Cannes Soundtrack 2017

Cannes Soundtrack 2017

Cannes Soundtrack va célébrer sa septième édition dans le cadre du 70e Festival de Cannes, qui se déroulera du 17 au 28 mai 2017. CineChronicle, heureux partenaire cette année de l’événement, a rencontré Vincent Doerr, son fondateur, pour évoquer la création de ce Prix Coup de Coeur, le programme, mais aussi ses deux passions musique & cinéma ainsi que sa bande originale idéale.

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Vincent Doerr

Vincent Doerr

CineChronicle : Fondateur de CinéPub, agence spécialisée dans la culture, vous avez lancé en 2010 Cannes Soundtrack. Comment est née cette initiative ?

Vincent Doerr : Je fête cette année mon vingt-cinquième anniversaire cannois car je m’y rends depuis que je suis étudiant en cinéma. J’ai une belle histoire avec ce festival. Je suis également musicien (guitare, piano, chant) depuis mes dix ans, avec un attrait plutôt pop-rock. J’ai appris à cohabiter rapidement avec mes deux passions. Cannes Soundtrack a donc été créé par pure passion. Avec mon accréditation étudiant, j’ai pu découvrir de nombreux films. Si le Festival de Cannes, c’est une Compétition, c’est aussi un événement professionnel, une rencontre et un Marché puissant. À l’époque, hormis certains événements festifs (concerts, soirées), rien n’existait réellement pour parler de la musique de film. Lorsque mon idée a germé, j’avais déjà créé mon agence de communication. Je trouvais dommage qu’il n’y ait pas de focus sur ces deux industries qui travaillent tout le temps ensemble mais qui finalement se connaissent mal et n’ont pas forcément de moments pour se rencontrer. Les deux premières années de Cannes Soundtrack, en 2010 et 2011, ont fonctionné sans remise de prix. Nous souhaitions d’abord avoir un espace, un pavillon réservé avec quelques partenaires au Marché du Film, dont le père du directeur général était compositeur. Il nous a aidés au lancement. Nous avons ainsi pu interviewer des compositeurs présents et organiser des tables rondes avec le CNC et la SACEM. L’idée était avant tout de créer une plateforme internationale, ensuite est arrivée le Prix Coup de Coeur.

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CC : La musique à l’image a toujours fait partie inhérente du cinéma. Comment expliquez-vous que personne n’ait pris l’initiative de créer ou de faire perdurer un tel prix à Cannes ?

VD : Le Festival de Cannes a son histoire. En 1946, il y eut un prix dédié pour la Sélection officielle, le Prix SACEM, mais il a été abandonné tout de suite après. J’ignore les raisons exactes, il faudrait revenir aux sources et comprendre pourquoi ils ont arrêté dès la première édition. Mais aujourd’hui, le Festival de Cannes ne veut pas récompenser la musique. Pour les organisateurs, il s’agit d’une récompense technique au même titre que les décors, les costumes… Avec une nuance, bien sûr, car les opposants à cette version précisent que la musique est également une oeuvre et qu’il n’y a pas de raison de ne pas la récompenser. La réponse de Gilles Jacob fut de toujours dire que le Festival de Cannes se concentrait sur le cinéma et les films. Ils ne sont pas fermés à l’idée, car ce débat ressort chaque année, mais cela traîne. L’idée de Cannes Soundtrack n’est pas non plus de faire un affront au Festival mais d’être complémentaire. Et si ce prix existe un jour en Sélection officielle, il ne fera pas d’ombre à l’événement. Il s’agit d’un prix Coup de Coeur remis par des journalistes cinéma qui sont accrédités pour voir et analyser ces films sélectionnés en Compétition officielle.

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Cannes Soundtrack 2017 - affiche

Cannes Soundtrack 2017 – affiche

CC : Cannes Soundtrack, c’est aussi des concerts live et des showcases d’artistes pendant toute la durée du Festival. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le programme 2017 ?

VD : Oui, c’est aussi l’idée de pouvoir créer des rencontres avec les compositeurs. C’est d’ailleurs assez compliqué, car ils ne sont pas toujours présents. Sauf si c’est une star, il est rarement invité à venir, car ce n’est pas la personne la plus importante. D’où l’importance de ces rencontres, parfois publiques (avec la FNAC) ou plus professionnelles (dans des lieux privés). Cannes, c’est toujours un peu à la dernière minute. On commence à travailler sur le contenu seulement après l’annonce de la Sélection officielle. Nous avons ensuite notre espace partenaire qui accueille les rencontres et les live. Ces concerts sont organisés par nous-mêmes, avec l’aide des sponsors présents, comme Magnum et Schweppes, ou bien par ces mêmes marques. Nous sommes là aussi pour chroniquer, un peu comme un média, ce qui va se passer sur le thème de la musique. Car la promotion des films en Compétition officielle, entre autres, donne lieu à plusieurs événements parallèles, comme des artistes qui viennent chanter. L’idéal serait d’avoir un budget pour faire venir les compositeurs et d’organiser directement la promotion. À titre d’exemple, je voulais convier Alexandre Desplat il y a quelques années. Il était bien sur d’accord mais son budget était trop élevé. Il fallait réserver une suite au Carlton, prendre un billet d’avion Los Angeles/Cannes, etc.  Au final, le budget coûtait le prix de l’événement. C’est donc encore très compliqué pour nous économiquement. Ce n’est pas évident non plus pour les sponsors car le festival vampirise toute la partie cinéma. Cannes Soundtrack fait partie de toutes ces récompenses du off, comme d’ailleurs La Quinzaine des Réalisateurs et La Semaine de la Critique depuis maintenant quarante ans. Et c’est aussi très bien comme cela.

