Synopsis : Focus sur l’équipe de basket-ball des Lakers de Los Angeles qui a dominé le classement en NBA dans les années 1980. Parmi les joueurs emblématiques : Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar Jamaal Wilkes, James Worthy, Byron Scott ou encore Michael Cooper.

♥♥♥♥♥

 

Winning Time - The Rise of the Lakers Dynasty - affiche

Winning Time – The Rise of the Lakers Dynasty – affiche

Après s’être attaqué aux mondes de la finance (The Big Short) et de la politique (Vice, et dans une certaine mesure Don’t Look Up), Adam McKay s’en prend à un nouveau morceau imposant de la culture américaine, et pas des moindres : le basket-ball. Dans cette série où il officie en tant que producteur exécutif, on découvre le parcours de l’équipe des Lakers de Los Angeles, tout au long des années 1980. L’occasion pour le réalisateur habitué de la satire de traiter de cette époque de folie aux Etats-Unis où les plus grosses fortunes du pays enchaînaient les projets plus fous les uns que les autres. Le personnage principal est une figure très représentative de ces entrepreneurs ayant marqué les années 1980 aux Etats-Unis : scientifique de formation, l’investisseur millionnaire Jerry Buss décide en 1979 de se payer l’équipe de basket-ball de L.A., convaincu qu’il lui manque le panache et l’ambition qui lui permettra de sortir de la période morne dans laquelle elle est enfermée à ce moment. Les adeptes d’Adam McKay ne seront pas dépaysés, d’autant qu’il ajoute à sa casquette de producteur exécutif celle de réalisateur le temps du pilote. On retrouve donc son montage très dynamique, survitaminé, ses nombreux inserts et son humour très cynique, en particulier dans ce premier épisode qui réussit assez bien à poser les bases de ce qui sera représenté ensuite. Si les autres épisodes (notamment le suivant réalisé par Jonah Hill) parviennent à conserver cette patte visuelle, jusqu’au traitement de l’image qui varie souvent pour se confondre avec les images d’archives, le ton satirique perd un peu de sa charge au profit du développement de la dramaturgie de l’histoire. La limite étant que contrairement aux succès d’Adam McKay qui parvenaient à vulgariser la complexité du monde de la finance ou de la politique, les épisodes de la série sont très chargés en références culturelles qui peuvent laisser sur le côté le spectateur peu familier avec l’histoire de ce sport et son impact dans la culture américaine.

 

 

Winning Time reste toutefois servie par un sens de la narration assez efficace, qui permet d’identifier, au fil des épisodes, les différents défis que Jerry Buss a dû relever en rachetant le club, mais aussi ceux auquel les deux icônes de l’époque ‘Magic’ Johnson et Kareem Abdul-Jabbar ont été confrontés : pour le premier, la célébrité soudaine avec toutes ses outrances, pour l’autre la mise en adéquation de sa foi et de sa situation de superstars, et pour les deux la coopération dans une équipe qui a entreprit de se rendre beaucoup plus « bling-bling ».

 

Le tout est porté par un casting en or, avec Jason Segel, Adrien Brody, Rob Morgan, Sally Field, mais aussi Gaby Hoffmann (Nos Âmes d’Enfants) en comptable débordée par la machine sexiste du monde des affaires, Jason Clarke en coach hanté par ses échecs passés, ou encore Jason C. Reilly dans le rôle de Jerry Buss. Ce casting magistral et cette narration ciselée, bien que souffrant parfois d’une certaine lourdeur, font de Winning Time un spectacle assez captivant sur cette épopée à l’image du pays et de la décennie qui en ont été spectateurs.

 

Théotime Roux

 

 

 

  • WINNING TIME : THE RISE OF THE LAKERS DYNASTY
  • Diffusion : depuis le 7 mars 2022
  • Plateforme :  OCS City
  • Création : Max Borenstein & Jim Hecht
  • Réalisation : Adam McKay, Jonah Hill, Tanya Hamilton, Payman Benz…
  • Avec : John C. Reilly, Quincy Isaiah, Jason Clarke, Gaby Hoffmann, Hadley Robinson, DeVaughn Nixon, Solomon Hughes, Tamera Tomakili, Brett Cullen, Stephen Adly Guirgis, Spencer Garrett, Sarah Ramos, Molly Gordon, Rob Morgan
  • Scénario : Max Borenstein, Jim Hecht, Rodney Barnes, Rebecca Bertuch
  • Production exécutive : Adam McKay & Max Borenstein
  • Durée : 10 épisodes de 55 à 59 minutes

 

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