Synopsis : 1969, Indiana Jones, estimé professeur au Hunter College de New York, est sur le point de prendre sa retraite. L’arrivée surprise de sa filleule Helena Shaw va remettre le professeur Jones en route pour une dernière épreuve, retrouver le cadran d’Archimède, un antique artefact capable de de localiser les fissures temporelles.

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Indiana Jones et le cadran de la destinee - affiche

Indiana Jones et le cadran de la destinee – affiche

Un retour de l’aventurier le plus célèbre du septième art était envisagé depuis le rachat de Lucasfilm par Disney en 2012. D’abord annoncé en 2015 avec Steven Spielberg aux commandes et David Koepp au scénario (la même équipe créative que sur Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal), le projet connaît de nombreux reports. Cinq ans plus tard, Spielberg passe finalement le relais à James Mangold (réalisateur de Walk the Line, Logan, Le Mans 66) qui part sur de toutes nouvelles bases. Conséquence de ce long temps de gestation, Indiana Jones et le Cadran de la Destinée donne souvent l’impression de ne pas vraiment savoir comment aborder son héros. Les choses commencent pourtant de manière plutôt intrigante, avec une scène d’ouverture où se mêlent étroitement classicisme et modernité. Retour en 1944. Indy fait à nouveau face à ses ennemis de prédilection, les nazis. Entre évasions, infiltration, bonne dose d’humour et coups de poing sur les vils membres du Troisième Reich, le fan est en terrain plus que connu, et pourtant… C’est un Harrison Ford rajeuni numériquement de près d’une quarantaine d’années qui mène cette chasse au trésor contre les nazis. Tantôt perturbant, tantôt bluffant, si ce visage numérique ne fonctionne pas toujours parfaitement, il n’en demeure pas moins une perspective proprement vertigineuse d’un avenir du cinéma.

 

Harrison Ford Indiana Jones et le cadran de la destinee

Harrison Ford – Indiana Jones et le cadran de la destinée

 

Malgré cette promesse de faire du jeune avec du vieux, Indiana Jones et le Cadran de la Destinée revient bien vite sur des rails plus connus, ceux du film d’aventures à l’ancienne. Peu importe qu’Indy/Ford soit quasi-octogénaire, ce dernier met des coups, en reçoit, court et saute comme si de rien n’était. Quelques rapides instants soulignent bien que notre héros est sans doute trop vieux pour tout ça (comme cette belle scène d’escalade entre parrain et filleul), mais ils apparaissent comme des promesses non tenues qui se seraient heurtées à l’épreuve de devoir faire un film d’action autour d’un héros du troisième âge.

 

En dépit de ce rendez-vous manqué, ce cinquième volet contient son lot de bonnes trouvailles. À commencer par les deux nouveaux personnages les plus importants. Comme attendu, Phoebe Waller-Bridge fait l’effet d’une petite tornade dans l’univers. L’actrice et autrice de Fleabag apporte son humour délicieusement cynique et désabusé, mais néanmoins empreint d’humanisme. Beaucoup plus suave mais non moins excellent, Mads Mikkelsen incarne à merveille le mathématicien nazi Jürgen Voller avec sa classe habituelle et une retenue glaçante.

 

À côté de ces réussites d’écriture, s’il y a bien un domaine où Mangold s’en sort avec les honneurs, c’est bien les scènes d’action, et plus particulièrement de courses-poursuites. Rompu à la mise en scène de la vitesse, comme il l’a montré sur Le Mans 66, le cinéaste enchaîne les poursuites rythmées et dynamiques, tout en restant toujours parfaitement lisibles. Avec vélocité, les personnages passent de la voiture à la moto, des chevaux aux voiturettes, des rues à la nature.

 

Phoebe Waller-Bridge et Harrison Ford - Indiana Jones et le cadran de la destinee

Phoebe Waller-Bridge et Harrison Ford – Indiana Jones et le cadran de la destinée

 

Sans atteindre la maestria de son précédent long-métrage, Mangold emballe des séquences d’action bien supérieures à la moyenne de ce qui se fait en 2023. Mais à côté de ces scènes réussies, le film se perd aussi dans des circonvolutions franchement dispensables qui plombent son rythme. C’est notamment le cas du deuxième acte, et plus particulièrement de toute la séquence se déroulant en mer. Récit et personnages font du surplace et la scène de plongée, censée apporter un peu de spectacle, se révèle fouillis et difficilement lisible.

 

Mais peut-être conscient de ce ventre mou, Mangold garde le meilleur pour la fin et conclut son histoire sur un climax audacieux, spectaculaire et même touchant. Outre son renvoi au dénouement d’Indiana Jones et la dernière Croisade, la dernière partie aborde enfin de face le crépuscule de son héros. Ce cinquième épisode étant également le dernier (avec Ford dans le rôle), les auteurs ont aménagé à leur héros une porte de sortie qui pourrait surprendre, tout en le traitant avec une bienveillance qui rappelle la superbe conclusion de Mon nom est Personne.

 

Le professeur Jones peut donc tranquillement prendre sa retraite et couler des jours paisibles. Car tout aussi imparfait soit-il, cet ultime opus reste un bel adieu à l’une des plus grandes icônes du septième art.

 

Timothée Giret

 

 

 

  • INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE (Indiana Jones and the Dial of Destiny)
  • Sortie : 28 juin 2023
  • Réalisation : James Mangold
  • Avec : Harrison Ford, Phoebe Waller-Bridge, Mads Mikkelsen, Ethann Isidore, John Rhys-Davies, Antonio Banderas, Thomas Kretschmann, Boyd Holbrook, Toby Jones…
  • Scénario : Jez Butterworth, John-Henry Butterworth, David Koepp et James Mangold
  • Production : Simon Emanuel, Kathleen Kennedy et Frank Marshall
  • Photographie : Phedon Papamichael
  • Montage : Andrew Buckland, Michael McCusker et Dirk Westervelt
  • Décors : Adam Stockhausen
  • Costumes : Joanna Johnston
  • Musique : John Williams
  • Distribution : The Walt Disney Company France
  • Durée : 2 h 34

 

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