Résumé : Blockbuster. Depuis près de cinquante ans, ce terme militaire, synonyme de déflagration, désigne dans la culture populaire un type de film à gros budget et à effets spectaculaires, garantissant un succès public lors de sa sortie en salle. De blockbuster à « block d’auteur », retour sur ces films devenus cultes.

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Casser la baraque - affiche - blockbuster

Casser la baraque – affiche

Pour beaucoup le triomphe de Spider Man : No Way Home (Jon Watts, 2021) au box-office est apparu comme le symbole d’un changement d’époque. Si la domination du film de super-héros sur le marché international n’est pas un phénomène nouveau, la réussite de cette énième déclinaison des aventures de l’homme-araignée avait bien quelque chose de symbolique. Car le triomphe du nouveau jalon de l’écurie Marvel ne fit que renforcer l’échec aussi cuisant qu’inattendu du pourtant magnifique West Side Story de Steven Spielberg. L’ancien roi des blockbusters s’est vu ainsi détrôné par un nouveau type de super-productions privilégiant l’effet spécial sur la thématique personnelle, la productivité sérielle sur l’originalité de la création unique. Un an plus tôt, c’était Christopher Nolan qui faisait les frais de ce changement de paradigme. Le semi-échec de Tenet (2020) était aussi celui du blockbuster d’auteur né au mitant des années 1970 et dont le documentaire de Nicolas Billon se propose de raconter l’histoire. Stimulant dans son fond et dans sa forme, le montage du film enchaîne les extraits pour mieux faire apprécier la richesse de d’une vaste filmographie qui des Dents de la mer (Steven Spielberg, 1975) à Avatar (James Cameron, 2009) force l’admiration par sa cohérence. Celle-ci est finement analysée par de nombreux spécialistes qui reviennent sur les origines historiques de ce type de films pour mieux commenter les spécificités stylistiques de productions en particulier.

 

L’apparition des vaisseaux spatiaux dans Star Wars, épisode IV (George Lucas, 1977) suscite un plaisir immersif qui deviendra la marque de fabrique de ces mastodontes du grand écran dont le formatage apparent n’empêche nullement l’épanouissement de démarches singulières. Ainsi du cinéma de John McTiernan qui illustre de façon exemplaire cette tendance auteuriste du grand spectacle hollywoodien. Reprenant à son compte les codes du cinéma d’action qui s’impose dans les années 1980, la saga des Die Hard propose une réflexion de mise en scène qui transcende la condition héroïque de son personnage principal.

 

Même idée dans le cas de Predator (1987) qui, derrière sa façade d’adaptation officieuse de Alien (Ridley Scott, 1979), émet un discours réflexif sur la valeur de l’image et de l’apparence. Si l’on regrette un peu que certains noms peut-être moins évidents (Tony Scott entre autres) n’aient pas bénéficié d’une pareille attention, les portraits proposés par le documentaire sont portés par un souci d’analyse qui ouvre ce format de films à des perspectives de recherche particulièrement stimulantes.

 

À ces études de cas s’ajoutent des considérations plus générales. Ainsi de la représentation du corps qui permet aux intervenants d’interroger l’évolution formelle du blockbuster ayant basculé de la plasticité musculeuse de ses acteurs-vedettes vers les artifices évanescents de l’image de synthèse. Les productions Marvel et DC Comics se placent ainsi sous le signe d’une virtualisation totalisante qui repousse les limites du corps pour faire perdre au blockbuster certaines de ses préoccupations essentielles.

 

Sur ce point, les remarques de réalisateurs (Chuck Russel et Joe Dante notamment) et de collaborateurs de création (le producteur Peter Guber, le superviseur d’effets spéciaux Robert Blalack) permettent de valoriser la valeur artisanale de ces films, mais aussi de mieux comprendre comment leur conception a pu accueillir, soutenir et parfois même favoriser l’ambition artistique de leurs créateurs. Si le sujet se prêtait au disparate, Nicolas Billon propose une belle synthèse d’une espèce de films dont on espère que l’extinction amorcée n’empêchera la renaissance prochaine.

 

 

 

  • CASSER LA BARAQUE. L’ÂGE D’OR DU BLOCKBUSTER ET COURANT SOUTERRAIN
  • Diffusion : depuis le 23 janvier 2022
  • Nouvelle diffusion : 2 février 2022 à 16 h 05
  • Chaîne / Plateforme : OCS Géants
  • Réalisation : Nicolas Billon
  • Scénario : Nicolas Billon, Sylvain Duchène, Nicolas Ripoche
  • Production : Bastien Ehouzan, Pascal Barneville, Maud Deschambres
  • Photographie : Thomas Cousin, Alex Griffin, Joseph Fandre, Sébastien Alcaraz
  • Montage : Nicolas Ripoche
  • Durée : 58 minutes

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Titre Cette sem. Nbr Sem. Cumul
1 HEART OF THE BEAST 502 865 1 502 865
2 RESIDENT EVIL 248 732 2 621 548
3 AVENGERS : ENDGAME EXTENDED 220 616 1 220 616
4 GARANCE 214 952 1 214 952
5 JUSTIN LE JUSTE 98 915 1 98 915
6 TOMBE DU CIEL 91 088 7 2 177 990
7 PRIMETIME 78 214 1 78 214
8 SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY 76 403 9 8 388 607
9 L'ODYSSEE 76 278 11 8 012 314
10 LA VIE D'UNE FEMME 69 054 3 330 500

Source: CBO Box office

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