Jean-Christophe et Winnie de Marc Forster : critique 

Publié par Sévan Lesaffre le 24 octobre 2018

Synopsis : Jean-Christophe, le petit garçon qui adorait arpenter la Forêt des Rêves bleus en compagnie de ses adorables et intrépides animaux en peluche, est désormais adulte. Avec l’âge, il est devenu sérieux et a perdu toute son imagination. Pour lui rappeler l’enfant attachant et enjoué qu’il n’a jamais cessé d’être, Winnie l’ourson et ses célèbres amis vont prendre tous les risques, y compris celui de s’aventurer dans notre monde bien réel…

♥♥♥♥♥

 

Jean-Christophe et Winnie - affiche

Jean-Christophe et Winnie – affiche

Jean-Christophe et Winnie, nouvelle adaptation en prises de vue réelles signée Disney réalisée par l’éclectique Marc Forster (Neverland, Quantum of Solace, World War Z), reprend les célèbres personnages créés en 1924 par l’auteur britannique Alan Alexander Milne. Le studio, toujours aussi favorable à l’idée de dépoussiérer ses succès, fait ici appel aux producteurs Brigham Taylor (Le Livre de la Jungle) et Kristin Burr (La Proposition), afin de recycler, une fois de plus, un classique du cinéma d’animation : Les Aventures de Winnie l’ourson de John Lounsbery et Wolfgang Reitherman sorti en 1977. Si cette suite des péripéties de Winnie l’ourson est à la fois tendre, sentimentale et nostalgique, elle souffre toutefois d’une introduction confuse —faite d’un surplus d’ellipses— laquelle tente d’inventer un background au personnage principal. Jean-Christophe, le jeune garçon qui a partagé d’innombrables aventures avec ses animaux en peluche dans la Forêt des Rêves bleus, est devenu adulte. Ce dernier vit à Londres au milieu du siècle dernier, tiraillé entre sa vie de famille et une carrière professionnelle aliénante. Responsable au sein de la bagagerie Winslow, il jongle tant bien que mal entre sa situation et l’équilibre de son foyer, oubliant les jours d’émerveillement et de fantaisie qui ont pourtant ensoleillé son enfance. C’est alors que Winnie l’ourson intervient afin de lui rafraîchir la mémoire. Si ce pitch semble quelque peu simpliste, il se penche en réalité sur l’enfance insouciante et la recherche du bonheur ; l’amour étant le vrai sujet du film. Les Robin forment un cocon touchant. Madeleine, interprétée par la douce Bronte Carmichael —modelée en parfaite petite fille studieuse— voue une véritable passion pour l’imaginaire tandis qu’Evelyn, personnage-pivot interprété par Hayley Atwell (Le Rêve de Cassandre, Avengers : L’Ère d’Ultron, Cendrillon), personnifie la mère aimante.

 

Jean-Christophe et Winnie

Jean-Christophe et Winnie

 

Ewan McGregor (Jane Got a Gun, Miles Ahead, T2 Trainspotting), dans un rôle à la James Stewart, incarne quant à lui la nature enfantine enfouie chez Jean-Christophe devenu un adulte (trop) sérieux, (trop) stricte. L’acteur donne un air candide au protagoniste transformé par la guerre et dont la vie reprend forme. Comme toujours chez Disney, le livre illustré, porte d’accès à l’imaginaire, plonge le spectateur dans l’histoire. L’introduction crayonnée de Jean-Christophe et Winnie rend ainsi hommage aux délicates illustrations à l’aquarelle d’Ernest H. Shepard. Les chapitres défilent et les décors so british s’enchaînent. L’atmosphère se veut globalement fidèle à l’oeuvre originale et les clins d’oeil aux précédents métrages ne manquent pas. Forster donne à voir de très belles images ; la remarquable photographie de Matthias Koenigswieser privilégie une palette de couleurs automnales et une tonalité pastel, donnant à l’ensemble une envergure nostalgique. La BO co-signée Jon Brion (Lady Bird) emprunte quelques airs tirés des célèbres compositions des frères Sherman (Winnie l’Ourson ou encore C’est Merveilleux d’être un Tigre). Richard Sherman écrit lui aussi trois nouvelles chansons : Goodbye Farewell, Christopher Robin et Busy Doing Nothing dont deux sont malheureusement reléguées au générique.

 

Jean-Christophe et Winnie

Jean-Christophe et Winnie

 

Jean-Christophe et Winnie attendrit le spectateur. La simplicité des personnages —lesquels incarnent un spécifique trait de caractère : l’optimisme (Winnie), l’énergie (Tigrou), la mélancolie (Bourriquet), la sagesse (Maître Hibou), l’autorité (Coco Lapin)— parle aux enfants et résonne chez les adultes. Les animaux en trois dimensions, qui interagissent pour la première fois avec le monde réel, ressemblent à de vraies peluches, d’où leur aspect usé, délavé, décoloré. L’ourson, grand amateur de miel, conserve toutefois son caractère poétique. De même, dans le respect du « Poohism », les dialogues ont souvent une signification philosophique. On retrouve en VO l’interprétation de Jim Cummings, qui donne vie à Winnie depuis 1988. Dans la version française, le pétillant Patrick Préjean prête de nouveau sa voix à Tigrou.

 

Jean-Christophe et Winnie dégage un certain charme mélancolique et spielbergien : celui de l’adulte qui a oublié l’enfant qu’il était jadis. Forster ne gomme pas l’esprit premier de cette aventure au doux parfum d’enfance (comme le formule l’accroche « on ne perd jamais son âme d’enfant »). Si l’adaptation en live action ne parvient pas à égaler les versions animées, elle devrait séduire les enfants et les parents d’aujourd’hui qui ne veulent pas grandir.

 

 

 

  • JEAN-CHRISTOPHE ET WINNIE (Christopher Robin)
  • Sortie salles : 24 octobre 2018
  • Réalisation : Marc Forster
  • Avec : Ewan McGregor, Hayley Atwell, Bronte Carmichael, Mark Gatiss, Adrian Scarborough et les voix de Jim Cummings, Brad Garrett, Toby Jones….
  • Scénario : Alex Ross Perry, Tom McCarthy, Allison Schroeder d’après une histoire de Greg Booker et Mark Steven Johnson et les personnages créés par A.A. Milne et E.H. Shepard
  • Production : Brigham Taylor, Kristin Burr
  • Photographie : Matthias Koenigswieser
  • Montage : Matt Chesse
  • Décors : Jennifer Williams
  • Costumes : Jenny Beavan
  • Musique : Geoff Zanelli, Jon Brion
  • Distribution : The Walt Disney Company France
  • Durée : 1h43

 

 

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