Mowgli – La Légende de la jungle d’Andy Serkis : critique

Publié par CineChronicle le 12 décembre 2018

Synopsis : Enfant, Mowgli est élevé par une meute de loups au cœur de la jungle indienne. Tandis qu’il apprend les lois souvent âpres de la jungle, sous la responsabilité de l’ours Baloo et de la panthère Bagheera, Mowgli est accepté par les animaux de la jungle comme l’un des leurs – sauf par le terrible tigre Shere Khan. Mais des dangers bien plus redoutables guettent notre héros, au moment où il doit affronter ses origines humaines.

♥♥♥♥♥

 

Mowgli - affiche Netflix

Mowgli – affiche Netflix

Quand on dit Le Livre de la Jungle, l’envie prend de se trémousser en chantant « Il en faut peu pour être heureux ». Le dessin animé originel de Walt Disney, en 1967, et le très bon remake en live-action de Jon Favreau en 2016, ont gravé Mowgli, Baloo et Bagheera dans la culture populaire. Mais c’était oublier que Le Livre de la Jungle, c’est d’abord un recueil de nouvelles de Rudyard Kipling, un livre d’enfance, certes, mais bien plus cruel que son adaptation par Disney. Une adaptation fidèle manquait et Andy Serkis s’y est attaché, pour Mowgli : La Légende de la jungle, sorti par Netflix. Warner Bros. avait d’abord proposé le film sans succès à Alejandro González Iñárritu (Birdman, The Revenant) et Ron Howard (Apollo 13, Rush), avant de le confier à Andy Serkis pour sa première expérience comme réalisateur. Souffrant de la concurrence et du succès du film de Favreau, également en motion capture, Mowgli, annoncé pour octobre 2016, se voit repousser sine die jusqu’à ce que Netflix récupère l’oeuvre. Embaucher l’interprète de Gollum et de César pour réaliser un long-métrage en motion capture est-il un gage de qualité ? Le casting de Mowgli n’a pas à fléchir face à Disney : Andy Serkis en Baloo, Christian Bale en Bagheera, Cate Blanchett en Kaa, Benedict Cumberbatch en Shere Khan… Mais Disney remporte la manche. Malgré une jungle luxuriante, un doublage réussi et une animation très réussie qui s’intègre parfaitement, le choix a été pris de mélanger les traits des acteurs à ceux des animaux. Il en résulte des personnages aux traits bizarres, presque caricaturaux, qui font davantage penser à un jeu vidéo. Mais le principal argument de Mowgli, c’est de proposer une adaptation plus fidèle.

 

Mowgli - Andy Serkis

Mowgli – Andy Serkis

 

Exit donc les chansons, le Roi Louie, l’hypnose de Kaa et consorts. Baloo n’est plus un benêt, mais un sergent instructeur rude ; Bagheera n’est plus un gros chat. Mowgli est entouré de bêtes sauvages, tous crocs et griffes dehors, et la loi de la jungle est cruelle. Adieu la mignonnerie !  Au lieu de sortir de l’enfance en parcourant les différents royaumes des animaux comme chez Disney, Mowgli est rejeté des loups pour son apparence, inadapté physiquement à l’environnement et est sans cesse balloté entre son humanité et son animalité. Comme le livre, Mowgli continue là où les Disney s’arrêtent ; quand il retrouve le monde des hommes et tente de s’y réadapter, dernier acte du film. L’œuvre de Serkis retrouve le sens premier du livre sur la lutte entre nature et culture, et ne s’écarte du récit que pour un personnage de chasseur anglais, John Lockwood (Matthew Rhys), qui prend Mowgli sous son aile mais se révèle bien funeste. Il faut y voir un pied de nez à Kipling, chantre du colonialisme et du « fardeau de l’homme blanc », puisque ce chasseur porte le même nom que son père…

 

Mowgli - Andy Serkis

Mowgli – Andy Serkis

 

Mowgli surprend son spectateur qui ne connaît le Livre de la Jungle que par la lecture de Disney. S’il était sorti en salles, on imagine la réaction des enfants devant une œuvre bien plus sombre, avec son lot de séquences traumatisantes. On est bien loin des singes qui swinguent. Se prenant parfois trop au sérieux, Mowgli réussit son ambition d’être une adaptation fidèle, ouvrant de nouveaux horizons au spectateur, mais il est néanmoins battu par Le Livre de la Jungle de Jon Favreau, en termes de divertissement et d’effets spéciaux.

 

Arthur de Boutiny

 

 

 

  • MOWGLI : LA LÉGENDE DE LA JUNGLE (Mowgli : Legend of the Jungle)
  • Chaîne / Plateforme : Netflix
  • Date de diffusion : 7 décembre 2018
  • Réalisation : Andy Serkis
  • Avec : Rohan Chand, Andy Serkis, Christian Bale, Benedict Cumberbatch, Naomie Harris, Cate Blanchett, Peter Mullan, Matthew Rhys, Eddie Marsan, Jack Reynor, Tom Hollander, Freida Pinto
  • Scénario : Callie Kloves, d’après Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling
  • Production : David Barron, Jonathan Cavendish, Steve Kloves, Genevieve Hofmeyr, Nikki Penny
  • Photographie : Michael Seresin
  • Montage : Alex Marquez, Jeremiah O’Driscoll, Mark Sanger
  • Décors : Gary Freeman
  • Costumes : Alexandra Byrne
  • Musique : Nitin Sawhney
  • Durée : 1h44

 

Commentaires

A la Une

The Department : Michael Fassbender pourrait jouer dans la série d’espionnage de George Clooney

Michael Fassbender est actuellement en discussion pour rejoindre The Department, la série d’espionnage réalisée par George Clooney et basée sur… Lire la suite >>

César 2024 : Anatomie d’une Chute rafle la mise avec six récompenses

L’Olympia accueillait la 49e Cérémonie des César ce vendredi 23 février. Si les récompenses n’ont pas créé de grandes surprises,… Lire la suite >>

Micheline Presle, star de Falbalas et du Diable au Corps, s’éteint à 101 ans

La doyenne du cinéma français, qui a partagé l’affiche avec les plus grands de l’époque comme Paul Newman et Erroll Flynn, nous a quittés ce 21 février.

Jurassic World 4 : Gareth Edwards en pourparlers pour réaliser le prochain volet

Après le départ de David Leitch, c’est Gareth Edwards, réalisateur de Rogue One, qui serait envisagé par Universal pour reprendre les rênes de l’univers Jurassic Park.

American Nails : Abel Ferrara prépare un film de gangsters moderne avec Asia Argento et Willem Dafoe

Abel Ferrara, réalisateur de Bad Lieutenant et de The King of New York prépare une histoire de gangsters moderne située en Italie, avec Asia Argento et Willem Defoe dans les rôles principaux.

Nos vidéos

Box OFFICE France

Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 BOB MARLEY : ONE LOVE 772 865 1 772 865
2 MAISON DE RETRAITE 2 526 067 1 526 067
3 COCORICO 383 132 2 967 838
4 CHIEN & CHAT 314 952 1 314 952
5 MADAME WEB 207 894 1 207 894
6 LE DERNIER JAGUAR 177 731 2 400 111
7 LA ZONE D'INTERET 130 142 3 535 450
8 DAAAAAALI ! 116 376 2 325 922
9 TOUT SAUF TOI 112 338 4 451 874
10 SANS JAMAIS NOUS CONNAITRE 74 540 1 74 540

Source: CBO Box office

Nos Podcasts