Netflix

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Reed Hastings, patron de la plateforme a inauguré le 17 janvier sa nouvelle succursale parisienne dédiée au développement de contenus et aux partenariats locaux. Une bonne nouvelle pour la création nationale ? De quoi rassurer les sceptiques sur son honnêteté fiscale ?

 

 

 

Le leader du streaming renforce son implantation dans l’Hexagone avec un nouveau siège social français situé au cœur de Paris, qui devrait accueillir quelque 40 employés des secteurs du cinéma, des séries, des partenariats et du marketing, ainsi qu’un espace dédié à la communauté créative. Les nouveaux locaux ont été inaugurés ce 17 janvier dans le 9e arrondissement de la capitale, par le PDG de Netflix en personne, l’influent Reed Hastings. Ce siège français devient le quatrième bureau de la plateforme en Europe.

 

Le président fondateur du service s’est dit honoré d’être présent en France, et de rappeler que l’ouverture de cette succursale, annoncée dès septembre 2018, est « un signe de (leur) engagement à long terme envers le pays (…) », qui donnera lieu à davantage de réalisations Netflix made in France. Une promesse réitérée, qui s’apparente au bureau londonien de 50 employés qui fournit déjà des productions locales outre-Manche. Et l’entreprise de rappeler sur son site officiel les liens créatifs qui l’unissent au pays, avec 24 titres français développés depuis 2014, dont des films, des séries, des spectacles et des documentaires.

 

Le nombre de productions originales françaises devrait encore s’accroître. Certaines ont rencontré un franc succès en 2019, comme les séries horrifiques Marianne et Mortel, les comédies Plan Cœur et Family Business, le film Banlieusard et la minisérie documentaire Grégory. Et à en croire la liste de noms dévoilée dans la foulée de l’inauguration par les responsables du contenu national, c’est loin d’être terminé.

 

Dans les cartons figurent le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet, adapté d’un scénario original situé dans le futur avec les comédiens Elsa Zylberstein, Isabelle Nanty et Manu Payet en vedettes, une série menée par Fanny Herrero, la réalisatrice de l’hilarante Dix pour cent et plusieurs autres programmes dont le film Sentinelle de Julien Leclercq, la série Arsène Lupin de George Kay avec Omar Sy, La Révolution, thrillers historiques d’Aurélien Mollas, ou encore la série The Eddy de Damien Chazelle créée par Jack Thorne, qui réunira Leïla Bekhti et Tahar Rahim.

 

Des projets alléchants, bientôt suivis d’autres potentielles productions, et d’un investissement sur le long terme de la plateforme dans la création française. Puisque Netflix a également évoqué le renforcement de ses partenariats avec les institutions du septième art français, parmi lesquelles La Fémis et son programme « résidence » à destination des jeunes talents défavorisés, 1000 Visages, l’association de la réalisatrice Houda Benyamina – qui tournera deux épisodes de The Eddy -, favorisant l’accès aux formations créatives et aux arts visuels avec le lancement d’un nouveau programme dédié à l’écriture de séries, et depuis 2019, l’école des Gobelins qui offre à ses élèves diplômés l’opportunité de travailler avec des animateurs au Japon.

 

Un effort suffisant pour calmer les soupçons d’optimisation fiscale ? Ces pratiques régulièrement mises en cause de la firme, qui avait délocalisé ses 3 employés que comptait la France à Amsterdam pour des raisons supposées financières, lui ont valu de nombreux avertissements. Les Anglais, particulièrement remontés, ont récemment tapé du poing sur la table. Le géant du streaming s’était ainsi engagé auprès du Royaume-Uni à investir 400 millions de livres en 2019 dans la production de nouvelles saisons des séries britanniques du service, dont Sex Education et Black Mirror font partie.

 

En France, la firme aux six millions d’abonnés nationaux et plus de 150 millions à travers le monde estimés en septembre 2019 selon Les Echos, a conclu un accord de distribution avec Canal + afin de gonfler leur nombre de téléspectateurs. D’après plusieurs médias dont BFMTV, Netflix ne déclarerait pas ses plus de 300 millions d’euros engrangés au fisc français, se déclarant déficitaire et incapable de payer l’impôt sur le bénéfice alors que la multinationale ne paierait pas d’impôts aux Pays-Bas, où elle est immatriculée et déclare ses revenus français. La société serait également présente dans les paradis fiscaux.

 

Un système dénoncé de longue date qui alimenterait la méfiance à l’égard de ses méthodes de production pour ses fameuses fictions françaises. Business Insider a consacré un article au sujet, citant la cinéaste Houda Banyamina, qui s’est confiée en marge de la réalisation de The Eddy, série musicale tournée à Paris de Damien Chazelle. Cette dernière a fait part de notes transmises par la plateforme, qu’elle a choisi de ne pas suivre pour la préparation des épisodes dont elle avait la charge. Toutefois, elle ajoute que le choix du matériel, notamment des caméras, lui a en revanche été imposé pour des raisons techniques dues au format de diffusion, devant convenir pour un visionnage sur portable par exemple, « Se dire que tu peux pas créer la lumière que tu veux par rapport à la dramaturgie que tu as, parce que la personne va regarder ça sur son portable, donc tu dois tout éclairer de la même façon », explique-t-elle, s’est avéré frustrant d’un point de vue créatif.

 

Quoi qu’il en soit, l’annonce d’un accroissement des effectifs français de Netflix et de son implication dans la création audiovisuelle française reste une bonne nouvelle, et certaines fictions se font attendre de pied ferme. Le calendrier français de Netflix est à guetter de près.

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