Cannes 2018 / En avant la musique (jour 3, photos)

Publié par Philippe Descottes le 12 mai 2018
Lete - Leto de Kirill Serebrennikov

L’été – Leto de Kirill Serebrennikov

Pour ce troisième jour cannois, la musique était à l’honneur du côté de la Russie avec L’Eté, et la Pologne, avec Zimna Wojna. Mais aussi à travers Plaire, aimer et courir vite, le nouveau film de Christophe Honoré.

 

 

 

Plaire aimer et courir vite

Plaire aimer et courir vite / Cannes 2018 – Crédit Philippe Prost pour CineChronicle

La matinée a commencé par la reprise de L’Eté (Leto) de Kirill Serebrennikov, suivi de Yomeddine de A.B. Shawky, présentés l’un et l’autre en projection de gala la veille au soir. Il fallait attendre la fin de l’après-midi pour voir Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré, premier des quatre films français de la Sélection officielle en Compétition.

 

Si le profil de cette section a été renouvelé à l’occasion de cette 71e édition, avec la présence de cinéastes qui viennent pour la première fois, Christophe Honoré est lui un habitué de Cannes. Il avait été découvert en 2002, à Un Certain Regard, avec 17 fois Cécile Cassard, son premier long, avant de présenter Les Chansons d’Amour (en compétition) en 2007, puis Les Bien-aimés (hors compétition) en 2011. 

 

Plaire aimer et courir vite, qui sort dans les salles en même temps, nous replonge dans le Paris des années 1990, marquées par les ravages du sida, à l’instar de 120 Battements par minute de Robin Campillo, Grand prix au Festival de Cannes et grand vainqueur des César 2018. Mais au lieu du récit de militants d’Act-up, le réalisateur nous plonge dans un mélodrame nostalgique et se focalise sur l’histoire sentimentale qu’Arthur, 20 ans, interprété par Vincent Lacoste, étudiant à Rennes, va vivre lors de sa venue à Paris avec Jacques, joué par Pierre Deladonchamps, trentenaire, écrivain et dramaturge. La reconstitution de ces années repose notamment sur un important travail effectué, sur les musiques et les chansons.

 

Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste - Plaire aimer et courir vite

Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste – Plaire aimer et courir vite / Cannes 2018 – Crédit Philippe Prost pour CineChronicle

Après le rock underground à Leningrad dans les années 1980, évoqué dans L’été, la musique était encore à l’honneur avec l’autre film de la Compétition Zimna Wojna (Cold War), de Pawel Pawlikowski, qui raconte l’amour impossible d’un musicien épris de liberté et d’une jeune chanteuse passionnée, pendant la Guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950. Point commun de ces deux films venus de l’Est, ils sont l’un et l’autre en noir et blanc.

 

La Sélection officielle Un Certain Regard proposait de son côté deux nouveaux films. Gräns (Border) du réalisateur danois Ali Abbasi, suit Tina, une douanière à l’efficacité redoutable et connue pour son odorat hors du commun qui l’amène à déceler la culpabilité d’un individu. Mais quand Vore, un homme d’apparence suspecte, passe à la douane, ses capacités sont mises à l’épreuve. Une coproduction suédo-danoise à l’aspect réaliste qui ne tarde pas à basculer dans le fantastique et l’horreur.

 

Cold War

Cold War / Cannes 2018 – Crédit Philippe Prost pour CineChronicle

Enfin, À genoux les gars, troisième long métrage réalisé par Antoine Desrosières après À la belle étoile (1993) et Banqueroute (2000), dont le titre avait déjà suscité un vif intérêt et une certaine attente lors de l’annonce de la Sélection officielle par Thierry Frémaux en avril dernier. Les spectateurs n’auront pas été déçus avec cette « comédie de banlieue » sur un sujet grave (le viol), tourné en plans-séquences et axé sur les dialogues.

 

Le cinéaste est parti de cette idée : « Comment la frustration engendre la violence : voici ce que nous voulions développer dans la deuxième partie de notre diptyque. De là à dire que l’interdit provoque la violence, et qu’une société libérée de ses prisons culturelles et tabous réintroduirait en même temps plus d’égalité, plus d’épanouissement, et plus d’amour, il n’y a qu’un pas qui est l’utopie sous-tendue derrière ces constats. » L’accueil que l’assistance (public et critiques) lui a réservé a été partagé, les applaudissements à la fin de la séance étant accompagnés de huées. D’ailleurs, pendant la projection, on a entendu claquer les fauteuils des mécontents quittant la salle. Un bon vieux classique cannois comme quoi le Festival est bien lancé !

 

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