Création fan art Hellboy par Rémy Gente

Création fan art Hellboy par Rémy Gente

CC : Sur votre site, on peut justement découvrir une série de créations fan art, en l’occurrence des affiches de films, dont celle de Blade Runner. On remarque également celle de Hellboy. Êtes-vous un fan du travail de Guillermo del Toro ?

RG : J’admire l’œuvre de Guillermo del Toro car ses thématiques me parlent de manière très personnelle. Il a un style visuel immédiatement reconnaissable, notamment grâce au développement des costumes des créatures. Ses personnages sont toujours brillamment décrits et l’on peut instantanément cerner leur psychologie et leur background. Il y a un vrai style del Toro. En matière d’éthique de travail, c’est une personnalité qui est très inspirante, il est toujours au travail, il varie les disciplines, il prend le temps de répondre à du courrier de fans, il produit les premières œuvres de jeunes réalisateurs. Lorsqu’on fait le point ici, en France, on constate que la majorité des producteurs se plaignent de ce qu’ils ne peuvent pas faire, entre moyens financiers et matériels, et adoptent une attitude négative liée à la fainéantise. Si on regarde l’exemple du travail de Guillermo del Toro, de manière quantitative et qualitative, on ne peut être qu’admiratif de tout ce qu’il arrive à entreprendre au regard des moyens à disposition.

 

CC : Vous évoquez l’état d’esprit des producteurs en France, sont-ce les rencontres et contacts que vous avez établis pour mettre finalement sur pied vos réalisations ?

RG : Pour être franc, je n’ai même pas pensé à rencontrer de producteurs pour Blue Skin. Le film de genre en France, particulièrement le court-métrage, est très compliqué à monter, à financer, et le meilleur moyen de réaliser son projet est de n’attendre personne et de se débrouiller avec les moyens dont on dispose.  Je pense sincèrement que le crowdfunding n’est pas un moyen qui nous aide non plus. Quand l’argent nous appartient, on le dépense de manière bien plus parcimonieuse, avec plus d’attention, que lorsqu’il provient de donateurs. Une situation d’auto-production totale encourage la créativité car on est obligé de trouver des solutions pour résoudre les problèmes rencontrés. Je pense que c’est primordial d’établir une vraie relation de travail et de confiance avec un producteur quel que soit le projet mais je n’ai pas encore eu la chance de rencontrer ce producteur pour l’instant. Mais je ne désespère pas de le trouver.

 

Création fan art Blade Runner par Rémy Gente

Création fan art Blade Runner par Rémy Gente

CC : Blue Skin représente-t-il le premier pas pour vous lancer dans l’exercice du long-métrage ?

RG : Je prends le temps de franchir les étapes, une à une, et je pense que ce qui fait la force d’un bon metteur en scène, ce sont les fondations, ce qu’il parvient à consolider au fil du temps. Si j’adore de nombreuses grosses productions, j’estime que la limite financière incite à la création et à l’expérimentation. Tous les outils sont à disposition aujourd’hui, il suffit de les adapter à sa mise en scène après les avoir expérimentés et apprivoisés. Blue Skin a le potentiel pour être développé en long métrage et même en série TV. Je ne peux pas trop en parler pour l’instant.

 

CC : Cet état d’esprit artisanal, que vous évoquez, reflète la mentalité de nombreux cinéastes français de genre, dont les films ont été regroupés sous l’étiquette « new wave of french horror » par les critiques américains. Cette vague s’essouffle actuellement, ne pensez-vous pas que ces films n’ont jamais trouvé leur place, en France néanmoins ?

RG : Étant amateur du genre, je pense que ces films sont des prototypes qui reposent sur des narrations, des sujets, des démarches qui se coupent de leur public car les ambitions sont trop radicales. Je me rappelle du film de Fouad Benhammou, Le Village des Ombres, qui se démarquait en étant un peu moins radical par rapport à ce qu’il raconte, un peu comme dans L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona. Mais en général, ces productions françaises sont conçues comme s’il s’agissait des derniers films de leur réalisateur. Les producteurs et cinéastes ont une vision à court terme du genre et gaspillent leurs cartouches avec des œuvres ultra-référencées et un traitement extrême des histoires qui sont racontées. Elles sont imprégnées d’hommages à un certain cinéma populaire pré-existant et on rentre dans une forme de complexité qui aboutit à un jeu de surenchère visuelle et narrative. C’est dommage car généralement ce sont des mecs très talentueux mais ils foncent tête baissée dans leur projet. Raconter des histoires, c’est aussi se raconter soi-même et je trouve que les cinéastes français actifs dans le genre sont en général très timides à cet égard. Cela ne m’empêche pas d’apprécier ces films, et j’attends par exemple impatiemment la sortie de Night Fare de Julien Seri, une auto-production de Pascal Sid et Paul Mignot. J’adore aussi Martyrs de Pascal Laugier, qui m’a bouleversé et m’a donné des frissons. Je suis en général assez d’accord avec son avis sur le cinéma de genre en France. Laugier a fait table rase des codes qu’il avait appris pour concevoir son film et je partage cette vision.

 

CC : Un mot sur vos futurs projets ?

RG : Je vais continuer à franchir les marches, étape par étape, en forgeant mon expérience. Réussir à sortir un bon court métrage, ce serait déjà pas mal !

 

 

>> Critique de The Strain (saison 1 et 2) <<

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