Cannes 2018 / Mandy de Panos Cosmatos : critique

Publié par Cyril Perraudat le 21 mai 2018

Synopsis : Pacific Northwest, 1983. Red Miller et Mandy Bloom mènent une existence paisible et empreinte d’amour. Quand leur refuge entouré de pinèdes est sauvagement détruit par les membres d’une secte dirigée par le sadique Jérémie Sand, Red est catapulté dans un voyage fantasmagorique marqué par la vengeance, le sang et le feu…

 

♥♥♥♥

 

Mandy - affiche

Mandy – affiche

Après sa première mondiale remarquée au Festival de Sundance, Mandy de Panos Cosmatos avec Nicolas Cage, est passé par la Quinzaine des Réalisateurs au 71e Festival de Cannes. Dans ce film, situé en 1983, Mandy et Red sont deux tourtereaux filant un amour paisible dans un coin reculé. Jusqu’au jour où une secte sataniste composée de bikers et d’un gourou allumé les attaquent. Mandy est droguée puis brûlée, ce qui fait naître le désir de vengeance chez Red, laissé pour mort. Mandy fait partie de ces films fous et rares qui se lâchent totalement pour repousser les frontières de l’incroyable. Scindé en deux parties distinctes, d’abord autour de Mandy, de sa capture à sa mort, puis de Red et son épopée vengeresse, ce revenge movie jusqu’au-boutiste donne la sensation de partir dans tous les sens mais il est fait avec le plus grand soin. Panos Cosmatos, fils du cinéaste d’origine grecque, George Cosmatos (Rambo 2, Cobra), qui signe ici son second long métrage après Beyond the Black Rainbow en 2010, s’amuse avec le spectateur et structure son récit en pré-chapitres avant d’afficher au bout d’une heure le titre à l’écran. Hors norme et bien emballé! Car au cours de ce premier acte davantage psychologique, Cosmatos offre d’impressionnantes séquences psychédéliques pour mieux laisser la rage se déchaîner dans une seconde partie gargantuesque. Si Andrea Riseborough prête parfaitement ses traits à cette femme victime d’un gourou délirant et bavard, c’est bien sûr Nicolas Cage qui est au sommet de son art pendant son expédition meurtrière. Cosmatos a su parfaitement diriger l’acteur qui a poussé le curseur au-delà de ses possibilités dans la folie. Il nous donne ainsi à voir des séquences totalement folles, gores et jubilatoires avec des dialogues déjantées et des expressions corporelles imparables qui provoquent inévitablement des fous rires extrêmes. On reste d’ailleurs ému face à sa performance, sorte d’hommage à l’acteur, rappelant ici qu’il est un aussi grand dingue talentueux. Mandy, produit par Elijah Wood, peut faire penser à un croisement improbable et sous amphétamines entre le cinéma de David Lynch et de Nicolas Winding Refn. Il est emballé avec un soin esthétique évident entre couleurs saturées, beaux plans larges et quelques passages animés du plus bel effet. La partition musicale entêtante à base de riffs de guitare électrique, signée Johann Johannsson (Sicario, Premier Contact, Mother!), décédé à l’âge de 48 ans en février dernier, nous maintient parfaitement au cœur de ce voyage fantasmagorique et frappadingue qui ravira les amateurs de cinéma ultime et déviant. Mandy, qui ne sortira hélas pas sur grand écran, est attendu dans les bacs courant 2018.

 

 

 

  • MANDY
  • Sortie vidéo : courant 2018
  • Réalisation : Panos Cosmatos
  • Avec : Niolas Cage, Andrea Riseborough, Ned Dennehy, Olwen Fouéré, Hayley Saywell, Richard Brake, Clément Baronnet, Linus Roache…
  • Scénario : Aaron Stewart-Ahn, Panos Cosmatos
  • Production : Daniel Noah, Josh C. Waller, Elijah Wood, Nate Bolotin, Adrian Politowski
  • Photographie : Benjamin Loeb
  • Montage : Brett W. Bachman
  • Décors : Ilse Willocx
  • Costumes : Alice Eyssartier
  • Musique : Johann Johannsson
  • Distribution : Universal
  • Durée : 2h01

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