Série/ Sons of Anarchy (l’intégrale) : critique

Publié par Guillaume Ménard le 5 janvier 2015
Danny Trejo et Ron Perlman dans Sons of Anarchy sur FX

Danny Trejo et Ron Perlman dans Sons of Anarchy sur FX

 

Puis la cinquième saison déçoit à nouveau au vu des attentes générées, avec un Clay déchu, presque inoffensif. La rivalité qui l’opposait à Jax était l’un des fondements de la série et sa résolution est à l’image de cette saison qui peine à surprendre. Les segments narratifs sont largement prévisibles, à l’exception de la perte d’un des membres des Sons qui plonge alors Jax dans une situation de non-retour.

 

C’est pourtant la sixième saison qui voit Sons Of Anarchy atteindre son plus haut niveau, avec une escalade de la violence inégalée. Jax voit son club tomber inexorablement dans une spirale de sauvagerie où les fusillades rythment les épisodes. L’évolution du personnage prend alors son sens, la protection de sa famille justifie tous les coups portés dans la rue. La réalisation travaillée se veut plus sobre, diminuant les effets de style pour mieux se concentrer sur le caractère brut des actions. La photographie se révèle plus soigneuse dans les intérieurs nocturnes, offrant des contrastes clairs obscurs. L’épisode final réussit un pari risqué, celui de l’audace et d’un parti pris jusqu’au-boutiste. Pour une fois, Kurt Sutter mène un personnage à une fin logique, dans un cadre criminel, avec de vraies conséquences, l’occasion pour Charlie Hunnam d’offrir une composition pleine de justesse.

 

Sons of Anarchy sur FX

Sons of Anarchy sur FX

 

Hélas, la septième et dernière saison enterre tout espoir de voir la série se relever. La réalisation renoue avec ses pires défauts, les performances sont toujours inégales, l’intrigue reste dénuée d’intérêt et les personnages se raidissent dans leurs caractéristiques. Jax avance vers son destin, traversant les règlements de compte dans un mode déshumanisé où la symbolique est trop appuyée pour être subtile. En effet, les allégories religieuses sont omniprésentes dans Sons Of Anarchy, un tableau dégoulinant de fatalisme dominé par le sacrifice. Jax prénomme son fils Abel, l’apparition des corbeaux renvoie à la mort, image inhérente à SAMCRO ou « Sam Crow » (« Sam Corbeau »), et l’un des derniers plans de la série, n’est qu’une représentation de la Crucifixion. La lourdeur des métaphores pousse jusqu’à la personnalisation même de la Faucheuse, effigie du club, incarnée par une jeune sans-abri qui apparaît régulièrement dans la série aux moments opportuns. Le dénouement de cette dernière partie est donc raté. Sur l’écran noir qui fait tomber le rideau, s’inscrit la citation de William Shakespeare. Elle confirme le tribut au dramaturge anglais et à Hamlet : « Doute que les étoiles soient feu, Doute que le soleil se meuve, Doute de la vérité même, Mais ne doute pas que je t’aime ».

 

Charlie Hunnam, Kim Coates, Mark Boone Junior, Rusty Coones, Tommy Flanagan dans Sons of Anarchy

Charlie Hunnam, Kim Coates, Mark Boone Junior, Rusty Coones, Tommy Flanagan dans Sons of Anarchy

 

Charlie Hunnam parvient parfois à impressionner dans son rôle de Jax, mais le charisme n’est cependant pas synonyme de talent, sa performance restant la plupart du temps très bancale. Le reste du casting est dans la même lignée, Ron Perlman livre une prestation poussive et Katey Sagal se répète dans un personnage vulgaire et prévisible. Théo Rossi dans le rôle de Juice et Dayton Callie ont l’air perdu et provoquent à la fois l’hilarité et l’agacement, même dans les situations les plus tragiques. Quant au personnage de Happy (David Labrava), il est tout simplement inutile. A contrario, les rôles secondaires comme ceux de Tommy Flanagan et Kim Coates qui jouent Chibs et Tig, rehaussent le niveau de nombreux épisodes. Maggie Siff tire aussi son épingle du jeu. Elle donne à Tara une dimension émotionnelle et une justesse de ton qui contraste avec les autres personnages féminins. Quant aux guest-stars, elles sont nombreuses. On croise notamment Stephen King en nettoyeur ou encore Danny Trejo et Marilyn Manson.

 

Ainsi, Sons Of Anarchy est ainsi une série inégale. C’est regrettable dans la mesure où Kurt Sutter avait pourtant les outils nécessaires pour faire de cette tragédie motorisée une fresque shakespearienne de référence.

 

 

  • Série américaine SONS OF ANARCHY diffusée du 3 Septembre 2008 au 9 Décembre 2014 sur FX.
  • Créateur : Kurt Sutter
  • Avec : Charlie Hunnam, Ron Perlman, Katey Sagal, Maggie Siff, Kim Coates, Tommy Flanagan, Dayton Callie, Theo Rossi, Jimmy Smits, Mark Boone Junior, Drea de Matteo, Niko Nicotera, David Labrava, Malcolm-Jamal Warner, Mathew St Patrick…
  • Producteurs: John Linson, Art Linson, James D.Parriott
  • Diffusion des 7 saisons en France sur M6 depuis le 9 octobre 2009, sur Série Club dès le 4 novembre 2012 et W9 à partir du 7 juillet 2013.

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Source: CBO Box office

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