Synopsis : Liz, une mère célibataire tombée amoureuse de Ted Bundy, refuse de croire à ses crimes pendant des années. Drame inspiré de faits réels.

♥♥♥♥♥

 

Extremely Wicked Shockingly Evil and Vile - poster

Extremely Wicked Shockingly Evil and Vile – poster

Le tueur en série est une source d’inspiration particulièrement féconde pour le cinéma et Netflix, qui a tiré gloire et succès critique de ses séries « true crime » comme Making A Murderer ou Mindhunter. Et dans le panthéon des psychopathes, Ted Bundy occupe une belle place. Auteur d’au moins trente meurtres et viols particulièrement monstrueux, son apparence de bel homme, aimable, charismatique, bien inséré socialement, étudiant en droit capable d’assurer lui-même sa défense, en a confondu plus d’un. L’auteur de polars Ann Rule l’a ainsi rencontré… dans un service d’assistance suicide, alors qu’il égrenait déjà les cadavres. Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile (« extrêmement méchant, choquant et vil », d’après une remarque du juge lors du procès de Ted Bundy) a été réalisé par Joe Berlinger en même temps que Ted Bundy : Autoportrait d’un tueur, docusérie en quatre épisodes également publiée sur Netflix. Berlinger n’en est pas à son coup d’essai. Précurseur du style de Making A Murderer, il s’est fait connaître par ses documentaires Paradise Lost (sur des meurtres satanistes au Tennessee) et Whitey (sur le gangster James Bulger, qui a inspiré Les Infiltrés et Strictly Criminal). Mais si la série reprend les interviews de Bundy dans le couloir de la mort, la fiction, elle, analyse la personnalité de Ted Bundy… à travers les yeux et le témoignage de sa compagne de l’époque, Liz Kendall. La tenue du rôle principal de Zac Efron, le beau gosse de High School Musical, aurait fait hausser les épaules de dédain si l’acteur n’avait pas révélé une personnalité plus profonde avec notamment Paperboy

 

Zac Efron - Ted Bundy

Zac Efron en Ted Bundy dans Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile

 

Si ce rôle (avec prothèse) doit permettre à Efron de sortir de la comédie potache, il s’avère plutôt convaincant en sociopathe suave, imbu de son propre charme, manipulateur et arc-bouté jusqu’au bout sur ses mensonges. L’impression produite par son regard froid et son assurance est glaçante et fascinante. En face de lui, Lily Collins (remarquée dans The Blind Side et Okja) campe une compagne victime de la manipulation et des cajoleries de Ted Bundy, refusant d’abord de croire aux accusations, puis se retrouvant de plus en plus harcelée mais niant la vérité, à la fois par incrédulité, par peur d’être rejetée que de crainte de se rendre compte qu’elle avait accordé sa confiance et même sa fille à un tueur en série.

 

Adopter le point de vue d’un proche est loin d’être un choix conventionnel dans le « true crime » et le récit reconstruit très bien l’emprise que Bundy exerçait sur Liz Kendall et on pourrait prendre la première partie comme un drame judiciaire où un innocent doit se laver des accusations que la justice fait peser sur lui. Comme dans l’excellent Harry, un ami qui vous veut du bien, ce choix narratif permet d’expliciter l’idée qu’un psychopathe n’a rien d’un monstre mais peut avoir un aspect anodin, voire rassurant, soit tout le paradoxe de Ted Bundy. La violence des meurtres de Bundy n’est pas du tout montrée à l’écran, la laissant au domaine de l’imagination du spectateur… Et cela rend les actes d’autant plus effroyables.

 

Zac Efron et Lily Collins dans Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vil

Zac Efron et Lily Collins dans Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile

 

Hélas, dans sa deuxième partie, ce fil rouge est perdu au profit du procès de Ted Bundy, et Liz Kendall est quasiment escamotée. Le film ressemble dès lors à un long épisode d’Esprits Criminels ou de New York Police Judiciaire. Les nombreux caméos renforcent cette idée d’épisode de série télé. On reconnaît Kaya Scodelario (prochainement dans Crawl), Angela Safaryan (Westworld), John Malkovich (qui semble avoir signé un contrat long terme avec Netflix, puisqu’on le voyait déjà dans Bird Box et Velvet Buzzsaw)… et même Jim Parsons (mais oui, Sheldon Cooper) et Haley Joel Osment (mais oui, l’enfant de Sixième Sens et A.I.).

 

Néanmoins, plongée réussie dans l’intimité d’un tueur en série au-dessus de tout soupçon, Extremely Wicked… n’est pas, comme on aurait pu le craindre, qu’une tentative désespérée de Zac Efron pour briser son image de tombeur de midinettes. Il s’avère un bon acteur (sans égaler Cameron Britton, excellent dans Mindhunter) et on attend d’autant plus sa prestation dans The Beach Bum d’Harmony Korine, attendu cette année. Et pour l’usager de Netflix, une fois le film fini, l’algorithme lance automatiquement le docusérie qui l’accompagne, comme pour aller plus loin…

 

Arthur de Boutiny

 

 

 

  • EXTREMELY WICKED, SHOCKINGLY EVIL AND VILE
  • Date de diffusion : 3 mai 2019
  • Plateforme / Chaîne : Netflix
  • Réalisation : Joe Berlinger
  • Avec Zac Efron, Lily Collins, Kaya Scodelario, Jeffrey Donovan, Angela Sarafyan, Dylan Baker, Brian Geraghty, Jim Parsons, John Malkovich, Haley Joel Osment
  • Scénario : Michael Werwie, d’après The Phantom Prince : My Life with Ted Bundy par Elizabeth Kendall
  • Production : Michael Costigan, Nicholas Chartier, Joe Berlinger, Ara Keshishian, Michael Simkin
  • Photographie : Brandon Trost
  • Montage : Josh Schaeffer
  • Décors : Brandon Tonner-Connolly
  • Costumes : Megan Stark Evans
  • Musique : Marco Beltrami, Dennis Smith
  • Durée : 1h48

 

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