Halloween de David Gordon Green : critique pour

Publié par Lucia Miguel le 24 octobre 2018

Synopsis : Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tôt.

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Halloween - affiche

Halloween – affiche

L’année 1978 assistait à la naissance de l’un des classiques du cinéma d’horreur, Halloween – La nuit des masques, avec son personnage mythique, Michael Myers. John Carpenter devenait l’un des maîtres du genre, avec une filmographie prolifique qui n’a cessé d’aborder l’horreur dans ses formes les plus primitives. Dès années plus tard, un autre génie du cinéma d’horreur, Rob Zombie, en fit une version beaucoup plus gore et violente. À la différence de l’original, la séquelle se focalisait davantage sur la genèse des tendances meurtrières de Michael, inversant ainsi le point de vue du film de Carpenter, où Myers était plutôt un non-personnage, sans passé, sans motivation, sans logique. Quarante ans plus tard (et neuf ans après le dernier volet de la saga, Halloween II de Rob Zombie), le tueur en série et sa victime Laurie Strode reviennent sur nos écrans. David Gordon Green (Délire Express, Joe) prend le parti d’ignorer les multiples versions et séquelles. Ce Halloween est donc la suite linéaire du film de 1978 et propose donc un affrontement final entre le bourreau et la victime qui fait office de clôture à la saga. On retrouve ainsi Laurie Strode (Jamie Lee Curtis), épuisée par des décennies de traumatismes, barricadée dans sa maison dans les bois. Michael Myers (Nick Castle et James Jude Courtney), enfermé dans une prison psychiatrique, va être transféré dans un autre centre, l’éloignant de son médecin, le Dr. Sartain (Haluk Bilginer), qui a pris la relève après la mort du docteur Samuel Loomis (Donald Pleasence). Dans ce scénario, deux journalistes d’investigation tentent de jeter la lumière sur l’affaire, cherchant à comprendre les motivations de Myers. Il en est de même pour le docteur, visiblement très (ou trop) attaché à son patient. Parallèlement, la famille de Laurie (sa fille et sa petite-fille) s’efforce d’oublier les traumatismes qui sont à la base de leur construction en tant que groupe. Sa fille Karen (Judy Greer) reproche à sa mère de l’avoir élevée dans la peur et la paranoïa, tandis que sa petite-fille Allyson (Andi Matichak) cherche à sortir sa grand-mère de son enfermement.

 

Jamie Lee Curtis - Halloween

Jamie Lee Curtis – Halloween

 

Michael Myers réussit bien évidemment à s’échapper lors de son transfert et remet son masque de tueur. Débute alors une double traque : de Myers à Laurie, de Laurie à Myers. Ils se chassent mutuellement, liés à cette fatale nuit d’Halloween de 1978. À travers cette prémisse, Green construit une réflexion sur la propre identité et sur les traumatismes originelles, se focalisant, comme l’avait fait Carpenter, sur la victime et non pas sur le bourreau. On est loin du Myers de Zombie, qui était, malgré ses agissements, un être humain, avec un passé formateur qui réussissait à justifier, tant bien que mal, ses pulsions meurtrières. De nouveau, Myers est un tueur sans visage et sans raison.

 

Un autre aspect intéressant de ce nouveau volet est l’importance donnée à la figure féminine et à la construction de l’identité au sein de la famille. Traditionnellement présentées comme des victimes dans le cinéma d’horreur, les femmes prennent ici leur sort en main et n’hésitent pas à affronter le monstre, prêtes à tout pour le détruire. Mais à différence du film de Carpenter, Laurie n’est plus seule. Elle compte désormais sur l’aide de sa fille et de sa petite fille. Green construit ici une réflexion fascinante sur le fardeau de la famille dans la construction de l’identité et sur la difficulté de se défaire des traumatismes d’enfance. Car au bout du compte, toute la famille Strode est définie par l’existence de Michael, telle une malédiction. Le Halloween de David Gordon Green rend un bel hommage au père de la saga. D’abord par la musique culte qui l’a rendu célèbre et que Carpenter a lui-même composé pour le film. Les références et les clins d’œil sont légion mais la touche Blumhouse se fait palpable.

 

Nick Castle - Michael Myers - Halloween

Nick Castle (Michael Myers) – Halloween

 

Avec des films comme Get Out, la société de Jason Blum a su réinventer le genre en situant ses films entre le comique et l’épouvante. Halloween démarre dans une ambiance nostalgique très proche de l’original pour terminer un récit déchaîné. Green n’a pas non plus hésité à puiser dans d’autres références pour ses prises de vue, avec des cadrages qui rappellent Orange Mécanique de Kubrick ou des montages se rapprochant de la série Mindhunter de David Fincher. Au casting, seule la présence de Jamie Lee Curtis est finalement importante, mais il n’en pouvait pas être autrement. Laurie Strode était la seule à pouvoir fermer le cycle et a se battre contre son bourreau. Malgré les références appuyées, ce Halloween fonctionne. Les fans seront ravis de se replonger dans l’atmosphère avec la magnifique bande-son de big John. Un film qui transpire l’amour pour un cinéaste ayant donné naissance à un chef-d’œuvre qui a depuis tant marqué le genre slasher.

 

>> Lire aussi notre critique contre <<

 

 

 

  • HALLOWEEN
  • Sortie salles : 24 octobre 2018
  • Réalisation : David Gordon Green
  • Avec : Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, Haluk Bilginer, Will Patton, Rhian Rees, Jefferson Hall, Toby Huss, Virginia Gardner, Dylan Arnold, Miles Robbins, Drew Scheid, Jibrail Nantambu.
  • Scénario : David Gordon Green, Danny McBride, Jeff Fradley (d’après les personnages créés par John Carpenter et Debra Hill).
  • Production : Malek Akkad, Jason Blum, Bill Block.
  • Photographie : Michael Simmonds
  • Montage : Timothy Alverson
  • Musique : John Carpenter, Cody Carpenter, Daniel A. Davies.
  • Distribution : Universal Pictures International France
  • Durée : 1h49

 

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