Série/ Vinyl (saison 1) : critique

Publié par Laurianne de Casanove le 20 avril 2016

Synopsis : New York 1973, Richie Finestra est producteur de musique et président fondateur d’American Century. L’entreprise est au bord de la faillite, il lui faut absolument trouver de l’argent et dénicher de nouveaux talents. Hélas, Richie a perdu la passion. L’alcool, la drogue, le sexe, rien ne parvient à raviver la flamme. Il erre, cumule les excès et bousille tout sur son passage. C’est alors qu’un événement inattendu va changer le cours de sa vie et ranimer son amour pour la musique.

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Vinyl - poster

Vinyl – poster

Quand il est question de démarrer sur les chapeaux de roues, il est souvent difficile de continuer la course sur le même rythme. C’est le problème de Vinyl, la série événement créée par Martin Scorsese, Mick Jagger et Terence Winter. Après un pilote de deux heures époustouflant, le show peine par la suite et se révèle souvent très inégal. Réalisé par  Scorsese, l’épisode-pilote de deux heures est un véritable tourbillon ; la caméra est partout et chaque plan s’enchaîne avec une fluidité déconcertante. La scène d’ouverture est sans conteste un modèle du genre ; ces huit premières minutes sont une plongée sous acide dans l’Amérique des années 70. Ralentis, gros plans et brusques mouvements de zoom arrière rythment ce concert dans un immeuble en ruine. La scène prend des airs de bacchanale et le spectateur en ressort essoufflé. Difficile donc de passer après cette orgie visuelle et sonore. Dans une certaine mesure le pilote aurait suffi. C’est comme si Vinyl était coupé en deux, d’abord le film de Martin Scorsese, ensuite les huit épisodes de la série. Les autres metteurs en scène suivent l’exemple instauré par le pilote : montage sec, changement de rythme, mise en relief sonore. Mais ils ont beau avoir du talent, à l’instar d’Allen Coulter (Les Soprano) ou de S. J. Clarkson (JESSICA JONES – notre critique), aucun ne parvient à égaler le maître. Si la mise en scène s’essouffle, les dialogues ciselés continuent de faire mouche. Les réunions de bureau entre Finestra et ses associés sont souvent des petits bijoux de réparties cinglantes et de phrases chocs qui devraient entrer dans les annales.

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L’autre réussite de la série, c’est la reconstitution du New York de 1973 ; le travail sur les costumes et les décors est remarquable. On n’ose imaginer les retouches numériques qu’ont dû nécessiter les plans extérieurs. La photographie soignée donne parfois à l’image des teintes sépia qui renforcent encore ce côté rétro. Outre l’intrigue, Vinyl est donc une plongée dans les coulisses d’une époque fascinante qui a vu l’éclosion du punk, du disco et du hip-hop. Les tubes s’enchaînent pour le plus grand plaisir du téléspectateur et la bande-son devient indéniablement l’un des atouts majeurs. On peut cependant regretter que certains épisodes ne laissent pas assez vivre les morceaux. Les scènes de concerts sont trop rares, et contrairement à ce que l’on pouvait voir dans Treme, la musique sert hélas davantage d’illustration que de catalyseur d’émotion. Concernant les acteurs, Bobby Cannavale semble particulièrement inspiré dans l’épisode-pilote, mais même constat par la suite, son personnage tourne vite en rond et l’acteur surjoue comme pour donner de la profondeur à un être qui n’en a pas. Au départ, Richie Finestra a quelque chose d’excitant et incarne le genre de sale type que l’on adore détester : gouailleur, agressif et prétentieux. Hélas, passé les premiers épisodes, on a dû mal à ressentir de l’empathie pour ce patron de maison de disque cocaïnomane et survolté. Finestra s’agite beaucoup, mais au final, ce n’est qu’un con. Il n’a pas la finesse d’un Tony Soprano ou d’un Nucky Thompson dans BOARDWALK EMPIRE (notre critique).

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Les derniers épisodes de la saison, qui se concentrent davantage sur les personnages secondaires, parviennent néanmoins à relancer l’intérêt du public, mais c’est un peu tard. À ce titre, on salue la prestation de Ray Romano, particulièrement juste en producteur juif ruiné par la Bat-Mitsvah de sa fille. Juno Temple et Annie Parisse sont très bien et James Jagger (Sex and Drugs and Rock and Roll) est électrique en rocker british aux faux airs de Sid Vicious. D’ailleurs, on croise aussi beaucoup de personnages existants ou ayant vraiment existé ; l’effet est plaisant, mais inégal. Si, à en croire les connaisseurs, l’Alice Cooper de Vinyl est plus vrai que nature, la Factory d’Andy Warhol sonne faux. Dans l’épisode 2, Yesterday Once More, on découvre à grand renfort de flashbacks que la femme de Finestra, Devon (Olivia Wilde), était une des superstars qui gravitait autour de l’artiste. La scène ne convainc pas et la présence d’Ernst, photographe allemand caricatural affublé d’un accent à couper au couteau, n’arrange rien. Dans cette accumulation de clins d’oeil à la réalité historique, ressort cet aspect name dropping qui finit par lasser et n’apporte rien à l’intrigue.

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Au final, malgré une structure narrative intéressante et une esthétique irréprochable, la série se révèle particulièrement en dents de scie et a comme un air de déjà-vu ; sexe, drogue et rock’n’roll oblige. Outre-Atlantique, les audiences au démarrage ont été d’ailleurs décevantes : 764.000 téléspectateurs, c’est à dire pas grand-chose comparé aux 2,3 millions du lancement de TRUE DETECTIVE (notre critique) en 2014. Et dernièrement, contre toute attente, on apprenait que le cocréateur Terence Winter avait quitté la série pour cause de ‘différends artistiques’. HBO a néanmoins renouvelé le show pour une seconde saison. Espérons que, comme son héros, la série finisse par trouver sa maturité d’ici le nouveau chapitre prévu en 2017.

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  • Série américaine VINYL, diffusée aux États-Unis sur HBO et en France sur OCS du 14 février au 17 avril 2016, est disponible en VOST au format HD Digital depuis le 19 avril et en VF dès le 6 juin.
  • Création : Martin Scorsese, Mick Jagger, Rich Cohen et Terence Winter.
  • Avec : Bobby Cannavale, Olivia Wilde, Birgitte Hjort Sørensen, Juno Temple, Paul Ben-Victor, P. J. Byrne, Max Casella, Ato Essandoh, James Jagger, J. C. MacKenzie, Jack Quaid, Annie Parisse, Ray Romano …
  • Réalisation : Martin Scorsese, Allen Coulter, Jon S. Baird, S. J. Clarkson, Carl Franklin, Nicole Kassell, Mark Romanek, Peter Sollett.
  • Production : Brad Carpenter, Mari-Jo Winkler, DAvid Matthews, Erin Cressida Wilson, Jessica Levin
  • Production exécutive : Martin Scorsese, Mick Jagger, Terence Winter, etc…
  • Une saison de 10 épisodes de  56 minutes chaque, avec un pilote de deux heures.
  • Bonus téléchargement : Making Vinyl & Recreating the 70’s, (documentaire de 21 minutes, avec Martin Scorsese, Mick Jagger et Terence Winter) et Cast Roundtable (conversation entre les stars de la série Bobby Cannavale, Olivia Wilde, Ray Romano, Juno Temple et James Jagger).
  • Tarifs téléchargement : 23.99 € (format SD) et 28.99 € (format HD) sur Google Play, iTunes, Orange, Sony et Xbox.

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Source: CBO Box office

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