de la foule déchaînée en 1967 et pour Richard Lester dans Petulia en 1968. Mais ses envies de réalisation sont bien présentes et vont rapidement se concrétiser.

 

Donald Sutherland et Julie Christie dans Ne vous retournez pas -Dont look back

Donald Sutherland et Julie Christie – Ne vous retournez pas (Don’t look back)

…à réalisateur qui monte

 

Roeg décide de sauter le pas dès 1970 en co-réalisant Performance, aux côtés de Donald Cammell. Un film qui offre à Mick Jagger son premier et l’un de ses seuls grands rôles d’acteur au cinéma. Dès l’année suivante et pour son premier projet seul aux manettes, il fait forte impression avec Walkabout/La Randonnée (1971), une errance initiatique au cœur du désert australien, sélectionné en compétition au Festival de Cannes.

 

Mais c’est à partir de 1973 que Nicolas Roeg entame sa consécration en réalisant une trilogie informelle sur la question du regard : Ne vous retournez pas avec Donald Sutherland et Julie Christie (1973), L’Homme qui venait d’ailleurs (1976) et Enquête sur une passion, avec Art Garfunkel, Theresa Russell et Harvey Keitel (1980). Trilogie qui le fera connaître du grand public, notamment grâce au second film dans lequel David Bowie y livre sa performance d’acteur la plus emblématique.

 

Mais c’est surtout le premier qui marque la critique et devient son chef-d’œuvre, réussissant à pousser l’angoisse à son paroxysme. Le troisième film déroutera par sa narration éclatée et son montage altérant la chronologie. Cette technique deviendra son style, qu’il réutilisera dans plusieurs de ses films. Après une pause de quatre ans, le réalisateur britannique met en scène six longs métrages en sept ans : Eureka (1984), Une nuit de réflexion (1985), Castaway (1986), Track 29 (1988), Les Sorcières (1990) et Cold Heaven (1991).

 

Héritage prospère

 

Après une longue absence et quelques téléfilms, Roeg revient une dernière fois au grand écran en 2007 avec Puffball. Le film passera inaperçu et le réalisateur britannique prendra définitivement sa retraite. Il laisse derrière lui un héritage prospère dont se revendiquent clairement Tony Scott, Christopher Nolan et Steven Soderbergh entre autres. Nicolas Roeg restera dans les mémoires collectives pour avoir fait jouer trois des plus grandes pop stars des années 70.

 

Brice Launois

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