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Il etait une fois dans l’Ouest - Ennio Morricone

Il était une fois dans l’Ouest – Ennio Morricone

CC : Dans la Compétition officielle cette année, on retrouve quelques tandems fidèles comme Philippe Rombi/François Ozon. Quels sont vos duos de compositeurs/réalisateurs les plus harmonieux ?

VR : Je dirais d’emblée Sergio Leone/Ennio Morricone. C’est quasiment le mariage absolu. Il était une fois dans l’Ouest, Pour une Poignée de Dollars, tous ces westerns spaghettis sont réussis grâce à ce mariage incroyable. Il y a deux visions de la musique de film : celle qui se marie parfaitement et celle qui se dissocie si bien qu’elle réussit à porter le film, comme Bernard Herrmann avec Taxi Driver.

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CC : En 2016, Cliff Martinez pour The Neon Demon de Nicolas Winding Refn a été distinguée. Quel est votre dernier choc musical à Cannes ?

VR : Je pense à Moi, Daniel Blake de Ken Loach, Palme d’or l’année dernière. C’est toute la magie de ce réalisateur très modeste car il raconte l’histoire de petites gens qui vivent des drames sociaux. On se pose finalement la question de savoir si ce genre de film a besoin de musique pour porter le drame. Car la musique est bien là, un peu comme La Loi du marché avec Vincent Lindon et primé en 2015. Dans ses films sociaux où la musique n’a pas forcément une place officielle, elle s’installe malgré tout et porte le drame. C’est d’actualité car nous évoquons souvent la musique de films de science-fiction ou hors normes, comme la comédie où elle parvient à distiller sa touche satirique et à relever le comique de situation. Dans le drame social, la musique a également son importance. L’un de mes derniers chocs émotionnels à Cannes a été aussi Le Pianiste de Polanski, Palme d’or en 2002, avec la musique de Chopin. Après, je partage l’enthousiasme sur la BO de Cliff Martinez pour The Neon Demon même si je n’ai pas aimé le film. J’ai préféré Drive. Mais je reconnais d’ailleurs que ce mariage réalisateur/compositeur fonctionne très bien. Cliff Martinez me fait penser à Giorgio Moroder, notamment pour Midnight Express d’Alan Parker, avec ses nappes très sombres électroniques, voire même à François de Roubaix dans un autre registre. Tout ce travail sur la musique électronique est d’ailleurs très intéressant car si on retire sa musique sur The Neon Demon, le film de Refn n’aurait peut-être pas été sélectionné à Cannes.

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The Wall - Alan Parker - Pink Floyd

The Wall – Alan Parker – Pink Floyd

CC : Quels sont vos plus beaux souvenirs de musiques de films ?

VD : La musique de film est un peu la BO d’une vie, le soundtrack of life, c’est ce qui reste très souvent d’un film car cela nous porte longtemps. Quand la musique a sa place, bien sûr. Car avec celle de Bernard Herrmann dans Taxi Driver, on ne ressort pas systématique en sifflotant le score. Mais parfois en la réécoutant, c’est comme un parfum. Une odeur, une sensation, qui nous replonge d’abord dans le film puis nous ramène à des moments où on l’a découvert. Pendant l’enfance, c’est encore plus profond et nostalgique. Cela devient même plus puissant que les images. J’ai gardé en mémoire certaines musiques qui ne sont pas issues de grandes oeuvres, comme celles de Vladimir Cosma pour des comédies populaires, voire même parfois des navets. Aujourd’hui, j’en ai retenu la musique.

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CC : Entre musiques préexistantes, illustration sonore et score original, quel serait votre bande originale idéale ?

VD : Je rêverais de faire un opéra-rock. C’est une musique originale mais qui peut aussi faire office de musique synchronisée car elle s’enregistre également séparément du film. Je pense à The Wall de Pink Floyd, la musique a été enregistrée avant le film. Sans savoir comment il allait envisager la réalisation, Alan Parker a récupéré l’ensemble et a adapté l’histoire de cet album. C’est la musique idéale pour moi. Car ici, la musique fait le film, dans toute sa perfection. Lorsque Brian De Palma a travaillé sur Les Incorruptibles, notamment la scène mythique avec le landeau dans les escaliers, en référence au Cuirassé Potemkine d’Eisenstein, il s’est dit qu’il fallait une musique puissante sans savoir comment procéder. Il a donc eu l’idée de faire l’inverse en demandant à Ennio Morricone de diriger l’action avec la musique. C’est sans doute l’un des rares exemples où la musique a véritablement dirigé le film.

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